Le Désert et la Mer [PV Klairy]

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Ozhâlee Sae'kia
Vous voilà prêt à rejoindre une guilde !
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MessageSujet: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Lun 7 Nov - 20:16

La lettre, dont le transport fut facilité par aéronef, est cachetée d'une cire d'un marron sale, d'assez mauvaise facture. Le sceau ne comporte pas d'armoiries, mais deux lettres vulgairement calligraphiées y apparaissent : S.K. L'écriture, presque hâtive et bâclée, dénote un certain manque d'habitude.

Ozhâlee a écrit:

Alënor, Ermurag
Bragg 65 en Nuvan, cycle de Nasvar,
An 1216
Klairy, chère sœur,

Comment vont les affaires ? Tu m'as vaguement parlée, dans ta dernière lettre, de ton occupation actuelle, que je crois n'être pas tout à fait... saine ? Saine pour ce qu'en pensent les grands de l'Archipel, du moins ! Tu peux cependant écrire sans crainte : je supprimerai ta prochaine missive comme toutes les précédentes, et mon esprit n'en conservera pas moins une bien bonne image de toi. Enfin ! Après tout, j'ai moi-même participé à tes activités !
La période est mouvementée.
Comme tu le sais, le mois prochain sera celui du Manaurë, et plus encore, celui du premier pèlerinage de l'année. Si je n'ai rien perdu de ma complicité avec le vent, je ne saurais en dire autant de mes aptitudes corporelles. Ne prends pas cet air, je ne parle pas de ces aptitudes corporelles là ! Je sais à quoi tu penses en ce moment même, n'est-ce pas ? Non pas que le manque d'usage m'ait rouillée, seulement je n'ai eu qu'une seule occasion d'arpenter le désert depuis le dernier pèlerinage. Je te la conterai dans une prochaine lettre. Une expédition pleine d'incertitudes, tout un tas de choses mystérieuses, qui sauront éveiller tes instincts de mercenaire.
De la même façon, mes lectures actuelles peuvent t'intéresser. Un vieux bouquiniste, de ma caste (Opalys), et étonnamment, rat de bibliothèque (enfin, du peu de bibliothèques qu'on peut trouver dans la ville-basse), m'a vendue pour une écale, un volume, aussi vieux que lui-même ! C'était un questionnement interne très profond de l'auteur, et à vrai dire, je n'en ai pas tout compris. J'en ai retenu une expression, pourtant : "Fou est celui qui apprend ce qu'on ne lui dit pas, mais plus fou encore est celui qui n'apprend que ce qu'on lui dit". J'ai trouvé cette phrase de ce penseur a'ërith plutôt juste.

Et puis, dans ta réponse, s'il te plaît, décris-moi les terres que tu as parcourues, les plaines que tu auras fauchées, le froid que tu auras bravé. Tu avais brièvement cédé à ma curiosité excessive, pour me décrire quelques endroits de ton île natale, et plusieurs coutumes. Je veux tout connaître des paysages que tu auras eu l'occasion d'admirer dans tes années d'errance, passées et actuelles. Et là où tu es, aussi, je ne sais pas ! Quelque part dans l'Archipel, sûrement. Tu as beau n'avoir que quatre ans de moins que moi, tu as su les compenser en découverte ; je n'ai jamais pu observer la beauté variée dont on dit que la région de Morrokoth est dotée. Le sècheresse d'Ermurag me connaît. La jungle de Malaggar m'a connue. Le froid éternel d'Aurikann ne m'a jamais effleurée que dans ma jeunesse,

Puisse nos Dieux réunis veiller sur toi,
Ozhâlee Sae'kia.
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Klairy Rozenbürg
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MessageSujet: Re: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Jeu 17 Nov - 19:05

La lettre, d'un papier presque jauni et cachetée d'une cire ivoire, renferme une encre sombre et une écriture quelque peu tremblante, probablement due à l'instabilité du lieu dans lequel elle a été formée.  
Klairy a écrit:



Opanir, Morrokoth
Nurell 69 en Nuvan, cycle de Nasvar,
An 1216

Ma chère et tendre Ozhâlee,

Je ne puis décrire le plaisir de recevoir et de lire tes lettres, ainsi que de découvrir sous ta plume les évènements qui animent ton quotidien.
Il est vrai que mes jours se trouvent mouvementés d'aventures plus ou moins saines, comme tu dirais, mais n'altérant en aucun cas l'excitation indescriptible que je ressens lorsque je pose les pieds sur le Fléau d'Azdoth. Je t'écris d'ailleurs de ma cabine, suite au pillage d'un navire quelque peu pittoresque qui fut, je crois, impeccablement exécuté.

Mais je ne t'écris pas aujourd'hui pour te raconter les péripéties que je vis mais plutôt celle que j'ai vécu. En effet, aujourd'hui je me ferais le plaisir de te conter l'un de mes voyages, dont tu sembles si friande:
Lorsque je souhaitai rejoindre un port qui me mènerai alors jusqu'à Alënor, je passai par la petite ville de Besilgur. Et oh combien cette ville était charmante! Cachée derrière les collines et les montagnes du continent, et gardée par d'immenses statues de pierre, le charme de cette ville pourrait faire succomber tout voyageur. Je regrette sincèrement qu'elle soit si recluse, mais il me semble que cela ajoute un certain charme, donnant un calme et une sérénité des plus agréable. Elle possède de plus une architecture assez singulière, qui ne m'est en rien déplaisante: ses toits se trouvent arrondis et soignés, contrastant avec les roches bruts et irrégulières qui entourent cette ville. J’eus la chance d'explorer celle-ci, déambulant dans les ruelles et les marchés dont ressortait de fraîches odeurs de fruits et de légumes. Je finis par atterrir dans une auberge, où j'écoutai quelque peu les ragots des uns, et les complaintes des autres, avant d'aller me coucher dans une petite chambre où je dormis sans encombre, si ce n'est la rudesse du matelas. Mais mon séjour ne fut que de courte durée, devant partir dès le lendemain matin pour un voyage maritime qui me mènerait jusqu'à Morrokoth. Car oui, le bateau sur lequel j'embarquai ne put m'emmener directement à Alënor et s'arrêta d'abord sur les côtes du continent de Morrokoth. Ainsi, je dus continuer ma route en direction de Valestria, mais je te conterais cette aventure dans une autre lettre.

Je crois bien avoir beaucoup écrit sans prendre trop de tes nouvelles, ce qui me semble on ne peut plus rude. Tu me parles de tes aptitudes corporelles, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter sur ta sécurité et les risques que tu pourrais encourir lors de ton pèlerinage. Non pas que je ne te pense pas capable, mais il m'attristerait tant de te voir blessée, même pour la sécurité des autres. Mais j'imagine que cela fait parti des risques du métier, n'est-ce pas? J'attendrais donc patiemment ta réponse pour connaître tous les détails de ton voyage.

Quand au livre que tu as mentionné, sa simple description a réussi à attiser ma curiosité. Plus j'y pense, plus je me dis que tu me connais trop bien. Non pas que je m'en plaigne, c'est si bien de connaître une personne de confiance comme toi.

Je te souhaite toute la chance dont tu auras besoin,
Klairy Rozenbürg.
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Ozhâlee Sae'kia
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MessageSujet: Re: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Dim 20 Nov - 20:20

Même parchemin plié, identique cire craquelée. Une tâche, dans le coin droit, d'un brun délayé, rend transparentes certains caractères. La calligraphie y semble, par ailleurs, plus ferme et plus régulière.

Ozhâlee a écrit:
Alënor, Ermurag
Varen 63 en Nuvan
Cycle de Nasvar
An 1216

Petite pirate féline !
Tu ne m'étonneras donc jamais ? Bien sûr, la question est rhétorique mais... Y a-t-il seulement une limite à ta douce folie ? Non, sûrement pas, et devine avec quel enthousiasme j'ai découvert ce que tu m'as écrit !
Besilgur m'aurait ravie, j'en ai l'absolue certitude. Son architecture évoque en moi celle d'Hydras, tu sais, la ville des Sentinelles. Enfouie dans les confins d'un erg rocailleux, construite par la ténacité d'un peuple entier, mon peuple, elle se trouve dans une osmose parfaite avec son matériau unique et naturel : la pierre. Petites alcôves, grandes cavernes, cette cité sait satisfaire le moindre voyageur. Elle est véritablement fascinante, et se révèle tantôt terrible et sombre. Oh, en effet, on y trouve bien des dangereuses créatures, rendues sûrement aveugles par l'obscurité qu'elles subissent et... ne l'as-tu jamais vue ? Je me demande.

Cela me rappelle que tu craignais pour moi.
Sache que, dans un pèlerinage, je suis sûrement la plus à même de réagir, et la moins à même de mourir. Velipaad, Skai-Hulud, et autres créatures des cavernes, nombreux sont les faits, et nombreuses sont les légendes. La vérité, cependant, est ailleurs ; et je peux t'en fournir un aperçu ! Je t'en avais déjà parlé : ma fonction d'Azdyor me rend indispensable aux pèlerinages des Elyakies, eux-aussi essentiels à la pratique de notre religion. Ainsi parcourons-nous le désert, de temples en temples, d'efforts en efforts, incessamment égarés par une tempête, Az'gath. Enfin, égarés si nous, Azdyors, n'étions pas là.
J'ai suffisamment d'armes pour éviter de tomber dans le piège du désert. Ma magie, d'abord : le chamanisme. Le vent qui partout t'entoure, je peux le faire se lever, se muer en une tempête sourde, ou le faire taire dans le bruit. Je peux tuer dans l'étouffement, ou raviver dans le souffle. Il est mon ami, le cœur qui palpite au cœur des dunes. Et c'est sans compter alors, les aptitudes de survie. Mais trêve de vanité !
Le vent, Näaskyr, les cavernes : ils sont aussi la prison immuable de mes frères esclaves, et de nos corps tous asservis. J'envie ma propre caste parfois, car sans être enchaînés physiquement, nous le sommes intellectuellement. Enfin, je prêche une convaincue !

Je m'interroge maintenant sur d'autres choses, te concernant. Tu as évoqué ta magie, plusieurs fois. Seulement, c'est resté à l'état de discussion vague où aucune de nous deux ne comprenait vraiment ce qu'elle disait. Ni ne comprenait l'autre, en fait.
De même, je crois que tes Dieux-dragons m'intéressent, et seulement alors, je te parlerai des miens.
Tiens-moi aussi au courant de ta santé, quelque épidémie ravagerait la région que tu parcoures.
J'ai l'honneur d'être, etc.
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Klairy Rozenbürg
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MessageSujet: Re: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Dim 27 Nov - 18:03

La lettre, d'un format identique à la précédente, renferme une écriture quelque peu plus assurée qu'à la dernière.
Klairy a écrit:


Opanir, Morrokoth
Rulik 77 en Nuvan, Cycle de Nasvar
An 1216

Mon audacieuse Azydor,

C'est avec une délicieuse curiosité que j'ai découvert, au travers de ta lettre, la majestueuse ville d'Hydras. Quoique cela te surprenne, je n'ai encore point eu l'opportunité de découvrir la capitale de ton pays, mes missions ne me permettant pas de me diriger trop au Sud de notre monde mais plutôt à l'Est, où je découvris, comme tu le sais déjà, ma seconde maison: Opanir.

Je me trouve aussi rassurée de voir que tu n'encoures pas autant de danger que je le croyais et que tu puisses mener tes pèlerinages sans trop de soucis. Je ne peux m'empêcher de te confier que ton métier m'a toujours semblé fascinant. Guider les autres et faire passer leur vie avant la tienne est une tâche qui me semble plus qu'honorable et digne d'un très grand respect.
Je pourrais encore écrire des dizaines de lignes sur l’intérêt que je porte à ton métier et à ta personne si je ne me rappelai pas que je devais te donner de mes nouvelles. Ma foi, tout se passe pour le mieux ici, autant pour ma santé que pour le reste, malgré les quelques rats qui se baladent constamment sur le navire et dont quelques uns de nos compagnons semblent avoir une peur bleue: tu aurais dû les voir grimper sur leurs hamacs, effrayés tels de jeunes chatons qui s'agrippent à leur mère comme si c'était leur dernier espoir, mais je m'égare. Je trouve les eaux calmes ces jours-ci et je ne puis te raconter quelque abordage que nous eussions fait puisque ces derniers me semble d'une banalité presque ennuyeuse. Non pas que je m'en plaigne! Je ne broncherais jamais à accomplir ce genre de mission, mais c'est de ton divertissement que je m'occupe, et je me dois de garder ta curiosité éveillée à chaque ligne.

En parlant de cela, je me souviens que tu avais mentionné vouloir en connaître un peu plus sur la magie qui parcourt mon être. Même si cela pourrait te surprendre, ma connaissance sur la magie reste floue et je trouve quelque mal à la comprendre moi-même. La magie de l'écho des profondeurs me permet de contrôler l'eau à ma guise, et même, il me semble, de la comprendre. C'est comme si une sorte de connexion c'était installée entre elle et moi, et plus les jours passent, plus cette connexion devient forte. C'est une véritable communion qui nous unies et je me sens parfois l'envie de la rejoindre: je crois même que si je devais un jour trépasser, je le ferais dans les eaux qui nous entoure. Cette fascination met bien sûr très précieuse et utile, étant donné mon travail de Quartier Maître au sein du Fléau d'Azdoth, et il ne me semble pas mettre déjà trompée sur quelques courants imprévisibles que nous eussions rencontré lors de nos voyages.
Tu souhaitais aussi mieux connaître mes Dieux-dragons, je t'offre ici la description de l'un d'entre eux. Azdoth est un majestueux, que dis-je, gigantesque dragon-serpent, qui pendant de nombreuses décennies, fût craint par le moindre pirate voguant sur les mers. Nombreux sont ceux qui le disent monstrueux, mais je trouve beaucoup de mal à lui trouver quelque monstruosité, ce Dieu représentant la justice et la sagesse. En effet, dis-moi ma chère amie, comment trouver quelque défaut à un puits de sagesse, défendant la justice et être supérieur de surcroit? Je veux bien céder le fait qu'il puisse être quelque peu sévère envers les habitants de ce monde, mais si cette sévérité peut permettre un monde meilleur, je suis toute prête à l'accepter.
Tu te demandes sûrement pourquoi je ne veuille te parler que d'un seul de mes Dieux. Et bien sache que je suis, moi aussi, très curieuse de ta culture et que je souhaites la découvrir avec beaucoup d'impatience. Mais où serait le plaisir si l'on pouvait tout découvrir d'un coup? Voilà donc ce que je te propose: un Dieu pour un Dieu. De plus, cela permettra en même temps de nourrir nos lettres et notre envie de les lire.

J'attends avec impatience ta réponse.
J'ai l'honneur d'être, etc.
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Ozhâlee Sae'kia
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MessageSujet: Re: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Jeu 1 Déc - 18:58

Même parchemin, même encre, même écriture, plus lisible peut-être. Le paquet est plus épais que d'ordinaire, avec plusieurs feuillets et... Une bague ?

Ozhâlee a écrit:
Alënor (encore !), Ermurag
Falka 81 en Nuvan
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An 1216


Vois comme je m'ennuie : je te réponds en trois jours ! Dès que j'ai reçu la missive, je me suis précipitée dessus ; les passants ont dû me croire bonne pour l'asile.
Au delà de ça, ta magie est tout bonnement fascinante. Au premier abord, cela aurait un air de chamanisme. Cependant, cette communion que tu décris, me paraît être d'une dimension plus complexe. Il me faudra me renseigner là-dessus.
Oh ! Et j'ai quelque chose à te raconter ! Pour cela, prépare-toi une boisson chaude, ou alcoolisée, ou glacée ! Peu m'importe : mets-toi à l'aise. C'est fait ? Bien. Maintenant, imagine-toi à Alënor, capitale économique des Elyakies, grande cité côtière. Je veux que tu te situes là, dans une des avenues les plus fréquentées de cette immense citadelle marchande, à la croisée des hauts et des bas quartiers. Boudoirs, estaminets, tavernes : ils emplissent le pavé blanc de clarté, leurs lanternes de verre diffractant l'éclat de leurs bougies en de multiples lumières colorées. J'entre dans un de ces hauts-lieux de... Raffinement ? Une fumée opaque emplit l'espace. Les yeux me piquent. Un fumet épicé emplit mes narines. Dans mon aveuglement temporaire, un doigt qui me pointe se détache. Les volutes disparaissent, et je le distingue mieux. C'est un vieil Elyakie. Il n'y a rien de laid, mais rien d'extraordinaire, au premier abord. Peut-être un air charmant, et enchanteur. Son bouc de poils blancs souligne sa peau hâlée, et son crâne rasé. Ses yeux, noirs comme la plupart des gens du désert. A chacun de ses doigts ridés, une bague en argent. Autour de son cou, des sautoirs sertis de perles et de pierres. Masquant sa petitesse, un large burnous ocre à fil d'or et un chèche bleuté.
Il me pointe toujours. "Eh vous ! Azdyor !". Et il se rapproche. Alors évidemment, imagine tous les clients se retournant vers la porte d'entrée, autrement dit : vers moi. Sa voix est plus ferme qu'il n'y paraît. "Eh vous ! Vous vous souvenez de moi ? Non bien sûr.. Non." Il tousse et s’époussette faussement. Et le chemin se fait dans ma tête ! Bien sûr que je le reconnais, le vieil homme : je l'avais sorti d'une attaque lors du pèlerinage précédent. Sa femme, enceinte et bien plus jeune que lui, avait failli y passer. Seulement, il avait plus de cheveux sur le crâne à ce moment-là, et tout son corps était maculé d'un mélange crasseux de poussière, sable, et suie. Conscient de mon embarras, il me mena au-dehors.
Voilà comment tu parles désormais, à la préceptrice de ses enfants, d'enfants Ammolys. Tu n'as peut-être plus en tête le système de castes ignobles qui nous régit. Tu trouveras au dos de cette feuille un schéma explicatif. Et donc, nous y voilà. Impressionné par mon chamanisme, il se décida, dès qu'il me vit, à me proposer ce petit emploi, qui, comme il l'a dit "serait prestigieux pour votre personne comme la mienne". Le vieil homme (Ammolys, ainsi, de la classe la plus élevée chez nous) sut utiliser des arguments fiables et solides. La bague qu'il me légua dans son empressement (et qui se trouve désormais dans tes mains) acheva de me convaincre. Je te la laisse. Tu en auras plus l'utilité que moi. Cet or, et cette pierre... Définitivement, garde-la ou vends-la, mais je n'en aurais rien fait.
Ses deux bambins, sont deux chamans. Une fille, de l'air, 14 ans. Et un garçon, de l'eau, 16 ans. Ils étaient jusque-là pris en charge par un Lazulys peu dynamique, et qui déplaisait au père. Ils apprécieront sans doute qu'une Azdyor se charge de leur formation magique. Leur premier leçon, cuisante pour eux, je l'espère, se tiendra demain.

Ne crois pas, en tout cas, que j'ai oublié de te parler d'un de mes Dieux ! Cette fois, ce sera Iskar, peut-être celui que j'apprécie le moins ; et en l'aimant quand même. Il fut, de son vivant, un Hajhira, tout comme toi, à la crinière blonde néanmoins. Il est devenu, en mourant, Déité du Courage, maître des sentinelles, saint-patron de ceux qui veillent les Goules et Faméliques d'Hydras ! Car il a en effet défendu cette ville jusqu'à la mort. Je le porte à mon cou, sous forme d'un sabre rouge, gravé de runes.

Donne-moi de tes nouvelles, dès que tu le peux. Cela me fait toujours autant plaisir.
Ton humble et reconnaissante servante,
Azdyor et Opalys, Ozhâlee Sae'kia.
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Klairy Rozenbürg
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MessageSujet: Re: Le Désert et la Mer [PV Klairy]   Mar 27 Déc - 23:10

Comme d'habitude, la lettre est faite d'un parchemin quelque peu jauni et une encre toujours aussi sombre la parcourt.

Klairy a écrit:
Opanir, Morrokoth
Anselm 86 en Nuvan
Cycle de Nasvar
An 1216

Ma chère Ozhâlee,
Je fus surprise de découvrir ta lettre si rapidement, et je le fus bien plus encore lorsque je découvris son contenu! Je chérirais cette bague précieuse comme la prunelle de mes yeux, tu peux t'en assurer. Si je pouvais d'ailleurs revenir sur ta péripétie, je dirais sûrement que ces enfants sont bien chanceux de t'avoir comme préceptrice: connaissant ton savoir, tu ne manqueras pas d'en faire d'excellents chamans. S'il ne te déplait pas, pourrais-tu me conter leur progression? Me dire comment chacun d'eux évolue, s'ils possèdent des lacunes ou, à l'inverse, des facilités apparentes.
En parlant d'enfants, cela me rappelle quelque aventure qui m'est arrivée il n'y a que quelques jours à peine. Vois-tu, la mer se trouve très agitée ces temps-ci, ne permettant pas de réels voyages sur les vagues océans qui entourent nos terres. Je passe donc le plus clair de mon temps en ville, à me balader ou a trainer dans les tavernes d'Opanir. Et figure-toi que je rencontrai, il y a trois jours de cela, une jeune fille, perdue dans les rues de la ville. Elle se trouvait au beau milieu d'une rue marchande et manqua de se faire écraser par une charrette. Étrangement, cette  enfant, qui n'avait pas plus de 12 ans, me fit penser à une adolescente que j'avais croisé à Valestria, alors que je me dirigeai vers Alënor. En effet leurs traits et émotions étaient presque parfaitement semblables, si bien que lorsque je la vis, je ne pus m'empêcher de l'aider, les souvenirs de Valestria me revenant aussitôt à l'esprit.
J'emmenais donc la petite dans une ruelle plus calme et j'appris qu'elle avait en réalité perdu ses parents dans la foule et m'avoua, les larmes aux yeux, qu'elle craignait ne jamais les retrouver. Voyant ses larmes ainsi monter, je lui donna ma parole de les retrouver, ne pouvant pas résister et cette fragile petite poupée. Quelle faible je fais! me dirais-tu, mais crois en ma parole, laisser une enfant seule et entrain de pleurer bruyamment au sein d'une ville remplie de pirates et de malfrats, aurait été un acte que je qualifierais de monstrueux.
Je la pris donc sur mon dos, et grimpai sur les toits des maisons, auberges et toutes sortes de bâtiments à la recherche de ses parents. Je crois d'ailleurs que cette méthode redonna le sourire à la fillette, n'étant sûrement pas habituée à ce genre de moyen de transport: ses petites mains vivement accrochées à mon pelage arrachèrent d'ailleurs plusieurs boules de poils accidentellement. Nous cherchâmes donc toute la journée durant: arpenter les toits et la ville ainsi remplit mon corps d'une certaine nostalgie: je possédais une vue magistrale sur la ville entière, me faisant penser à mon village natal, haut dans les montagnes, que je pouvais d'ailleurs apercevoir au loin dans le paysage. C'est au coucher du soleil, alors que les rues étaient plus calmes, que nous trouvâmes enfin les parents de la petite: ils se trouvaient sur le port, la mère sanglotant dans les bras du père, pensant sûrement que leur fille était perdue à jamais. Je dirigeai ainsi la petite vers ses parents, refusant tout de même de me faire voir: c'est donc après une tendre embrassade avec l'enfant que je disparaissais à nouveau dans les sombres ruelles d'Opanir.

Pour tout te dire, cette journée m'a beaucoup fait penser à l'un de mes Dieux: Jiskar, aussi appelé l'ombre des cieux. C'est le Dieu du voyage, de l'évasion et son apparence sombre et mystérieuse lui permet de se fondre dans l'obscurité. De plus, ses deux têtes et son allure lui donnent une fascinante prestance et je ne peux m'empêcher de l'admirer. Je lui dédis ainsi chaque soir une prière et une bougie, qui brûle jusqu'au soleil levant, espérant que cet humble hommage me porte bonne fortune. J'ai beaucoup pensé à lui tout simplement parce que me mouvoir ainsi dans la ville, par l'intermédiaire des toits, me fit sentir l'un des nombreux sens de la liberté, et j'espère avoir pu faire ressentir ce même sentiment à cette fillette, dont je ne connais pourtant même pas le nom.

En espérant que tu seras satisfaite de cette lettre. J'attends la tienne avec impatience.
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Klairy Rozenbürg.
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