Comme un oiseau. [PV MdJ]

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Yuräh Khadra'aris
Inventaire : - Un bâton gravé.
- Une dague effilée.
- Quelques dagues de jet.
- Une bourse en cuir contenant quelques écales.
- Une cape à capuche pour se protéger des tempêtes.
- Un long-coureur nommé Anar.
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MessageSujet: Comme un oiseau. [PV MdJ]   Mer 26 Oct - 17:44





Comme un oiseau.

Anselm 3 en Nuvan, cycle de Nasvar, 1216


La clarté de la lune qui se couchait l'avait tiré de son sommeil. La légère brise qui flottait au dehors, entraînant dans son ballet aérien quelques volutes de sable, s'infiltra par la fenêtre ouverte pour venir caresser délicatement son visage.

L'elyakie frotta ses yeux encore endormis et réprima un bâillement alors qu'elle se redressait justement sur son matelas pour prendre une position assise. Elle aurait pu rester ainsi encore longtemps, mais un coup d’œil dehors suffit à la convaincre de se lever : lentement, elle se glissa hors de ses draps, silencieuse, ombre dans la nuit. Et comme pour l'encourager, le vent gonfla les rideaux de sa chambre, à la manière des voiles des bateaux que l'on pouvait parfois voir passer au large.
La prochaine étape fut de s'emparer des ses vêtements, non sans s'être préalablement étirée comme elle le devait. La jeune femme ordonna grossièrement ses cheveux avant d'enfiler sa robe et le tissu glissa sur sa peau nue en un bruissement, alors qu'elle s'attelait à fermer l'attache de cette dernière, située au niveau de son cou.

Chaque matin, c'était le même rituel. Elle se saisit de sa dague cachée sous son oreiller pour la sangler contre sa cuisse puis empoigna son sac à dos qu'elle s'attela à remplir de quelques fruits secs, d'une pomme, de trois tranches de viande séchée pour son déjeuner, ainsi que du nécessaire à outils pour réaliser son escapade quotidienne.
Elle quitta sa chambre en jetant un dernier coup d’œil attristé à son bâton qui, appuyé contre le mur, semblait attendre qu'elle revienne sur ses pas pour l'emmener avec elle. Mais hélas, cette fois ci, il ne prendrait pas part à son aventure. Aujourd'hui, le bout de bois risquait d'être plus encombrant qu'autre chose pour ce qu'elle avait prévu de faire.

Ses pas la menèrent jusqu'au couloir, et elle passa sur la pointe des pieds devant la pièce à vivre, d'où émanaient les ronflements de son père, sans doute resté à faire les comptes la veille, jusqu'à tomber de fatigue. Le grommellement de ce dernier la fit se stopper net. Elle retint sa respiration, en équilibre sur un pied, et sembla adresser une prière silencieuse à sa déesse.
Fort heureusement, les divinités semblèrent l'entendre, et son père gigota quelques secondes avant de sombrer de nouveau dans un profond sommeil.

Enfin, Yuräh put atteindre la sortie. Une fois dehors, elle respira une grande goulée d'air, un sourire radieux venant illuminer son visage. Ça promettait d'être une bonne journée… alors, chaussant ses sandales, elle s'en fut. Passant avec malice devant l'enclos des longs-coureurs de son père, elle s'autorisa cependant quelques minutes pour les saluer.

Mais ses pas l'éloignèrent finalement d'Alënor, sa ville natale, qui commençait elle aussi à se réveiller peu à peu, au fur et à mesure que l'aube pointait le bout de son nez. De loin, l'elyakie pouvait distinguer l'agitation chez les marchands qui préparaient leurs étaux aux mille et une merveilles.
Mais elle ne fit pas demi-tour, au contraire, elle pressa le pas, désireuse d'aller explorer les confins du désert tant que le temps encore frais le lui permettait.

Elle arriva à bon port après quelques minutes de marche pressante et s'arrêta devant un immense amas rocheux. Faute d'avoir exploré une bonne partie de la périphérie d'Alënor, elle commençait sacrément à se lasser des étendues sablonneuses.
Mais voilà qui devrait lui donner matière à s'amuser. Elle contourna la roche, analysant le chemin qui lui serait le plus praticable. Elle fit finalement son choix et entama son ascension.

Le périple ne fut pas des plus simples. Elle se saisissait des pierres pas toujours très stables, trouvant des prises pour se hisser tout là haut. La roche lui écorcha la paume des mains et les genoux. Plusieurs fois elle failli glisser et renoncer, mais son instinct l'obligea à terminer ce qu'elle avait entrepris.
C'est en levant la tête qu'elle aperçu la cavité creusée dans la roche, un peu plus haut. L'endroit serait parfait pour prendre son déjeuner, et qui savait ce qu'elle pourrait trouver à l'intérieur ? Peut-être qu'elle réussirait à apercevoir un troupeau de flammidés de là-haut. Quoique… il était sûrement trop tard : déjà, les couleurs orangées du soleil commençaient à éclairer le ciel.

Prise d'un élan nouveau, la jeune fille atteignit sans encombres le rebord de la grotte, à l'intérieur de laquelle elle se hissa. Debout à l'entrée, elle cligna trois fois des paupières pour laisser ses yeux s'habituer à l'obscurité, en vain. Il lui faudrait attendre que le soleil daigne éclairer la cavité.

Mais l'ascension avait valu le coup. En se retournant, c'est là qu'elle découvrit avec merveille la vue resplendissante qui s'étalait sous ses yeux. À perte de vue, elle pouvait observer la mer étincelante qui se teintait de tons pastels sous l'effet du soleil levant. À ses pieds, on arrivait à distinguer Alënor, minuscule face à l'immensité du monde de Thoronir.

« Woah... »

Absorbée par une telle vision, l'elyakie se laissa glisser au bord de la cavité, bien décidée à profiter d'un tel spectacle. Inconsciente, elle laissa pendre ses jambes dans le vide alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire. Décidément, elle avait bien fait de se lever tôt !



Dernière édition par Yuräh Khadra'aris le Dim 13 Nov - 19:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau. [PV MdJ]   Jeu 10 Nov - 16:58

Une boule de flamme ailée se laisse planer, lâchant de temps à autre son cri perçant, appréciant son règne sur les airs

Le souffle léger passe sous mes ailes, un rire du monde qui m'appartient, là haut, tout là haut. Un monde si vaste que je suis même incapable d'en concevoir les limites. D'autres habitants, des proies, font ma pitance pour la journée. Je vais pouvoir rentrer, après la chasse vient le repos. Plus tard il faudra...

Un battement d'aile, une vision d'horreur, un demi-tour paniqué

INTRUS

INTRUS

Mon nid. Envahit. Qu'est-ce? Pas une proie. Habitant du monde-bas.

L'être semblant composé de flammes vives entame de longs cercles au-dessus de la grotte, observant l'être si près de son territoire

Partir. Il doit partir. Peut-il partir? Ces êtres se savent pas chevaucher le monde-haut, comme moi. Si disgracieux. La vengeance de ma proie se fait sentir, il me faut me poser, dormir. Il doit partir.

Un immense zhélix atterrit lourdement sur le haut de la grotte. Écartant ses ailes au maximum, devenant aussi imposant que possible, il hurle sa volonté

PART
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MessageSujet: Re: Comme un oiseau. [PV MdJ]   Mer 1 Fév - 22:37






Ses yeux n’en demandaient pas tant. Éblouissant, le spectacle l’avait laissé coite, elle d’habitude si blasée. Pourtant, ce matin, elle ne trouva rien à redire devant la beauté du paysage.
Bien loin d’être intimidé par le voyeurisme de la jeune elyakie, l’astre solaire continuait son ascension dans les cieux, venant inonder les terres de sa lumière. À la manière d’un peintre de prestige, il redonnait des couleurs au monde laissé noir et blanc par le voile de la nuit.

Devant l’immensité du désert, la jeune elyakie ne pouvait s’empêcher de s’extasier. Elle se releva avec prudence et s’avança jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus. Presque en équilibre, l’arrête de pierre marquant le bord du gouffre s’enfonçait entre ses orteils et la plante de ses pieds, elle pouvait la sentir à travers les semelles trop fines de ses sandales.

Elle ferma ses paupières, un large sourire étirant ses lèvres. Se sentant pousser des ailes elle ouvrit en grand ses bras, rêveuse, sans parvenir à toucher les bords de la grotte, tant elle était large.
Elle resta ainsi un moment, savourant l’instant, s’imaginant voler au dessus du sable, maîtresse du monde. Le soleil sembla l’encourager dans sa vision, la chaleur des ses rayons venant délicatement lécher sa peau déjà métissée par des années passées sous sa fournaise.
L’elyakie fut presque tentée de sauter, persuadée que l’air la porterait, mais le peu de raison qui lui restait l’en empêcha : elle était casse cou, certes, mais pas suicidaire.

Tant l’instant était magique, elle voulu hurler, hurler de joie, de rire, de toute ses forces, seule au monde. Elle ouvrit la bouche, mais un cri strident couvrit le sien. Une ombre passa devant ses yeux clôt, camouflant la douce lumière du soleil, un instant.

Les paupières de la jeune fille s’ouvrirent brusquement. Elle ne tarda pas à découvrir l’origine du piaillement : une énorme silhouette de volatile, à contre jour, se découpait sur l’image du soleil. L’oiseau la tortura quelques secondes, l’obligeant à plisser les yeux si elle souhaitait avoir le privilège d’observer son plumage. Elle pesta : auparavant son allié, voilà que le soleil menaçait à présent de brûler ses rétines. Traîtrise !

Finalement, le volatile décida que le supplice avait assez duré : fuyant le regard de l’elyakie en s’éloignant de son champ de vision, il finit par revenir en force, se posant lourdement au dessus de sa tête.
Surprise, la jeune fille leva les yeux : ce qu’elle vit lui coupa le souffle. Illuminé par la lumière du jour, le Zhelix était encore plus majestueux que dans les témoignages, les odes et les manuscrits qui flattaient sa grandeur. Sous les rayons solaires, les couleurs rougeoyantes du volatile donnaient l’impression que ses plumes n’étaient autre que des flammes, si bien que Yuräh se demanda si elles brûlaient vraiment.
À présent, c’était l’oiseau qui faisait de l’ombre au soleil, et pas l’inverse.

Comme flatté face à de telles pensées, l’intéressé ouvrit grand ses ailes, ses plumes se gonflant pour le rendre plus majestueux qu’il ne l’était déjà, si c’était possible. Mais il n’était visiblement pas là pour faire le beau : posant ses yeux dorés droit dans les pupilles de Yuräh, il cria son mécontentement, poussant de nouveau un cri perçant -cette fois plus puissant encore- qui lui vrilla les tympans.
Surprise et coincée face à sa seigneurie, maître des cieux, la jeune fille recula lentement vers les entrailles de la grotte, s’enfonçant dans l’ombre. Sous son pied, craqua ce qui semblait être un ossement, le son se répercutant en écho contre la pierre froide.

C’est alors qu’elle comprit son erreur : elle venait de violer le nid de la créature.
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