Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]

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Lenwë l'Austère
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MessageSujet: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Lun 21 Déc - 23:19

Lenwë avait pris sa décision. Il partirait aujourd'hui. Il connaissait suffisamment Malaggar et savait maintenant parfaitement où en était l'équilibre naturel, du moins sur ces terres. Il était temps de débuter son voyage. Vérifiant ses maigres possessions, il attrapa son bâton posé près de lui et s'approcha de l'un des arbres non loin. Il se trouvait encore près de la lisière de la forêt, mais suffisamment loin de toute civilisation pour que se montre un être qu'il connaissait assez peu, malgré ses dons. Il formula intérieurement la pensée de traverser la dense forêt de Malaggar et attendit. Quelques secondes seulement. Un instant il observait entre les arbres, et entre deux clignements de l'oeil une ombre verte tachetée de blanc et de marron glissant à la lisière de sa vision, il était là. Le Gojia. Pour beaucoup, il était une légende, mais pour Lenwë il était une bête parmi beaucoup d'autres, quoique doté d'une étrange intelligence et semblant manier une magie inconnue. Le jeune garçon plongea son regard dans les yeux brillants du loup géant et y lut une attente.

-J'aimerais approcher l'île d'Ermurag, tu peux me rapprocher des côtes?

Lenwë aurais presque put croire que l'animal le regardait d'un air narquois. Il s'assit, ballottant lentement sa queue sur le sol et tourna sa tête d'un angle interrogateur, mais toujours avec ce semi-sourire.

-Oh, quoi? Tu peux aller plus loin? Très bien, montre moi ce que tu sais faire... Emmène moi à la première ville, alors!

Le Gojia se leva, se retourna et s'ébroua, invitant visiblement le garçon à grimper. Celui-ci s'exécuta prestement, et se trouva agréablement bien assis, malgré les nombreuses racines parcourant la fourrure de l'animal. Ces racines permettaient d'ailleurs de placer facilement ses pieds et de s'accrocher de la manière la plus simple imaginable. Lenwë eut le temps de se demander si le corps de la bête avait évolué ainsi pour inciter les âmes perdues en forêt à grimper sur son dos afin qu'il leur montre le chemin du repos, comme le racontait les légendes, mais guère plus. En effet, le Gojia démarra soudain à grande vitesse et avala ce qu'il semblait être une distance gigantesque. Avant d'avoir pu se repérer dans l'environnement, il avait déjà changé. Lenwë n'arrivait pas à comprendre comment cela se faisait, le Gojia semblait parfois se jeter dans un arbre et sortir d'un autre, puis il bondissait par-dessus une racine et atterrissait de l'autre côté d'un ravin, il galopait alors et chaque pas le faisait traverser une rivière plus grosse que la précédente. La folle course dura plusieurs minutes, puis l'étrange bête commença à ralentir. Il courait -volait?- toujours à une vitesse folle, mais ce n'était plus des bonds de géant. Lenwë commençait à voir la mer par des troués dans les arbres. Il ne l'avait pas vu souvent, mais il la connaissait malgré tout. Enfin, le Gojia s'arrêta sur une plage de sable fin. La forêt n'était pas loin derrière, et devant eux, de l'autre côté d'une grande bande d'eau salé, se dressait une autre île, plus petite, mais elle aussi envahit par une lourde forêt. Le garçon crut que l'animal s'arrêtait là, mais il semblait déterminé à tenir sa promesse et se prépara pour sauter. Ce qui n'enchanta pas Lenwë.

-Hé, attend, tu vas quand même paaaAAAAAAHH!!!

Trop tard, bien sûr, l'énorme loup avait sauté. Le saut lui permit de traverser l'espace entre les deux terres, et ils se retrouvèrent juste devant l'orée de cette autre forêt. Complètement ébouriffé, l'utilisateur de draconique avait les yeux écarquillés. Il baissa le regard vers l'animal. Cette fois, il en était sûr, l'animal souriait carrément! Il ouvrit la bouche pour glapir son ressentiment, mais la bête ne lui en laissa pas le temps, repartant déjà dans sa course improbable, obligeant le jeune homme à fermer la bouche s'il ne voulait pas avaler un quelconque insecte. Le voyage jusqu'à l'autre bout de l'île fut bien plus rapide que la traversée précédente, et une fois face à la mer (où Lenwë aurait pu mourir), le Gojia n'hésita pas une seconde et sauta à nouveau. De l'autre côté, tout indiquait qu'ils avaient changé de lieu.

La chaleur se faisait déjà sentir et Lenwë pouvait deviner que seules quelques rares plantes sèches et résistantes poussaient sur ces terres. Le Gojia, quant à lui, perdit énormément de sa vitesse, et le vrai long voyage commença. Traversant tour à tour des terres rocailleuses et des déserts, les deux compagnons de voyages n'eurent que peu d'échanges. L'animal semblait en difficulté hors de son élément et les grands arbres commençaient déjà à manquer au jeune homme. Pour une raison qui échappait à Lenwë, le Gojia disparaissait le soir tombé et ne revenait que le matin, lorsque l'heure de reprendre la route était venue. Mais ce n'était pas le moment pour de telles questions, et Lenwë réenfourchait l'animal sans mot dire. La traversée, des plus difficiles, dura plusieurs jours. Enfin, au sommet d'une haute dune de sable, le garçon put apercevoir ce qui ressemblait à une montagne avec une ville creusée à l'intérieur. Il reconnut là les descriptions qu'on lui avait fait d'Hydras. Il mit pied à terre et se tourna vers le loup.

-Nos chemins se séparent ici, n'est-ce pas? Rentre vite en Malaggar, je t'ai vu dépérir à courir sur ces terres qui ne sont pas tiennes.

Le Gojia, qui n'avait eu que peu d'expression jusqu'ici, repris son air narquois et mordilla très doucement l'oreille de Lenwë. Celui-ci, surpris, se mit à rire et regarda alors le loup géant s'éloigner lentement. Il tourna un instant la tête pour regarder la ville, et quand il regarda à nouveau en direction du Gojia, il avait disparu. Il haussa les épaules, attrapa son sac et son bâton, et se mit en route. Peinant un peu dans le sable, il arriva au niveau de la ville en fin de journée. Plusieurs passant se retournèrent à sa vue, un garçon habillé d'une étrange manière et surgissant du désert devait soulever des questions, mais apparemment pas plus que cela non plus. Au final, et bien vite, la plupart le dévisageait à cause de son apparence si étrange. Lenwë soupira et se remit à marcher. Les gens étaient partout pareil.

La ville était merveilleuse, très au goût de Lenwë. La façon dont la ville s'était créée dans la roche lui rappelait beaucoup Elmur, construite sur et autour d'un gigantesque arbre. Il repéra cependant un groupe de gros bras à l'apparence agressive. Ils observaient la foule, sans doute à la recherche d'une proie non armée, ce qui semblait rare ici. Ils virent bien vite Lenwë, ses habits différents et surtout ce qui ressemblait pour beaucoup à un simple bâton de marche; et s'approchèrent doucement, un sourire aux lèvres. Le garçon soupira à nouveau. Vraiment partout pareil. Il continua pourtant son chemin comme si de rien n'était, en ignorant les cinq ou six personnes qui approchaient de lui. Il sentit leur perplexité face à cette réaction, mais cela ne les dissuada malheureusement pas. Ils étaient maintenant pratiquement à ses côtés, et l'un d'entre eux, qui semblait être le chef, avança la main pour attraper l'épaule du garçon. Avant d'avoir pu l'atteindre, un écoeurant craquement se fit entendre, et le bâton à l'apparence faussement légère repris soudainement sa place dans la main de Lenwë, vibrant encore de l'impact. Un hurlement retentit, tandis que le balourd s'écroulait au sol en étreignant ses doigts brisés. Le choc fut bien vite assimilé par le reste du groupe, tandis que les passants commençaient à s'éloigner promptement, laissant tout le champ libre aux gros bras pour poursuivre un Lenwë qui prenait déjà la fuite. Parlant pour lui même, il courait à travers la ville, sous les menaces des hommes de le tuer, voire de l'écorcher d'abord.

-Et voilà, Lenwë, pas arrivé depuis deux heures et tu te créés déjà des ennuis, bravo, vraiment bravo.

Continuant sa course ventre-à-terre au travers de la cité, il espérait que le groupe finirait par se lasser, mais la rage qu'il aperçut au fond de leurs yeux en se retournant lui laissa peu d'espoir quant à cette possibilité.


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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Mar 22 Déc - 23:30

Rien n'ennuyait plus Sirgren que les longues journées de réunion. De conseil de guerre, appelaient-ils cela. Durant des heures, elle échangeait et écoutait, parlaient même, de temps à autres. Tout cela, souvent, et malheureusement, pour n'aboutir qu'à une conclusion. Malgré les patrouilles, les attaques de goules se rapprochaient dangereusement de la ville. Ils avaient bien essayé de les durcir, mais elle n'avait qu'un nombre limité de Sentinelles, qu'elle ne pouvait exactement tuer à une tâche où ils risquaient déjà leur vie. Statu quo, elle décida donc de dormir sur cette décision et d'accompagner, dès le lendemain, l'une de ses phalanges dans leur expédition. Fructueuse, celle-ci la vit revenir riche de quelques blessures et de beaucoup de satisfaction. Il y avait toujours une certaine forme de plaisir à voir ses hommes triompher face à ces choses gluantes. Rien que l'idée de les toucher la faisait frissonner, et elle se félicitait toujours de parvenir à ne pas les approcher plus que nécessaire.

Cependant, sale et fatiguée mais l'air hautain et altier, elle fit claquer ses bottes ferrées sur le chemin qui la ramenait chez elle. Ses lames comme son armure avaient été briquées avant qu'elle ne quitte la mission, mais elle-même était secondaire. Elle avait préféré écrire son rapport avant. Une chose en entraînant une autre, elle avait été gentiment poussée dehors par ses lieutenants. Il fallait bien qu'elle les laisse faire leur travail de temps en temps, il était vrai, même si elle avait tendance à se noyer dans ses tâches pour ne justement pas revenir chez elle.

Tout cela pour expliquer qu'elle avançait fièrement dans les rues, comme à l'accoutumée, certains passants la saluant et d'autres s'éloignant ou changeant de trottoir, quand une cavalcade se fit entende. Aucun animal à cornes ou à sabots, mais une troupe de quelques six personnes courant après... Elle ne savait pas vraiment qui ni quoi, mais qui était passé vraisemblablement depuis peu. Elle vit l'un d'eux serrer sa main contre son torse, et connaissait la bande. Trop de délits mineurs pour qu'elle puisse vraiment y faire quoi que ce fut, mais ils faisaient du vilain, de cela elle ne doutait pas.

Ce fut donc sans doute aucun qu'elle les intercepta. Ils avaient la rage au ventre et la haine au fond des yeux, mais elle leur parla de sa voix froide et autoritaire et, pour un temps au moins, ils se calmèrent. Ils racontèrent la situation, et décrivirent leur agresseur. Rien que ça. Un étranger qui venait ici les frapper alors qu'ils n'avaient cherché qu'à l'aider et le renseigner. Elle avait un doute éclairé sur le fin mot de cette histoire, mais elle ne pouvait pas exactement laisser l'acte impuni. Il s'agissait d'une blessure sans fondement si cela s'était effectivement déroulé comme dit. Ne restait plus qu'à retrouver le fauteur de troubles pour avoir sa version, qui serait certainement bien différente.

Elle remonta donc la piste, contrainte et forcée d'accélérer le pas, jusqu'à apercevoir un individu galopant armé d'un bâton, lesté selon les malandrins, et donc dangereux. Elle doutait de pouvoir gagner par la vitesse en restant équipée de son armure, ni de le prendre par surprise, puisqu'elle se déplaçait dans un constant bruit de ferraille, d'autant plus assourdissant qu'elle la faisait rebondir à chaque foulée. Elle s'arrêta donc simplement, portant deux doigts à sa bouche et laissant échapper un sifflement strident avec de faire porter sa voix, aussi fort qu'elle le put, et ce n'était pas rien lorsque l'on commandait.

"Au nom des Sentinelles d'Ermurag, je vous ordonne de vous arrêter, voyageur!"

Elle resta un instant ainsi, se demandant s'il allait effectivement répondre à l'injonction. Dans le cas contraire, elle repartirait à sa poursuite, malgré sa fatigue. Pourtant, elle avait décidé de mener cette action à son terme, et elle ne se serait pas permise de contrevenir à sa propre décision. Après tout, ses hommes le savaient bien, la Capitaine ne revenait jamais sur ses ordres... A tort ou à raison.

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Mer 23 Déc - 19:19

Lenwë courait toujours à fond de train quand il sentit le groupe de malandrins abandonner brusquement la poursuite. Peu lui importait le pourquoi de l'événement, seule la volonté de mettre le plus de distance possible entre eux et lui comptait. Plus tôt il serait hors de leur territoire de chasse, plus simple il serait pour lui de commencer sa mission. Mais soudainement, un sifflement strident se fit entendre, suivi d'un ordre très ferme.

-Au nom des Sentinelles d'Ermurag, je vous ordonne de vous arrêter, voyageur!

L'injonction fut criée avec une telle habitude d'obéissance que Lenwë aurait pu se coucher au sol par réflexe, si l'instinct avait été encore un peu plus fort chez lui. Il n'était pas un louveteau, enfin! Plutôt que d'arrêter maladroitement sa course, il utilisa son bâton comme perche et transforma son élan en un saut très haut, appuyé sur le bâton planté au sol. Après une pirouette, il atterrit sur ses pieds et fit volte-face en position de combat, bâton levé. Une telle autorité devait être plus que dangereuse. Puis il remarqua l'armure resplendissante et les cheveux longs de la personne à plusieurs mètres de lui. Les paroles firent leur chemin dans son crâne, et l'attitude des passants finirent de le convaincre. Certains restaient, curieux et formant un groupe de plus en plus compact, d'autres s'éloignaient rapidement en baissant la tête. Les Sentinelles, il en avait entendu parler. Il devait sans doute être face à leur capitaine! Lenwë s'empressa alors de quitter sa position agressive et porta son bâton à l'épaule, tentant tant bien que mal d'avoir l'air nonchalant, mais ne réussissant qu'à rester méfiant. Ne jamais baisser sa garde face à un chef de meute.

-Qu'est-ce que vous me voulez?

La main sur son bâton le démangeait, et le reste de son corps le poussait à se remettre en position d'attaque. Mais l'affrontement n'était pas toujours la solution, même dans les contrées les plus sauvages du monde, Rynoza le lui avait apprit. Il darda un regard flamboyant sur les passants, qui tournaient la tête lorsqu'ils croisaient ses étranges yeux brillants, mais ne partaient pas. D'habitude, les gens le regardaient du coin de l'oeil, chuchotaient dans son dos et fuyaient presque en courant lorsqu'il les remarquaient, mais pas cette fois. La présence de la capitaine semblait leur donner une ardeur à laquelle il n'était pas accoutumé et cela le gênait beaucoup plus qu'il ne l'aurait pensé. Il était sur le point de leur hurler dessus, mais il se contint. Il n'était plus le Démon de la Forêt. Il continua néanmoins à leur jeter des regards courroucés tout en gardant la capitaine dans son champ de vision.

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Mer 23 Déc - 23:16

Une grande partie de l'entraînement qu'elle avait suivi, pour devenir Sentinelle, avait été de rendre des actes réfléchis en purs réflexes. Cela prenait du temps, comme l'autorité à une époque, lui avait demandé des efforts. Mais le plus compliqué était le combat. Il lui avait fallu des années d'apprentissage pour que la moindre posture menaçante, le moindre défi, engendre une réponse tout à fait naturelle et tout aussi agressive. L'étrange bond qu'il avait réalisé pour s'arrêter n'avait rien suscité de plus chez elle que des questionnements, mais la position adoptée dès qu'il fit volte-face lui fit reculer un pied et porter les mains à ses poignards.

Son air nonchalant lorsqu'il l'identifia, possiblement, ou par la rumeur, si tant était que des rumeurs puissent exister sur la Capitaine des Sentinelles d'Ermurag, ne la détendit pas complètement. Elle se redressa légèrement et ses mains quittèrent les poignées de cuir simple sous les gardes ouvragées, mais restèrent à sa ceinture, prêtes à réagir en cas de nouvelle attaque.

Même sa réponse ne lui sembla guère respectueuse, et c'était une notion à laquelle elle avait fini par s'attacher. Un des privilèges de son grade, en quelque sorte. Elle n'apprécia guère, mais approcha, parce qu'elle n'escomptait pas passer son temps à lui hurler après. D'autant plus que le comportement des passants l'intriguait. Ils le regardaient comme une étrange créature, et d'où elle était rien ne semblait pourtant de la sorte. Elle fronça légèrement les sourcils. S'agirait-il d'un de ces utilisateurs de la magie des morts? Le bâton lesté semblait contredire cette hypothèse, mais il ne serait pas dit qu'elle y connaissait tout en magie.

Elle se contenta finalement de hausser un sourcil en croisant, un bref instant, son regard. Il lui rappelait quelque chose. Toujours était-il que peu lui importait. Il aurait pu être bleu ou violet que ça n'aurait rien changé, il avait contrevenu à la loi en agressant des habitants d'Hydras. De mauvaise réputation, certes, mais chacun avait droit au bénéfice du doute. Tant que l'inverse n'était pas prouvé, auquel cas celui qui avait essayé de la tromper payait au centuple.

"Il m'a été rapporté, voyageur, que vous auriez agressé sans raison aucune et de façon très violente, des habitants de la cité. Je vous demanderais de m'accompagner à la caserne des Sentinelles afin d'entendre votre version des faits."

Il n'avait pas l'air blessé, lui. Elle profita de la pause dans son discours pour s'éponger le visage de son gant, s'étalant un peu de poussière de roche sur le front. Courir par cette chaleur dans son armure n'avait pas été une excellente idée, mais nécessité faisait force de loi...

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Jeu 24 Déc - 11:56

Le jeune garçon regarda la femme avancer en gardant son air méfiant. Il sentait qu'il allait encore devoir parler, et à tous les coups, rien ne serait arrangé avec la description des événements. Il allait perdre du temps ou pire, se retrouver enfermé quelque part. Il n'avait jamais expérimenté un séjour en cellule, mais il avait l'intuition profonde que ça ne lui plairait pas. Il songea à s'enfuir, mais se dit que cela ne ferait qu'aggraver les choses. Il serra encore plus le bâton dans sa main. Quand la femme, qui semblait bien être la capitaine, prit la parole, Lenwë tressaillit. Il s'était bel et bien mit dans le pétrin en frappant avant d'être attrapé. Rétablir la situation allait être presque impossible et son attitude face aux inconnus n'allait pas arranger les choses.

-Je vais vous suivre. Et répondre à vos questions. Mais ne m'enfermez pas.

Il tripotait le crâne sur son torse. Il le faisait de plus en plus souvent depuis qu'il avait quitté la forêt. Il avait le sentiment d'oublier quelque chose d'important. Qu'avait dit Rynoza à propos de son attitude lors des nouvelles rencontres?... Ah, oui! La politesse. Il ajouta un peu vite.

-S'il-vous-plaît.

Là, ça devrait être bon. Il se demanda s'il pouvait ajouter quelque chose pour se faire bien voir. Ce n'était clairement pas un exercice auquel il était habitué, mais dans une situation désespérée, l'adaptation était la clé de la survie. Peut-être que se présenter serait un moyen d'instaurer un climat de respect, sinon de confiance? Cela pouvait valoir le coup d'essayer.

-Je m'appelle Lenwë. Je viens d'Elmur.

Ce n'était pas tout à fait la vérité, mais il doutait qu'annoncer ainsi qu'il sortait de la forêt soit un bon moyen d'être écouté comme n'importe quel citoyen. Encore que sa peau verdâtre, ses pupilles fendues et ses longues oreilles ne soient pas non plus les meilleures preuves qu'il était un habitant lambda de Thoronir... Il attendit, un peu anxieux, la suite des événements. Il ne craignait pas l'affrontement, mais se mettre à dos l'autorité de la loi de cette ville n'était en rien son objectif et il doutait que Rynoza ne serait pas enchantée d'apprendre qu'il était devenu un hors-la-loi dans la première ville qu'il avait visité.

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Dim 27 Déc - 12:22

Ce n'étaient ni ses pupilles fendues étrangement, ni sa peau verdâtre qui lui rappelait les goules, ni ses oreilles pointues comme celles de Nasyl (oui, bien sûr, c'était ce qu'il lui rappelait) qui la hérissaient. C'était son attitude. Elle comprenait la méfiance, avait l'habitude de la rencontrer, dans sa vocation. Voire l'hostilité. Elle comprenait même ce vieux soldat qui vivait en marge et qui ne parlait à personne à part pour leur aboyer après. Une sorte d'ermite, oui, peut-être. Non, c'était l'arrogance qui l'insupportait. Et l'irrespect. Peut-être était-ce sa propre fierté qui rechignait sous ces marques. Sous cette politesse forcée, comme arrachée par la torture. Les coupables n'étaient pas les seuls à cracher sur la Loi que toute Sentinelle représentait, mais cette fois, elle ne serait pas si facilement convaincue par un discours. Quoiqu'elle ne l'était que rarement. Elle avait son opinion sur les gens, et il était difficile de la faire changer d'avis. N'était affaire de préjugé, peut-être. Une chose qu'il ne fallait pas avoir lorsque chacun devait être égal face aux règles dont elle n'était qu'une représentante. Mais la première impression était souvent la bonne. La sienne n'était guère flatteuse.

Elle ne décrocha ni un sourire ni un salut, à peine un hochement de tête, lorsqu'il se présenta. Elle avança encore un peu. Il avait fait l'effort. Et elle était censée s'identifier, après tout. C'était affaire de protocole. Son regard sombre et froid se plongea dans le sien sans aucune hésitation. Il était un peu plus grand qu'elle. Elle entrouvrit ses lèvres barrées d'une courte cicatrice et lui répondit de cette voix autoritaire devenue naturelle.

"Lenwë d'Elmur, Capitaine Nadekk. Avancez, je vous prie, la caserne est par là."

Elle la lui indiqua d'un coup de menton, les mains toujours à la ceinture. Elle s'efforçait de rester polie et neutre. C'était l'état d'esprit dans lequel elle se devait d'être pour aborder cet interrogatoire. Il s'agissait bien de cela, en réalité. Ils marchèrent pendant une dizaine de minutes, pendant lesquelles elle ne décrocha pas un mot. La caserne s'étendit devant eux, et ses dizaines de Sentinelles qui la saluèrent avec respect. Elle hocha la tête et guida l'étranger dans une salle nue, mais fraîche. Elle lui indiqua la chaise de sa main gantée et s'installa face à lui, après avoir pris de quoi écrire. Son écriture était élégante et rapide.

"Pouvez-vous épeler votre nom, je vous prie? Vous m'expliquerez ensuite votre version des faits."

Elle le regardait en se disant qu'elle avait oublié de lui faire poser son bâton avant d'entrer. Une erreur dangereuse. La fatigue ne lui réussissait pas, ces derniers temps...

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Lun 28 Déc - 23:22

Lenwë se laissa entraîner à travers la ville, en regrettant de plus en plus son choix. Les passants l'observaient, curieux, se demandant quels méfaits il avait commit, et il se sentait prêt à leur grogner après. Pourquoi n'avait-il pas fuit? Ce n'était pas la seule ville d'Ermurag, il aurait bien put rejoindre une autre. En vue de la caserne, il dut se faire violence pour ne pas faire demi-tour. Le bâtiment était bas, serré, avec peu d'ouvertures. Cela ne lui plaisait pas. Et les regards du reste des Sentinelles étaient bien pire que ceux des passants, comme le voyant déjà coupable de crimes horribles et prêts à l'enfermer sur le champ, ou plus encore. Une fois dans la salle, le jeune garçon remercia Zanory que la capitaine omette de lui retirer son bâton. Il s'assit sur la chaise proposée en posant l'arme contre la table, à portée de main.

-Pouvez-vous épeler votre nom, je vous prie? Vous m'expliquerez ensuite votre version des faits.

A ces mots, le jeune ermite resta un instant interdit. Épeler? Mais il ne savait pas... Il chercha un moyen de se sortir de cette impasse, et décida finalement que la vérité serait toujours plus simple qu'un faux-fuyant. Même s'il redoutait la réaction de la jeune femme...

-Je... Je suis incapable de vous l'épeler. Je ne sais pas lire ou... Ecrire convenablement... Mais je sais écrire mon prénom, cependant.

Rynoza lui avait pourtant dit d'être attentif à ses leçons. Maudit soit la civilisation et ses codes. Quelle bête avait besoin d'écrire pour annoncer qu'un territoire lui appartenait? Mais il était parmi les hommes et il se devait de plier à leurs coutumes.

-Quant à ce qui s'est passé plus tôt, j'ai déjà rencontré de ce genre de personne. Ils allaient tenter de m'entraîner à l'écart mais je ne leur en ai pas laissé le temps.

Lenwë sembla sur le point d'hausser les épaules, mais se retint à temps. A la place, il recommença à jouer avec le crâne sur sa poitrine.

-Le gros pourra reprendre ses méfaits d'ici quelques temps...

Il tourna les yeux en direction des murs et des plafonds, avec l'étrange sensation que ceux-ci se rapprochaient lentement. Ce n'était certainement pas le moment de paniquer, et il se força à respirer profondément et à rechercher le lien qui le liait à la nature. La forêt profonde avait un rythme lent, couplé à de nombreuses notes de vie peuplant les arbres. Il crut bien ne rien ressentir, tellement le langage des pierres des lieux était différent de ce qu'il connaissait. Plus lourd, plus espacé et surtout bien plus profond que ce qu'il aurait imaginé. Ici, la Nature était endormie et rien ne semblait capable de la sortir de son sommeil. Elle était brute mais patiente. Lenwë entra finalement dans une sorte de transe avec ces sensations et parvint à se calmer.

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Mar 29 Déc - 12:18

Elle ne s'était pas attendue à l'instant de panique en demandant simplement d'épeler son nom. Elle ne maîtrisait aucune magie, mais elle observait les hommes depuis des années, et certains tensions, certaines expressions, parfois, orientaient sa perception, son impression. La plupart du temps, elle n'en tenait pas compte ou se méprenait sur leur interprétation, mais celle-ci... Elle hésita un instant à l'enfoncer, juste parce qu'il lui avait fait mauvais effet dès le début. Elle se morigéna. Elle était Capitaine des Sentinelles, elle était au-dessus de ce genre de mesquineries. Elles faisaient le sel de la vie, pourtant, quand il y avait si peu de causes d'amusement.

Pour cette fois, cependant, elle se contenta de l'écrire suivant ce qui semblait rendre le son le plus proche de ce qu'il avait dit. Puis ce qu'il dit ensuite. Elle retint un soupir d'agacement. Elle ne lui avait pas demandé un résumé, mais un rapport... Elle en oubliait parfois comment cela fonctionnait avec la population. Elle avait bien moins de contacts avec eux, depuis qu'elle était Capitaine. Ils étaient imprécis et pleins de rancœur et de ressentiment. Surtout lorsqu'ils étaient, ou se sentaient, victimes. Ses Sentinelles étaient clairs, concis, factuels. Sans sentiment. Tout ce dont elle avait besoin pour continuer à faire ce qu'il fallait.

Elle releva la tête, l'observant de ses prunelles sombres, détaillant sa mise et son attitude. Son arme, également. Ce crâne autour de sa poitrine. C'était une crâne d'oiseau, elle en était à peu près persuadée. C'était un de mort, au moins... Il paraissait ailleurs, et plus le temps passait, plus elle était persuadée qu'il était utilisateur de magie. Elle inspira, son visage toujours froid et impassible, tranchant sa sérénité de sa voix dure.

"J'ai besoin que vous décriviez les faits de la manière la plus précise possible pour la confronter à leur version, qu'ils viendront déposer ultérieurement. Vous n'êtes pas considéré coupable tant qu'il n'y a pas eu de jugement, si jugement il y a. Il est tout à fait possible qu'ils ne viennent jamais se manifester. Il vous sera demandé de signaler dans quelle auberge vous logerez, ou si vous avez des connaissances en ville, de donner leur adresse. Vous recevrez la visite d'une ou de plusieurs Sentinelles en cas de jugement, comme en cas d'abandon des charges."

Elle laissa passer un instant pour voir s'il avait ne serait-ce qu'écouté ce qu'elle venait de lui dire. Probablement pas, au vue de son attitude précédente, mais le bénéfice du doute demandait qu'elle confirme.

"Avez-vous compris quelles étaient vos obligations? Savez-vous déjà où loger durant votre séjour?"

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Mer 30 Déc - 18:18

La capitaine mit fin à sa transe, mais il était suffisamment rasséréné, et se sentait enfin plein d'un aplomb qui lui faisait défaut jusque là. Il détailla la femme face à lui, et remarqua qu'elle semblait vraiment irritée de son existence. Il pensait au début que c'était son attitude naturelle, mais il devait bien se rendre à l'évidence qu'elle ne l'aimait pas et que ça n'arrangeait pas sa situation. Le mieux était maintenant de répondre à la lettre à ses interrogations, même si cela impliquait de parler longtemps, ce qu'il n'aimait pas spécialement. Et dont il n'était pas habitué.

-Je suis arrivé en ville il y a à peine deux heures. J'ai commencé à déambuler en regardant l'architecture, et j'ai repéré le groupe au milieu de la foule. Ils semblaient chercher les ennuis, en regardant les passants. Ils n'ont pas mit longtemps à me voir et se sont tout de suite rapprocher de moi. J'ai fais semblant de ne pas les remarquer et j'ai continué mon chemin. Je crois que ça les a un peu surpris, mais ça les a pas dissuader de m'approcher, malheureusement. J'ai...

S'interrompant un instant, il réfléchit à comment il pouvait expliquer que son instinct l'avait prévenu de l'approche de la main du gros chef. Pour certaines personnes, sa sensation affinée du monde l'entourant s'apparentait à des pouvoirs surnaturels, mais il n'en était rien. Il était simplement beaucoup plus sensible à l'environnement, sans compter ses sens plus affinés que la moyenne, mais ce n'était pas de la magie à proprement parlé. Il décida de biaiser, en espérant toutefois que la capitaine ne relèverait pas.

-... "senti" la main de l'un d'eux s'approcher de moi. Comme je vous l'ai dis, j'ai déjà été confronté à des individus de ce genre, et plus souvent que je le voudrais. J'ai frappé avec mon bâton avant qu'il ne me touche et me suis immédiatement enfui en courant. Je ne cherchais pas à éviter une quelconque police, j'espérais juste que les malfrats abandonnent l'idée de m'approcher pour s'occuper de leur gars. Mais ce ne fut pas le cas et ils se sont lancés à ma poursuite. Peu de temps après, vous me forciez à m'arrêter. J'espère sincèrement que c'était suffisamment détaillé.

Il reprit son souffle. Il avait fait presque toute sa tirade d'une traite, voulant en finir au plus vite. Il pensait n'avoir rien omit, mais il craignait malgré tout que la capitaine demande des approfondissements qu'il n'avait peut-être pas. Tout s'était passé très vite. Elle avait cependant soulevé un point important. Où allait-il loger? Dormir dans la rue ne le gênait pas réellement, encore fallait-il trouver un coin où il n'embêterait personne par sa présence. Les auberges étaient proscrites d'office, il n'avait pas de quoi payer. Et c'était peut-être un peu trop fermé pour lui.

-Je n'ai pas d'argent. Je ne peux pas loger dans une auberge.

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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Dim 3 Jan - 18:26

Il commença enfin à parler. Il n'avait absolument pas signalé s'il avait ou non compris ce qu'elle attendait de lui, cependant. Peut-être n'était-ce pas exactement le plus important pour l'instant. Cela viendrait plus tard, lorsqu'il aurait expliqué ce dont il retournait exactement. Elle reprit sa plume et nota avec diligence tout ce qu'il disait, sans déformer ses propos. C'était bien l'intérêt de cet entretien. Cet interrogatoire, auraient dit certains. Elle ne parla pas, se contentant d'écouter et de laisser la plume gratter le vélin.

En même temps, bien évidemment, elle écoutait et prenait note des informations qu'il lui apportait. C'était l'histoire à laquelle elle s'attendait. Ces petits délinquants dont elle avait largement entendu parler par le passé qui cherchaient à plumer un autre pigeon. Rien de nouveau. Et pourtant, il avait réussi à s'en défaire. Ce n'était pas un mince exploit en soi et elle ne l'en féliciterait pas, même si la situation aurait clairement pu tourner à son désavantage en d'autres circonstances, parce qu'il semblait à la fois un utilisateur de magie, et un praticien confirmé d'un quelconque art martial. En effet, il n'était pas rare pour certains excellents épéistes, par exemple, de sentir un coup venir.

Elle continua à noter ce qu'ils disaient sans commentaire, même lorsqu'il affirma qu'elle l'avait "forcé à s'arrêter", comme si ce n'avait pas été la bonne chose à faire et qu'elle avait été dans le faux, ce qui n'arrangea pas sa disposition envers lui. Mais elle savait être impartiale et elle était consciente que ces hommes ne viendraient jamais porter plainte. Bien trop de faits pouvaient leur être reprochés, au-delà de ce cas particulier, qu'ils n'auraient jamais osé. Déjà que se retrouver en face d'elle leur avait ramolli les genoux...

Elle le regarda inspirer et affirmer qu'il n'avait pas d'argent pour une auberge. Elle fronça un instant les sourcils. Cela posait bien plus de questions que tout le reste. Ne lui aurait-il pas tout dit?

"Comment avez-vous pu arriver jusqu'à Hydras sans aucun sou vaillant en poche? Ou alors, ces hommes vous ont volé votre bourse et vous refusiez de le dire? Vous n'avez certainement aucun connaissance non plus qui puisse vous héberger?"

Son ton restait neutre. Cela ne l'énervait même pas. Ou même plus... Difficile à dire. Mais en tous les cas, elle arriverait au fond de ce problème, puis passerait à autre chose.

Lenwë l'Austère
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MessageSujet: Re: Forêt et Sable [PV. Sirgren Nadekk]   Dim 3 Jan - 19:46

Chacune de ses paroles fut scrupuleusement retranscrite, ce qui fit poindre quelques interrogations chez Lenwë. Pourquoi s'embêter à cela? Mais elle devait bien avoir un but précis, étant donné l'assiduité dont elle faisait preuve. Cette bande de gros bras avait intérêt à ne plus se trouver sur sa route, vu toutes les galères qu'ils lui avaient apportés. Encore que, il doutait qu'une vengeance aurait moins de conséquence que leur dernière rencontre. De son côté, la capitaine finissait d'écrire. Lenwë remarqua cependant à ses sourcils froncés que les ennuis continuaient.

-Comment avez-vous pu arriver jusqu'à Hydras sans aucun sou vaillant en poche? Ou alors, ces hommes vous ont volé votre bourse et vous refusiez de le dire? Vous n'avez certainement aucun connaissance non plus qui puisse vous héberger?

Il y était. Il allait devoir avouer sa condition de reclus des sociétés. Au point où il en était, il n'avait pas spécialement envie de savoir comment ça pouvait être pire, mais il soupçonnait l'inflexible capitaine d'imaginer de nombreux moyens de transformer sa vie en enfer. Allait-elle l'enfermer? Ou simplement l'expulser de la ville? Aucune de ces solutions ne l'enchantaient, il devait encore mener sa mission à bien. Toujours est-il qu'il était toujours face à son regard d'acier et qu'elle attendait sa réponse, de plus en plus impatiente. Se redressant sur son siège, il prit la parole.

-Votre question est légitime, je vais vous expliquer ma situation. Mais j'espère que cela n’aggravera mon cas.

Il joignit les mains.

-Ces lourdeaux ne m'ont rien volé, je possède encore toutes mes affaires. J'ai traversé le désert avec l'aide d'un être mystérieux de la forêt de Malaggar, que les citoyens des villes voisines appellent le Goria. Vous le qualifieriez sans doute de "monture", mais il n'est rien de tel et n'est pas apprivoisable. C'est un résidant de la forêt profonde comme beaucoup d'autres bêtes sauvages et il est libre. S'il a accepté ma demande, c'est parce que je suis... Comme lui. Un habitant de la forêt.

Il s'arrêta un instant, nerveux. Mais reprit rapidement son discours pour ne pas être interrompu par d'autres questions.

-Je n'ai pas grandi en ville, j'en ai été chassé très jeune. J'ai vécu dans la forêt depuis enfant. J'imagine que vous vous demandez comment un gamin a pu survivre dans un environnement aussi hostile que la légendaire forêt de Malaggar, et la réponse est plutôt simple. J'ai des affinités avec la nature. D'ordre magique. Je ne sais pas pourquoi, ni d'où ça me vient, mais ça fait partie de moi. Je peux vous le prouvez quand vous le souhaiterez. Pour en revenir à mon histoire, elle me permet de répondre à votre dernière question: je n'ai débuté mon voyage que très récemment et, par conséquent, je ne connais personne ici qui pourrait m'héberger. J'ai omis des détails secondaires de mon histoire, non pas parce que je refuse de vous les conter, mais simplement car ils n'étaient pas utiles pour répondre à vos questions. Si vous souhaiter connaître mon histoire complète, je peux vous le dire, mais ce sera long. Vous me semblez être une personne droite comme j'en ai rarement rencontré, et vous ne m'avez pas jugé sur mon apparence. Je n'ai rien à vous cacher.

Décidément, cette femme était aussi douée que Rynoza pour le faire parler. Il se demanda si son voyage allait le forcer ainsi à s'ouvrir plus souvent et converser aussi longuement. Lui ne souhaitait qu'étudier la nature, mais vraisemblablement les rencontres étaient obligatoires. Il se demanda soudainement si cette étrange femme de son passé ne lui avait pas donné cette mission dans ce but précis... Il s'adaptait, c'était sûr, et changeait dans le même temps. Il n'était pas sûr d'avoir hâte de connaître ce que son futur lui réservait, mais dans le même temps, il espérait que cela lui serait bénéfique.

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