Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]

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Sylsiza'an Hrothgar
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MessageSujet: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Lun 24 Oct - 13:29

- Erf... mph... ah... je n'en peux plus de ces constructions a'ëriths ! Quelle... quelle idée d'épuiser les fidèles avant... avant la prière.

Me cramponnant à une corde, je tentais vainement de reprendre mon souffle. Un peu plus tôt dans la journée, Elmur s'en trouvait sans dessus dessous. Partout des rumeurs circulaient, sur le temple, une oracle ayant versé des larmes, des larmes d'aveugle bouleversée. Recroquevillée, tremblante près de la gigantesque lanythe rouge, elle marmonnait quelques déprécations inaudibles, le regard livide.
Pour le nazakhin que j'étais, cela ressemblait drôlement à un accès de folie. Mais pour ce peuple, un tel événement était annonciateur. Annonciateur d'une ère lugubre. N'osant troubler les visions répétées de l'oracle, personne ne s'aventurait aux abords du temple. Personne, sauf moi. Et d'autres, visiblement. Je maudissais cet amour porté à Malaggar, cet amour m'ayant poussé à me saigner pour un aller simple. Cependant, un sentiment s'insinuait en moi, comme pour me presser. Moi, barde raté, combattant bancal. Quelle ironie. Ma plus grande naïveté fut sans doute d'y céder.

Une fois face à la gigantesque bâtisse religieuse, je sentis mes forces me quitter, comme aspirées par une puissance supérieure. Tremblotant, je pus néanmoins m'introduire à l'entrée, sous le regard réprobateur d'un ona'ashaï. Grisé par les années, sa prestance prouvait une suffisance à peine dissimulée. Une sagesse feinte. Pour autant, je m'adressai à lui comme s'il s'agissait d'un individu de haute lignée.

- Veuillez pardonner mon intrusion. Ma curiosité est telle que...

- En d'autres circonstances, je vous aurais certainement renvoyé chez vous, musicien. Entrez.

Il semblait tiraillé entre sa fierté et un besoin immédiat. Sans qu'il me sollicite davantage, j'inclinai légèrement la tête, pénétrant dans ces vastes lieux scintillants. Je fus rappelé à ces prédictions autrefois données. Au goût sucrée de la pâtisserie offerte et à cette beauté maladroite et mystérieuse.

Une toux agacée me ramena au présent. Ici. Face à cette pierre rougeoyante, hypnotique. Ce fut, je crois, ma première confrontation à l'Objet. Ce cristal alimentant idées farfelues et noirs desseins. Outre cet objet de légende, je sentis une fragilité m'habiter peu à peu.

- Ne vous approchez pas, vous risqueriez d'être subtilisé des maigres pouvoirs dont vous disposez.

Cette pointe de condescendance me poussa à l'ignorance pure et simple. L'ona'ashaï le remarqua et se retira sans un mot, me laissant face à cette vieille femme. Assise au milieu, les yeux ronds et délavés, elle récitait je-ne-sais-quoi tout en se berçant. Peut-être pour calmer les perles amères bordant ses yeux. Son désespoir vint à caresser l'empathie que je lui portai soudain.

- Ma dame, je...

Silence.

- Je...

Dans un ultime effort, son visage se détourna du cœur. Ses pupilles me traversaient. Comme si elle s'adressait à un fantôme, à une projection de son esprit lacéré par l'angoisse et la peur, la parole lui vint subitement :

- Ô Zanory... mère créatrice, recevez mes sentiments les plus nobles. Vous me l'avez apportée... vous... mais oui. La clef des maux.

Elle marqua un temps d'arrêt, puis reprit :

- Non. Il ne peut s'agir de lui. Pas lui. Pas seul !

- Que... ? Je ne saisis pas tout.

Sa voix sifflante, murmurante me glaça d'effroi. Je sentis de nouvelles présences, derrière moi. Proches, lointaines... comme si mes sens se voyaient soudainement aiguisés par l'aveulissement de ma chair.


« Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons
aux entassements d’or, le monde serait plus rempli de joie. »
- Thorin Écu-de-chêne


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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Lun 24 Oct - 14:35

« Mais puisque je vous dis que je viens voir Isilwen Ninquë, je...
- Maître Tog'wall, veuillez vous avancer dans le temple. Isilwen Ninquë n'est pas revenue de son voyage, veuillez me suivre.
- Pose encore ta main sur moi et je te garantis que je l'enfoncerai si profondément là où la lumière ne brille pas que tu vomiras tes ongles. Je peux marcher seul. »

Repoussant la main que l'ona'shaï avait placée sur le bras de Saykanel, le tog'wall se mit à avancer à grand pas vers le centre du temple. Il était venu pour chercher l'oracle draconicienne qu'il avait rencontrée en Aurikann. Les ona'shaï devaient être habitués à ce que la population les respecte simplement pour leur statut religieux.

Le troll était incroyablement agacé. D'abord, ce fichu humain le prenait de haut, ce qui était d'autant plus invraisemblable que Saykanel faisait plus d'un mètre de plus. Qui plus est les derniers incidents avaient complètement ruiné ses derniers vêtements et le tog'wall ne se baladait plus qu'avec un pantalon de cuir mal brodé et des bottes. Tous ses hauts avaient brûlé ou avaient été percés soit par ses cornes qui atteignaient désormais une vingtaine de centimètres, se recourbant vers l'arrière du crâne, soit par la suite de cristaux ardents qui sortaient de son dos. Son apparence avait trop changé à son goût depuis cette sombre affaire en Aurikann.

« Bon...Que me veut-on au juste ?
- L'oracle vous éclairera, tog'wall. »

Impossible de tirer quoique ce soit de plus de cet abruti et Saykanel était si irrité qu'il envisageait franchement de briser un ou deux membres de l'oracle pour avoir eu le culot de le faire convoquer comme si...

Pourquoi Saykanel obéissait-il d'ailleurs ? Il ne suivait pas leur religion ridicule alors il n'avait aucune obligation à faire quoique ce soit. Ce n'était pas non plus la force, un seul ona'shaï avait été envoyé.

Le tog'wall prit le temps de maudire sa curiosité naturelle et arriva finalement dans le grand dôme central au milieu duquel trônait une pierre rouge gigantesque. Le fameux cœur de Zanory, la plus grande lanythe du monde ? Un humain d'âge relativement moyen en tenue de voyage se tenait derrière une oracle qui était en prière. Saykanel tiqua. Il lui avait été enseigné que la prière était un acte privé, qui ne devait pas se faire devant d'autres. La prêtresse se tourna vers lui.

« Vous...Vous aussi. Le tog'wall. Le feu du dragon sur les épaules. Marqué par la trahison, peinant à sortir sa flamme de l'ombre de la glace.
- Pouvez-vous m'expliquer pourquoi je suis ici ? Je venais rendre visite à Isilwen Ninquë et votre chien de garde a décidé de me convoquer comme un vulgaire...
- Vous êtes le tog'wall du feu, l'élément destructeur. Et c'est de destruction que Zanory a besoin. Mais il en manque encore d'autres. Deux ne suffiront pas.
- Donc vous voulez que j'attende ici. Pouvez-vous au moins dire à votre animal de m'amener un hydromel ? Je patiente mieux sans avoir la gorge sèche. »
Silence.

Saykanel poussa un soupir exacerbé. Qu'est-ce que ces fichus A'ëriths prévoyaient exactement ? Et cet homme avait été traîné ici comme lui ?

« Une grande crise se prépare. Un ennemi sombre... »
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Erwan
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Ven 28 Oct - 20:19

«  La fin du monde ! La fin du monde ! … »
 
La voix criarde de l’homme semble encore résonner à ses oreilles alors qu’Erwan se dirige d’un pas souple vers le temple. La journée a pourtant presque bien commencé. Le soleil, les petits oiseaux, tout ça, tout ça… Une belle matinée qui laissait deviner une journée tout aussi sympathique. Le conteur s’attendait presque à voir surgir celui qu’il attendait à tout instant… mais le destin en avait décidé autrement.
 
«  La fin du monde ! La fin du monde ! »
 
Un gong dissonant résonnait dans les rues d’Elmur, accompagné par une voix non moins dissonante. A son grand malheur, la curiosité s’était saisie d’Erwan, poussant ses pas à prendre la direction du bruit.
Enfin, au détour d’une rue  ses yeux s’étaient posés sur la source du tapage. Drapé dans une espèce de cape brunâtre et élimée, le regard exorbité et halluciné, l’homme hurlait à s’en casser la voix en frappant son gong déformé comme si sa vie en dépendait. Prudemment, les badauds évitaient jusqu’à son regard, n’hésitant pas à se tasser contre les murs dans leurs détours pour s’en éloigner.
Surpris, le jeune homme marqua un temps d’arrêt, fixant bêtement l’homme en attendant que son esprit réussisse à analyser ce que ses yeux voyaient. La scène semblait tellement irréelle… Cet instant causa sa perte.
 
Tel un oiseau de proie désarticulé, l’homme fondit sur lui dans un cri inhumain pour s’arrêter à seulement quelques centimètres. Ses bras rachitiques s’échappèrent de son vêtement rapiécé pour s’élever dans les airs. Sa bouche s’ouvrit en grand :
 
« LA FIN DU MONDE ! »
 
Ses bras s’abattirent pour marquer sa sentence d’un coup de gong qui fit grimacer sa pauvre victime. Puis le silence s’abattit, l’homme fixant sur Erwan un regard qui semblait attendre de sa part une certaine réaction. Son visage à quelques centimètres de celui de l’illuminé, le conteur battit des paupières plusieurs fois, accrochant du coin de l’œil le regard compatissant des badauds qui passaient.
 
« Euh… Oui ? » fit-il tout en reculant légèrement, rien de plus sensé ne lui venant à l’esprit.
 
Un air peiné se peignit l’espace d’un instant sur le visage de l’hurluberlu. Puis il se rapprocha à nouveau, avant que ses lèvres décharnées ne s’ouvrent en grand sur son sempiternel cri.
 
« LA…
- La fin du monde ! Oui, j’ai compris, s’empressa de le couper Erwan en levant les mains en signe d’apaisement.  Mais… pourquoi ? »
 
Le visage de l’homme se fendit en un sourire qui dévoila ses chicots pourris. Soulagement ? Joie que quelqu’un l’écoute ? Sourire qui s’effaça pour laisser place à une profondeur insoupçonnée. Comme si la folie n’était que l’autre facette de la sagesse, d’une sagesse immense dépositaire de secrets immémoriaux.
 
« Larme aveugle teintée de rouge, parchemins obscurs, funestes augures. Le mal approche !
- … Je ne comprends pas… dût se résoudre à répondre le jeune homme, circonspect.
- Rejoins l’oracle de Zanory, là tu trouveras tes réponses… continua le fou qui n’en était peut-être pas un, avant de continuer : LA FIN DU MONDE ! LA FIN DU MONDE ! »
 
Sursautant, Erwan observa d’un œil rond l’homme reprendre son manège dans la rue, s’éloignant comme si rien ne s’était passé. S’était-il adressé à lui par hasard ? Ou les actes de cet illuminé étaient-ils dictés par une raison plus profonde …?
 
Maintenant qu’il s’approche du temple, Erwan commence à en douter… N’était-ce pas juste un type fou à lier après tout ? Enfin ses yeux se posent sur la bâtisse sacrée, ramenant à sa conscience une bouffée de sentiments oubliés. Des sentiments d’un autre temps, un temps où les enseignements a’ëriths avaient plus de valeur à ses yeux. Un soupir échappe ses lèvres. Il n’a aucune envie de parler à l’ona'ashaï qui garde la porte, semblant attendre quelqu’un.
Ses forces petit à petit absorbées par la lanythe qui, il le sait, trône au milieu du temple, Erwan se glisse dans l’ombre.
 
Ses yeux accrochant l’éclat rouge de la lanythe, le jeune homme se coule enfin dans la pièce principale où se tiennent déjà trois personnes. L’oracle, prostrée, un humain et un… troll ? Non, une impression étrange monte en lui, son esprit lié s’agite. Un tog’wall. Un tog’wall de feu. Il ne manquait plus que ça !
Alors qu’il s’apprête à faire demi-tour, la voix de l’oracle résonne sous le dôme :
 
« Et voici le troisième, habité par la flamme purificatrice, marqué par la culpabilité et la honte… Âme égarée qui peine à retrouver son chemin…
- Euh… Certes, mais… répond-il en entrant dans la lumière au vu de tous.
- Pourtant, il en manque encore une… le coupe l’oracle comme si elle ne l’avait pas entendu. Je… Non ! Zanory nous protège… »
 
Les larmes se mettent à couler de plus belle sur le visage sillonné de l’oracle. Une expression de souffrance se peint sur ses traits.
 
« Son chemin oscille entre ombre et lumière, sa pureté et son innocence ont fait d’elle une proie des ténèbres… Il faut la retrouver…  Vous devez la ramener, son aide est essentielle à l’équilibre du monde ! »
 
Rejoignant finalement les autres plus au centre de la pièce – et en faisant un gros détour pour éviter de s’approcher du Tog’wall –, Erwan pose sur chacun des présents un regard perdu.
 
« Quelqu’un m’explique…? »
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La Fille du Vent
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Ven 28 Oct - 21:51

Une feuille vole dans le vent.
Portée par la brise, elle tournoie et virevolte, tourbillonne et flotte, simplement présente au courant aérien qui l’entraîne dans le lointain. Libre.
Infiniment libre.
L’espace d’une seconde, elle rencontre le soleil. Instant suspendu, l’émeraude répond à l’or dans un éclat lumineux. Enfin, dernier tournoiement, elle salue son compagnon de jeu et disparait dans l’ombre dans un rire silencieux.
Fidèle au chemin qui lui est tracé, l’enfant la suit les yeux fermés.

Silencieuse et invisible, la fille du vent se glisse avec agilité contre le bois sculpté du petit temple a’ërith, perdu au milieu de la forêt. Tapie dans l’obscurité, c’est sans bruit qu’elle se coule dans l’ombre des personnes qu’elle suppose être des prêtres, et c’est sans être vue qu’elle s’approche avec délicatesse de l’alcôve qui l’intéresse. Là, derrière ce rideau épais, se trouve l’objet qu’elle est venue chercher. Elle le sait.

Du bout des doigts, la fille du vent écarte le pan épais et jette à la scène un coup d’œil circonspect. Un hajhira, seul, est assis derrière un secrétariat sculpté de fins entrelacs. Surprise par la beauté des motifs, l’enfant s’arrête un instant pour les observer, faisant naître en elle un étrange sentiment de familiarité avant qu’elle ne se reprenne d’un ébrouement décidé. Non, elle ne doit pas se laisser distraire. C’est une mission importante qui lui a été confiée, et elle compte bien y réussir. Heureusement pour elle, l’homme-félin est trop absorbé par ses papiers pour l’avoir remarqué.
Avisant la fenêtre ouverte qui se trouve derrière lui, le sourire de l’enfant, déjà présent, s’agrandit. Voilà tout ce dont elle a besoin. Sans plus réfléchir, elle se met à agir.

Inspiration, expiration. Elle gonfle ses poumons. Ses yeux se ferment l’espace d’un instant, sa peau frissonne au contact chaleureux du vent qui vient l’accueillir dans une murmure. Elle est prête, et lui aussi.
D’un souffle profond elle accompagne le mouvement ample de ses bras qui dessinent une courbe invisible dans l’air. Aussitôt, un vent puissant se lève. Sifflant, il s’engouffre par la fenêtre entrouverte. Tourbillonnant, il caresse la pièce avec plaisir avant de venir souffler d’un air rieur les papiers amassés sur le meuble. Surpris, l’hajhira est sorti de sa quiétude tranquille et s’élance derrière les documents d’un pas précipité alors que ces derniers sont poussés toujours plus loin dans un couloir par un vent taquin. À sa suite, la porte se ferme, délicatement poussée par un dernier rire aérien.
D’un bond, la fille du vent surgit de derrière le rideau et atterrit avec souplesse à côté du bureau. Elle n’a pas beaucoup de temps, mais cela lui est amplement suffisant. Comme indiqué, la clé se trouve bien à l’emplacement caché dans l’un des recoins du bois finement dessiné. Et, comme indiqué, le tiroir qu’elle ouvre contient bien le parchemin sacré. Son butin en main et un sourire aux lèvres, l’enfant disparait dans une dernière brise par la fenêtre, laissant seulement derrière elle l’écho d’un rire qu’elle ne peut retenir.
Dans un couloir peu éclairé, un hajhira peste contre le vent et ramasse tant bien que mal les papiers volatiles disséminés.

Aidée de gestes vifs et précis, l’enfant s’éloigne rapidement du temple par la voie des arbres et des airs. Elle ne se rappelle plus dans quelle direction elle doit aller, mais peu importe ; lui, il la retrouvera, elle le sait.
Portée avec aisance par le sifflement du vent et le balancement des branches, l’enfant est bien vite éloignée du temple qu’elle vient de sauver. Ah, heureusement qu’elle l’a rencontré ! Fière d’elle, son sourire lui monte encore plus haut aux lèvres alors qu’elle avise la clarté d’une prairie et un arbre prêt à lui offrir ses fruits. Il ne lui en faut pas plus pour se décider. L’enfant, émerveillée, descend avec agilité des hauteurs de la canopée pour atterrir dans une roulade mal calculée contre le tronc de l’arbre en question. Son épaule rencontre l’écorce, son sourire disparait.

” Aïeuuuuh ! S’écrie-t-elle alors qu’elle se redresse d’un bond pour masser son muscle endolori.

” Chuuut, moins fort ! Après tous ces efforts, il serait idiot de se faire repérer ! “

Dans l’ombre de la forêt, la voix est à peine chuchotée.

”Eïsel ? Demande l’enfant en regardant autour d’elle.

” Oui, tu vas bien ? Tu as réussi ? ”

Sous le couvert des arbres se glisse un jeune hajhira au pelage noir, silencieux et subtil.

” Oui, répond l’enfant en souriant. C’était exactement comme tu me l’avais dit ! Elle hésite soudainement. Enfin... Je crois. En tout cas, je l’ai, et il me semble que personne ne m’ait repéré ! “

L’homme-félin approuve d’un acquiescement et rend son sourire à la fille du vent qui n’en gonfle que plus de fierté. Là, quelque part au fond d’elle, un sentiment familier nait, sentiment qu’elle a depuis qu’elle a rencontré l’hajhira et qui ne va qu’en grandissant. À ses côtés, elle se sent bien, comme si on lui avait redonné une pièce manquante d’un puzzle dont elle ne soupçonnait plus l’existence.


” C’est bien, ainsi nous sommes certains que le nécromancien n’en saura rien. Tu peux me le donner, s’il te plaît ?“

Le ton est de miel, le sourire chaleureux et le regard amical.

” Bien sûr ! Lui répond-t-elle.

Comment pourrait-il en être autrement ?
D’une poche de sa ceinture, la fille du vent sort le rouleau abimé par le temps et le place sans hésitation dans la patte de l’hajhira. Dans le mouvement, ce dernier découvre le pelage de son avant-bras et l’enfant ne peut s’empêcher de demander, innocente et curieuse.

” Qu’est-ce qu’il est arrivé à ton pelage ? Tu es malade ? “

Le poil, luisant sur le reste de son corps apparent, est ici dégarni et abimé ; la peau elle-même semble nécrosée.
D’un geste, la main du nécromancien se referme sur le quatrième parchemin.


Dernière édition par La Fille du Vent le Dim 19 Mar - 18:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Sam 29 Oct - 23:53

Pour les élus



L’ona’shai qui était à l’entrée du temple vint fermer les portes derrière Erwan, le dernier élu que l’oracle attendait. Bien que, la fin du monde était proche, il gardait son calme bien que derrière le vieil homme était inquiet pour l’avenir de Malaggar. L’oracle parla d’une jeune fille oscillant entre la voie de la lumière et de l’ombre, mais nous savions tous qu’elle tardera à trouver son chemin vers le temple. Naïve comme elle était, il fallait envoyer les trois élus sur son chemin afin de la raisonner.

La vieille oracle continuait ses prières et ses avertissements. Des paroles tout à fait conscientes mais exagérées par une onde de folie, ça faisait longtemps que l’oracle servait la déesse Zanory et qu’elle était « enfermée » dans le temple de la lumière. L’ona’shai vint se présenter à eux.

« Maintenant que vous êtes presque au complet. Il est temps de vous expliquer la situation… L’heure est grave. L’oracle a vu un monde dévasté par le chaos et la mort. Un homme commandait une armée qui décimait la population et il avait en main des parchemins avec le sceau des oracles. Ces parchemins appartenaient autrefois à Zanory et notre déesse nous a confié un de ces parchemins afin que nous puissions les garder en lieu sûr.»

L’ona’shai reprit son souffle, il était vieux après tout. Il était déjà assez nerveux à l’idée de confier cette tâche à des inconnus. Il aurait préféré encore la confier à Isilwen Ninquë qui est une draconicienne qui avait peut-être les capacités de vaincre le nécromancien, mais elle se serait faîtes manipuler à cause de sa naïveté. Le vieil homme reprit, sa voix était assez audible pour le comprendre malgré les marmonnements de la vieille dame.

« Malheureusement, des rumeurs circulent qu’un étranger est actuellement en train de les rassembler. Ce qui confirme nos inquiétudes et nos peurs… Vous devez impérativement les retrouver ! Vous êtes ici car l’oracle vous a vu dans sa vision. » Il leva les mains pour chaque individu qu’il citait « Un tog’wall de feu : l’élément destructeur, la clef des maux, une flamme purificatrice marquée par la culpabilité et la honte et enfin la pureté et l’innocence. Malheureusement, cette jeune fille est introuvable, si vous ne la retrouvez pas, votre tâche deviendra très compliquée tout autant que la destinée de Malaggar. »

L’oracle se mit à pousser un cri effroyable comme si on lui tordait le corps. Elle tomba en arrière. L’ona’shai se précipita vers elle afin de la secourir. Elle ne se réveilla pas tout de suite, mais elle respirait encore. L’oracle devait être épuisée, Zanory a dû lui envoyer un tas d’avertissements effroyables sur le sort du monde, si les élus n’intervenaient pas. Des ona’shai sortit de nulle part afin de venir secourir l’oracle épuisée. Le vieil homme sortir un tissu de sa poche afin de s’essuyer le front. Il revint vers les trois élus.

« Malheureusement, nous ne pouvons vous offrir quoi que ce soit de matériel. Une bourse d’écales pour chacun peut-être… mais surtout une reconnaissance absolue de la part des a’ëriths. Vous serez nourri et logé au temple… les oracles pourront vous lire l’avenir tous les jours gratuitement. Vos noms seront inscrits dans l’histoire des a’ëriths ! Vous serez nommé comme les sauveurs de Malaggar ou ceux qui ont pourfendu le nécromancien…. Vous pourrez même choisir vos propres surnoms ! Quoi qu’il en soit… sauvez Malaggar, je vous en prie. Au nom du peuple a’ëriths, nous avons besoin de votre aide. »

Le vieil homme respira un bon coup afin de reprendre son calme. Il sortit un bout de papier de sa manche qu'il gardait précieusement, il la tendit vers le groupe.

« J'ai réussi à trouver l'emplacement d'un parchemin, il se situe au centre de Elmur. Je vous ai fait un plan afin que vous puissiez le trouver, faîtes attention à ne pas créer la panique ! Le parchemin est dans le sous-sol de cette maison, ne perdez surtout pas ce plan, je n'ai pas envie qu'il tombe entre de mauvaises mains. Bon courage à vous et que la déesse Zanory vous protège. »
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Sam 29 Oct - 23:54

Pour la Fille du Vent



« Oh ce n’est rien… c’est une maladie que j’ai depuis tout petit. C’est compliqué à expliquer et nous n’avons pas le temps. Il faut que nous partions vite d’ici. » répondit-il avec un sourire

Le nécromancien cacha le parchemin dans son sac qui contenait déjà trois parchemins. Il souriait, c’était un sourire de satisfaction mêlé à de l’excitation. Il avait hâte de repartir à la chasse, la prochaine destination était un sous-sol de maison dans le centre d’Elmur. Zanory était bien idiote de cacher autant de parchemins au même endroit. De plus, il avait trouvé le parfait pantin : une jeune fille aussi naïve que discrète. C’était un plan parfait, il devait en profiter un maximum d’elle avant qu’elle ne découvre ses réelles intentions. Il en profita pour prendre la jeune fille par la main afin de l’emmener vers Elmur. Sa capuche cachait suffisamment sa tête, il baissait les yeux afin de continuer à lire sa carte. Elle indiquait tous les emplacements des différents parchemins. Il se dépêcha très vite d’effacer ce sourire de satisfaction, bien que la jeune fille était naïve, il ne voulait pas la sous-estimer et compromettre sa mission. Il s’arrêta afin d’indiquer à la jeune fille le prochain emplacement de la cible.

« Nous devons aller ici, pour le prochain parchemin. Ce n’est pas très loin du temple, je pense que nous avons une ou deux heures de marche jusqu’au centre d’Elmur. Malheureusement, c’est le sous-sol d’une habitation. Je pense que tu devras encore essayer de te faufiler… Désolé, j’aurais aimé le faire moi-même mais je ne veux pas risquer de divulguer des informations sans le vouloir au nécromancien. Tu ne m'en veux pas, ma belle ? »
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Sylsiza'an Hrothgar
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mer 2 Nov - 12:08

Entre le troll rôti et l'humain tout aussi paumé que moi, l'aventure promettait d'être longue... très longue. D'autant plus que la tâche me paraissait d'une importance capitale. Un poids immense pour mes épaules si frêles. Expirant longuement, comme résigné à cette nouvelle requête, je me saisis du papier. Les indications y étaient effroyablement confuses. Malaggar et ses espaces forestiers seraient suffisamment immenses pour nous perdre. Que croyait-il ? Que nous étions des guerriers-nés ? Des boussoles ambulantes ?

Enfin ! En y réfléchissant bien, ce "tog'wall" semblait taillé pour les confrontations. Il nous protégerait... et nous empêcherait très certainement d'allumer un feu pour la nuit. Quant à l'humain... je priais intérieurement pour qu'il nous soit d'une quelconque utilité. Après tout, ces deux-là ne devraient pas compter sur moi. Et, en un sens, il me faudrait trouver un moyen de leur faire penser le contraire. Histoire de ne pas me faire éjecter en plein combat... ou pire encore ! Dans un endroit sombre et reculé.

- Je... Nous vous remercions pour l'hospitalité ! Il est clair que vous vous êtes adressés aux bonnes personnes ! N'ayez crainte, nous avons la situation en main !

Mon ton avait beau l'air assuré, j'affichais une expression anxieuse tout comme des genoux tremblotants.

- Bien. Heureux de l'entendre, musicien. L'oracle doit se reposer désormais. Partez et ne tardez pas trop en route... Je ne serais pas surpris si l'étranger en connaissait déjà l'emplacement.

Espérons que non. Ce ne serait qu'une promenade de santé... se faufiler discrètement en des lieux divers, s'emparer d'objets poussiéreux et revenir vite fait bien fait, adulés jusqu'à la fin des temps. Oui, il en serait ainsi. Ou bien... je n'ose y penser.

Inclinant de nouveau la tête, je témoignai une dernière fois de mes respects avant de me diriger vers l'entrée. Arrivé à l'encadrement de la porte, je me figea tout à coup.

- Mh... que diriez-vous de "Sylsiza'an le ténébreux" ? ... Non ? Bon.


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aux entassements d’or, le monde serait plus rempli de joie. »
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mer 2 Nov - 19:39

Saykanel avait besoin de temps pour assimiler les informations.
Des parchemins magiques ayant appartenu à la déesse A'ëriths, dotés d'un grand pouvoir, stockés à différents endroits. Un...Nécromancien occupé à les rassembler, quatre élus dont une manquant à l'appel. Un des parchemins au centre d'Elmur.
Ils avaient donc pour tâche de rassembler les parchemins et de tuer le nécromancien ? Saykanel avait déjà tué un nécromancien sur cet îlot au large d'Aurikann, et participé à la mise à mort de cet autre nécromancien dans le voyage en bateau, alors il ne se sentait pas vraiment tétanisé à l'idée d'en affronter un troisième. Mais comment le trouver ? S'il était en recherche des parchemins, alors il se dirigerait vers cette maison d'Elmur. L'ona'shai n'avait pas indiqué le nombre de parchemins, ni combien pouvaient être en possession de ce nécromancien, ce qui compliquait une tâche déjà rendue difficile par le fait que le groupe ne connaissait l'emplacement que d'un seul.

Saykanel amorça le pas en dehors du temple, silencieux et jaugea ses "camarades". Deux humains qu'il supposa mâle, quoique les cheveux longs du musicien lui aient donnés un doute.
Le musicien s'appelait Sylsiza'an, un nom Nazakhin quoiqu'il était possible que des parents A'ëriths quelque peu excentriques donnent ce genre de nom à leur enfant.

- Ce nécromancien connaît en théorie l'emplacement de tous les parchemins, nous n'en connaissons qu'un seul. La meilleure solution serait d'attendre qu'il vienne s'emparer de ce parchemin et le tuer ou l'appréhender à ce moment. Bien sûr, combattre un nécromancien dans un espace réduit n'est pas idéal. Si nous pressons le pas, nous serons au centre d'Elmur dans une vingtaine de minutes et...

Le tog'wall soupira, il s'était encore mis à réfléchir à haute voix. Une mauvaise habitude qu'il avait prise lorsque son père lui apprenait les bases de la chasse, Xior laissant toujours Saykanel observer les proies et émettre une stratégie.

- Donc je suis Saykanel Rokar, tog'wall. Si vous ne savez pas ce qu'est un tog'wall et bien...Ça se passe d'explications en me voyant.

Mais si le nécromancien avait des alliés ? Le dernier était bien entouré...Chaque mort à proximité du nécromancien, allié ou ennemi, donne une marionnette de plus. Des marionnettes qui ne connaissent ni la douleur ni la fatigue...Il faudrait paralyser ses alliés de manière non-létale. Briser des bras et des jambes. Bien sûr, l'injonction d'éviter la panique limitait les possibilités de Saykanel. Il n'était pas vraiment connu pour sa capacité à se battre discrètement, il y avait toujours des meubles renversés, du sang étalé et des murs cassés.

Saykanel réfléchissait en pressant le pas vers le centre-ville, silencieusement. Il ne fallait pas se voiler la face, c'était une chasse. Les parchemins pouvaient-ils être utilisés contre le nécromancien ? Il fallait probablement un magicien pour cela. Il sortit de son silence.

- Vous avez déjà affronté des nécromanciens ? Il faut comprendre que chaque cadavre devient dangereux près d'un d'entre eux. S'il est accompagné, tuer ses associés est une mauvaise idée, ils n'en deviendraient que plus mortels. Si nous entrons dans une confrontation physique et qu'il a des alliés vivants, brisez leurs jambes et leurs bras, assommez-les mais ne les tuez pas. Quant aux marionnettes, séparez leurs têtes de leurs corps, brûlez les, tranchez leurs membres, rien de moins ne les ralentira.

Il se souvenait avec horreur de ce petit troll qui avait été ramené par la magie de l'hajhira tué en Aurikann...Cette brute épaisse, plus forte que Saykanel mais lente comme un glacier, était devenu un monstre terrifiant. Seul l'incendie d'un meuble l'avait retenu. Le tog'wall avait été obligé de briser la nuque du marionnettiste qui suppliait pour sa vie. Il n'avait pas envie d'être obligé de tuer un ennemi de cette manière mais c'était une nécessité, ses pouvoirs étaient trop dangereux.

Que pouvaient bien faire ces parchemins ? Il était bien sûr évident pour quiconque n'était pas a'ërith que Zanory n'était pas une vraie déesse. Saykanel pensait que c'était une magicienne draconique de l'ancien temps qui, après sa mort, a été vénérée. Mais même s'il avait raison, des parchemins ayant appartenu à une puissante magicienne draconique pouvaient, entre les mains de quelqu'un les comprenant, être dangereux.

Saykanel s'arrêta, la maison se tenait droit devant lui. Un pavillon, habité. Le parchemin avait dû être enterré sous la cave quand ils les avaient pour la première fois dispersé. Une petite famille vivait là. Sous les yeux de Saykanel, un gamin humain jouait avec ce qu'il supposait être son grand frère sous les yeux d'un humain âgé, barbu. Leur père ou leur grand-père, assis sur une chaise dans la pelouse.

- Bon, comment faisons-nous pour qu'ils nous laissent chercher le parchemin ?
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Erwan
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mer 9 Nov - 22:17

Au final, les autres n’ont pas l’air plus au courant que lui, constate Erwan alors que l’ona’shai débite ses explications.  Cependant, la lumière se fait petit à petit. Quelqu’un a entrepris de récupérer les parchemins de Zanory. Quelque part cette histoire fait écho dans la mémoire du jeune homme et, sitôt qu’ils sortent du bâtiment, il s’empresse de sortir de sa besace son carnet de notes, tout en pouffant légèrement de l’ultime réplique de l’autre humain de leur petit groupe.
Le ténébreux, hein ? Pourtant l’expression de son visage et les réactions de son corps ne le placent pas dans le camp de ceux que l’on nommerait « ténébreux ». Dans sa curiosité amusée, le conteur se demande à quel fin ce Sylsiza’an a été embarqué dans cette histoire. Mais après tout, rien n’arrive par hasard. Son air mal à l’aise se déchirera bien en temps voulu, lorsque son rôle dans cette aventure sera mis en lumière. Ou peut-être pas… Quoi qu’il en soit, il peut  en dire autant de lui-même au final.
Pourquoi se retrouve-t-il mêlé à tout ça ? Même si il se sait capable de se défendre si les choses venaient à mal tourner, Erwan ne voit pas comment ses prétentions non-violentes pourraient être d’une quelconque aide. Le troll semble le plus indiqué dans la situation présente. Sauf s’il s’agit de mettre à l’épreuve ses convictions. Après tout, il est aisé d’être non-violent lorsque rien ne se passe, mais le jeune homme n’est pas sûr que le tog’wall adhère à ses convictions lorsqu’ils feront face au nécromancien. Enfin, tout s’éclaircira au moment  venu… Peut-être.

« Enchanté, Erwan, conteur, » répond le jeune homme tout en continuant de feuilleter son carnet, son oreille trainant à l’écoute de ses compagnons d’infortune.

Erwan est sûr d’avoir entendu parler de ces parchemins quelque part, et si c’est le cas, alors il l’a noté dans son carnet. Son regard court sur les lignes écrites en pattes de mouches tandis qu’il secoue la tête pour répondre à la question plus ou moins rhétorique du troll.
En tant que conteur il n’est pas censé s’être déjà frotté  à un nécromancien, et en tant que lame de l’ombre… Eh bien le jeune homme fait toujours en sorte de ne pas se faire repérer lorsqu’il en croise un. Quoi qu’il en soit, le discours du tog’wall met à mal ses volontés de pacifique.  Pourtant Erwan sait que le nécromancien et ses morts-vivants ne s’embarrasseront pas de ce genre d’états d’âmes en cas de confrontation… Encore une fois le destin s’amuse à mettre sur ses pas des situations inextricables. Et il ne parle même pas de cette rencontre avec un tog’wall du même élément que son esprit lié… Décidément, rien n’est simple.

« AH ! lâche-t-il enfin victorieux avant de prendre une expression un peu plus alarmée : Oh… »

Mettant de côté son questionnement intérieur, ses yeux parcourent quelques lignes de plus avant de partager ses découverte avec les autres membres de leur expédition :

« Les parchemins de Zanory… La situation est plus grave que ce qu’elle ne paraît, si l’on en croit une vieille légende. Saykanel, attendre que le nécromancien vienne chercher ce parchemin présente aussi un risque… Il n’est pas nécessaire qu’il les ait tous en sa possession pour commencer sa besogne… »

En quelques mots, le conteur résume la situation à ses acolytes. Rien que six parchemins sont suffisants pour libérer sur leurs terres une armée de créatures obscures.
Mais ont-ils une autre solution ? Courir Thoronir à la suite du nécromancien est le meilleur moyen de ne jamais le trouver. Il ne reste qu’à espérer que le parchemin qu’ils cherchent à récupérer est la prochaine cible, et trouver un moyen d’entrer dans cette maisonnée sans causer la panique.

« Pour ça, j’ai peut-être une idée, lâche Erwan avant de s’avancer vers l’homme assis. Bonjour ! Je crois vous reconnaitre, n’étiez-vous pas présent hier au récit de l’un de mes contes ?
- Bonjour, si, si, nous étions là, très intéressant soit dit en passant !
- Merci beaucoup ! Je me re-présente, Erwan, conteur, et voici – pointant l’humain du doigt – Sylsiza’an, un musicien avec lequel je prépare une collaboration que j’espère fructueuse, et –pointant le troll – Saykanel Rokar, notre garde du corps. Avec les temps qui courent mieux vaut être prêt à tout... Comme tu le sais peut-être, je parcours Thoronir à la recherche de nouvelles histoires à raconter, et il semblerait que le sujet de l’une d’entre elles puisse se trouver dans le sous-sol de ta maison… est-ce que tu nous permettrais... ? Bien évidemment, ton nom serait cité dans cette histoire ! »

Le regard de l’homme hésite entre les trois membres du groupe hétéroclite qui lui faisait face avant de finalement revenir à Erwan.

« Je compte sur vous pour ne rien déranger alors, accepte-t-il finalement, avant de continuer avec humour, dans un clin d’œil : Et n’hésitez pas à me présenter sous mon meilleur jour ! »

Dans un soupir d’effort, l’homme s’extrait de sa chaise avant de les inviter à le suivre. Après un dernier regard  lancé aux deux autres, Erwan lui emboite le pas.
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La Fille du Vent
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Lun 28 Nov - 12:11

Curieuse de nature, l’enfant penche la tête sur le côté en écoutant la réponse de l’homme-félin, observant ses mots comme ses gestes avant de lui retourner son sourire et d’ouvrir la bouche pour continuer la discussion. Mais un contact l’arrête dans son élan. La patte de l’hajhira se referme sur sa main et la fille du vent la regarde avec étonnement, la bouche grande ouverte. Son cœur manque un battement, sa respiration s’arrête un instant. Elle qui n’apprécie pas le contact, celui d’Eïsel réveille pourtant en elle un étrange sentiment de bien-être. Sentiment qui se mue, qui se transforme. Il se teinte des couleurs chaleureuses de la familiarité et de l’amitié, une ombre bienveillante se dessine, veillant sur l’enfant et la baignant dans un calme serein, plein de douceur. Elle n’a qu’une envie : s’y abandonner. Mais une teinte plus sombre vient déchirer le tableau paisible, brisant l’enchantement aussi aisément que des doigts sur des ailes de papillon. Lame de fond charriant tristesse et détresse infinies, le sourire de l’enfant disparait, sa main se retire.  
Instant de silence, arrêt sur image. Les yeux de l’enfant se perdent dans le vide, absorbés par une étrange vision alors que le bleu de ses pupilles prend le gris des tempêtes. La fille du vent se perd dans le labyrinthe embrumé de ses pensées. Là, tout près d’elle, se trouve ce souvenir apaisant, cette ombre bienveillante qui est si longtemps restée à ses côtés. Mais à chaque fois qu’elle s’en approche, sa mémoire s’efface, le souvenir disparait. Tout se dérobe et s’envole, si loin d’elle et pourtant si proche. Il lui suffirait pourtant simplement de pouvoir voler...
À la taille de l’enfant, une poche remue. Sortant la pointe de son museau, le petit animal hume les alentours avant de se glisser avec rapidité le long de ses vêtements pour venir se poser sur les épaules de la fille du vent. Le voile dévoilé, la brume levée, l’enfant porte ses doigts au sommet du crâne du saffralen pour le gratter derrière les oreilles en riant, comme si elle avait déjà oublié. Ce qu’elle a très certainement fait.
L’enfant se tourne enfin vers l’hajhira qui l’observe avec intensité.

” On va où maintenant ? Demande-t-elle en souriant.

Perplexe, l’homme-félin reste un instant statique avant d’enfin lui montrer la carte, lui désignant le prochain point où ils se rendent.

” (...) Tu ne m’en veux pas ma belle ? “

À ses mots, l’enfant tique légèrement. Ma belle... Quelle drôle d’appellation, tiens ! La fille du vent sourit et secoue la tête avec énergie pour lui répondre.

” Pas du tout grand chef, je saurai être aussi discrète que le vent ! “

Et sur ses paroles, la fille du vent s’élance dans la jungle, courant entre les arbres et se faufilant entre les branches, s’extasiant sur les fleurs et insectes rencontrés comme sur ce sol si doux sous ses pieds. Elle rit, s’ébahit et s’épanouit dans cet environnement qui lui plaît tant. À chaque nouvelle rencontre elle pousse un cri, s’en extasie et l’analyse sous toutes ses coutures avant de poser mille et une questions à l’hajhira qui avance derrière elle avec patience.  

Petit à petit, la jungle s’ouvre, laissant place à de petites clairières qui deviennent de plus en plus grandes, jusqu’à ce qu’enfin, un immense arbre finisse par surplomber le paysage, imposant sa majestuosité à des kilomètres à la ronde.
La fille s’arrête, soufflée par le spectacle.

” Waw... C’est là que nous allons ? “
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Lun 28 Nov - 13:11

Pour les élus


Sous les yeux des trois élus s'étendait la cave de cette maison. Un bric-à-brac de meubles inutilisés, de vieux vêtements et de toutes les choses vieilles et inutiles que cette famille a'ërith n'utilisait pas. Où se trouvait le parchemin ? Leurs indications n'étaient pas claires, mais il était dans cette cave. La logique dictait qu'il devait être à un endroit que les propriétaires n'avaient pas remarqué depuis fort longtemps mais ce n'était qu'une manière complexe de dire qu'il faudrait longuement fouiller. Ce qu'ils ignoraient, c'était que pendant qu'ils fouillaient, leur ennemi était très très proche.
Trois armoires rongées par les termites, dont le fond était peut-être faux. Des vieilles commodes aux multiples tiroirs. Des dalles toutes marquées d'un motif différent pour la décoration. Il y avait tant d'endroits où ce parchemin pouvait être caché.
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Lun 28 Nov - 13:13

Pour la Fille du Vent



Eïsel se surprit à sourire devant la candeur de l'enfant et se re-concentra immédiatement sur l'objectif. Il ne pouvait laisser une affection pour cette ravissante idiote se développer. Elle était utile, c'est tout. Discrète et rapide, elle faisait bien le travail mais devrait, à un moment ou à un autre, être éliminée. C'était une nécessité regrettable. Ce serait probablement aussi le cas de ses autres associés moins utiles dans ces circonstances et qui deviendraient complètement inutiles une fois tous les parchemins réunis.
« Oui, c'est ici. Il faut que tu saches une chose. Le nécromancien est un homme très dangereux et je crains qu'Elmur soit déjà peuplée de ses agents, il se pourrait bien que ses agents soient déjà à notre poursuite. Sois vive. Le parchemin se trouve dans le sous-sol d'une maison. Ne parle à personne, entre, prends le parchemin et reviens vers moi avant que les agents du nécromancien ne te remarquent. Quand les parchemins ont été cachés, celui-ci a été posé sous une dalle de marbre blanc marquée de l’œil de Zanory. »

Ainsi le petit duo entra à Elmur, lui drapé sous sa cape, elle émerveillée. Ils étaient à quelques centaines de mètres de la maison quand Eïsel fit signe à la petite de commencer.

« Tu te souviens de tout ce que nous avons dit, n'est-ce pas ? Entre dans les sous-sols, prends le parchemin et va-t-en. »

Eïsel attendit le départ de la fille pour ouvrir son sac et observer les parchemins. Il en avait déjà quatre : Golachab le parchemin du feu, Thamiel le parchemin de la division, Sathariel le parchemin des ombres et Nehemoth le parchemin de la peur. Il restait Gamaliel de la pollution, Samael de la stérilité, Serapel de la haine, Thagirion des larmes, Gamchicoth du dévoreur et dans cette maison se trouvait Chaigidel, le parchemin du vide et de la confusion. Le travail avait été bien fait lors de la création et de la dispersion des parchemins. Ils étaient tout simplement inutilisables individuellement. Mais encore deux, et il en aurait six. Six parchemins et son pouvoir serait démultiplié.

Pour autant qu'Eïsel était irrité par la petite, il détestait ces moments de solitude. Être laissé seul avec lui-même le poussait à l'introspection et il avait besoin de se distraire pour éviter les pensées inutiles. Regarder et mémoriser la carte, décider quel parchemin sera le suivant, prévoir les actions à prendre au cas improbable où les oracles auraient eu une vision de ses plans et...

« Il se passait quoi au temple ce matin ?
- Une oracle est devenue folle à ce qu'on dit. La déesse lui aurait envoyé une vision d'horreur, un futur terrible. »

Il se tourna pour voir les deux amis passer devant lui sans le remarquer et continuer leur chemin. Puis il se frotta mit sa tête dans ses mains pour dire, à mi voix :
« Et mer... »
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Sylsiza'an Hrothgar
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Jeu 22 Déc - 17:32

Plus mes compagnons détaillaient la situation et plus le sol semblait se dérober sous mes pieds. Une trappe invisible, m'engouffrant tout droit vers les abysses de la peur. Un nécromancien, des marionnettes infatigables, des parchemins ayant la capacité de déferler un pouvoir incommensurable... Cela ne présageait rien de bon. Outre le tog'wall, je ne me sentais aucunement en sécurité. Après tout, l'ennemi pouvait débouler à tout instant, cherchant autre chose qu'une tasse de thé : il enverrait ses amis squelettes ou morts-vivants nous anéantir en un claquement de doigt.

Rapidement, je me remémorais les célèbres contes et légendes horrifiques, décrivant avec une précision saisissante l'apparence morbide de ces soldats de la Mort. Ainsi me retrouvai-je devant cette petite maison a'ërith, dans laquelle Erwan réussit à nous engouffrer astucieusement. Je plaignis le vieil homme et sa famille... même en mettant la main sur ce parchemin, nous ne pourrions lui épargner la venue du nécromancien.

Une fois les quelques marches dévalées, nous nous retrouvâmes dans un taudis tel que je regrettai le capharnaüm de mon atelier. Tant d'objets à déplacer, de meubles à farfouiller ! Cela nous prendrait l'éternité et le temps se jouait de nous. Les recherches débutèrent et épuisèrent bien vite ma foi en notre réussite.

- Alors, je récapitule... un fou furieux nous colle aux bottes, prêt à nous lancer des sorts à tout va. Et nous... nous devons chercher un vieux papier dans cette mine à babioles ? Très bien... cela s'annonce particulièrement... palp... palpitant.

Je sentis deux regards se poser sur moi, comme pour me défier de les abandonner lâchement. J'étais ou disons... suis un froussard. Ce n'est une nouveauté pour personne. Cela dit, je suis un froussard sensé et je sais quand la situation joue en notre défaveur. En pareille situation, elle jouait CLAIREMENT en notre défaveur !

- Mes amis, ne me jugez pas... Je m'apprête à faire quelque chose dont PERSONNE, je dis bien PERSONNE ne pourrait se douter ! Je...

Reculant sur les dalles décorées, l'une d'entre elles s'effondra si rapidement, que mon pied se retrouva piégé et mon corps, lui, étalé de tout son long sur le sol glacé. A demi-assommé, je pus néanmoins sentir un vieux coffre de bois, scellé d'une chaîne métallique.

- ... nous ai dégoté ce pour quoi nous sommes venus, fis-je avant de perdre brièvement connaissance.


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Erwan
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mar 28 Fév - 7:17

Spoiler:
 

Passés les couloirs étroits de la maison, une cave s’étend devant eux. Une grande cave. Remplie de coins et de recoins… Et d’encore plus de recoins. Erwan soupire. Combien de temps va-t-il leur falloir pour tout fouiller ? Ce temps qui leur manque, qui joue même contre eux alors que le nécromancien accroît son pouvoir à chaque instant.
Un soupir échappe ses lèvres. Un bref instant avant que le barde ne prenne la parole. Ses mots sont hésitants, pourtant cette même hésitation, teintée de peur peut-être – sûrement, éclaire leur situation de la lumière crue de l’évidence. Cette histoire ne tourne pas en leur faveur. Pourtant que pourraient-ils faire ? Abandonner ? Lorsque ses yeux calmes se posent sur Sylsiza’an, Erwan se doute de ce que leur compagnon va leur annoncer. Quelque part il le comprend.
Pour autant, s’ils ne tentent rien, l’horreur qui s’abattra sur Thoronir ne les épargnera pas longtemps. Autant mourir maintenant, en ayant tenté quelque chose, que plus tard, terré dans un recoin et la peur au ventre. Malgré tout, c’est à chacun, en son for intérieur de faire son choix. Aussi, le conteur ne se permet pas de juger son compagnon d’infortune.  Il attend simplement que…
Les yeux écarquillés par la surprise, le jeune homme voit Sylsiza’an basculer, un claquement retentissant dans la cave. Suit l’impact du choc –non moins retentissant – de son corps sur les dalles.

« Non mais vous vous moquez de moi !!! commence à s’indigner le propriétaire. Vous…
- Ne vous en faîtes pas, l’interrompt prestement Erwan. Allez expliquer la situation au temple, ils vous paieront les réparations. »

Un léger sourire effleure ses lèvres. Après tout, il n’y a aucune raison qu’ils soient les seuls à pâtir de cette quête, non ? Se rappelant soudainement Sylsiza’an, Erwan se met à grimacer. Sa chute était tout de même d’une certaine violence, et le barde est depuis étrangement immobile et silencieux… Le jeune homme s’approche doucement, se retenant néanmoins de rire au souvenir du changement de propos du barde. Rapidement, il vérifie que leur compagnon se porte bien malgré son évanouissement. Quelque peu soulagée, la Lame se tourne alors vers le pied avalé par la dalle brisée. Sous la chausse se dessinent les contours d’un coffre en bois, fermé par de solides chaînes. Malgré leur ancienneté, aussi bien le coffre que la chaine ont l’air d’être dans un état impeccable, comme si le temps et l’usure n’avaient aucune prise sur eux.

« Il semblerait que notre infortuné compagnon ait raison, lance-t-il enfin à Saykanel. Il y a un coffre dans ce trou. – puis s’adressant à leur hôte – Je suppose qu’il n’est pas à toi et que tu n’étais même pas au courant de son existence ? »

Un symbole semblait être gravé sur le marbre, mais l’état de la pierre ne permet plus de savoir de quoi il s’agissait. Dégageant le pied de Sylsiza’an, le conteur finit d’ouvrir le trou avec prudence. A l’affût, il cherche toute trace des pièges qui auraient pu être installés autour du parchemin. Etonnamment, rien ne semble protéger la relique. Avec précaution, Erwan extrait le coffre de son réceptacle. Le bois est lourd entre ses mains, massif. La chaine, quant à elle, ne semble pas avoir de fin. Aucun cadenas pour en maintenir les deux extrémités. Avait-elle été forgée directement autour du coffre ? A bien y regarder, le coffre non plus semble ne pas avoir d’ouverture, comme s’il s’agissait d’un bloc de bois brut. Pour autant, le secouer légèrement fait résonner le bruit d’un contenu heurtant les parois.

« Etrange… »

Soudain, un bruit. Léger. Presque imperceptible. Un barrissement de trompette pour qui sait écouter.  Se redressant, Erwan se place aux côtés de Saykanel, fourre le coffre entre ses grosses pattes.

« Nous ne sommes pas seul, murmure-t-il, avant de continuer plus fort, son regard balayant la cave : Je sais que tu es là. Sors ! »

Ses sens s'affine à l'extrême, son corps, prêt à réagir. Le nécromancien, déjà… ?


Dernière édition par Erwan le Mar 28 Fév - 12:34, édité 1 fois
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mar 28 Fév - 11:40

Un malaise avait commencé à s'emparer de Saykanel. Une douleur interne, comme une nausée mais une nausée qui s'étendait à l'intégralité du corps, non simplement à l'estomac. Il restait inattentif au barde qui avait fait une chute ridicule, inattentif à l'autre déterrant un coffret.
Il ne prêta pas plus d'attention au propriétaire des lieux.
Quand Erwan commença à entendre des voix ce fut trop pour le troll. Bien trop. La douleur, le malaise, le gagnait. Il avait entendu du bruit, du bruit ! Et il paniquait comme une enfant effarouchée.

« C'est sûrement un rat. Il faut que je sorte. »

Il courut vers les escaliers pour échapper à l'impression que quelque chose broyait son crâne. Mais ça ne faisait qu'empirer.
Il arriva à l'extérieur, tentant de respirer. Posant sa patte contre un arbre et remplissant ses poumons d'un air qu'il sentait infect et corrompu, le troll regarda autour de lui comme un animal nerveux.
Un groupe de passants, deux jeunes hajhiras, un hajhira plus âgé seul, un animal...
L'hajhira seul, à la fourrure noire et encapuchonné, semblait le regarder. Normal, après tout. Saykanel était un phénomène de foire.
Mais quelque chose semblait dérangeant chez lui. Ses yeux étaient trop rouges, sa fourrure trop...
Un instinct ancestral se déclenchait chez le troll.
Danger, magie.
Il avança de quelques pas, sur une intuition.
« Dites, vous... »
D'un coup, il vit l'homme lâcher un objet qu'il tenait en main et sortir de son sac deux longs parchemins. Dont un particulièrement dérangeant.

« Omidaea Medulla Makat Miau Takat Blass »
Avant qu'il ait le temps de finir, le tog'wall chargea... Et fut intercepté dans son élan par un coup de masse dans le ventre. La douleur ne le rendait que plus énervé.
Face à lui, comme sortant de nulle part, deux créatures vaguement humanoïdes. Plus petites que lui mais plus grandes que n'importe quel humain.
Elles portaient des armures rudimentaires et des massues.

« Tuez le troll. »

Saykanel jeta un regard de haine envers le nécromancien en se précipitant vers ses deux adversaires. Ce n'était pas un combat comme il en avait vécu à Aurikann. Il était bien nourri et reposé cette fois. Certains idiots croyaient que les trolls étaient en réalité des créatures paisibles, ce n'était pas le cas de la famille Rokar et surtout pas de Saykanel. Il avait été conçu et élevé par l'une des brutes les plus redoutables des terres du nord, il ne craignait pas...
D'un coup, l'horreur. D'un coup la perte de contrôle.
Les observateurs extérieurs avaient vu l'hajhira finir de réciter une incantation en combinant deux des parchemins qu'il tenait et ces mêmes observateurs extérieurs avaient vu le regard du nécromancien. Un regard qui voulait dire "Ce n'est pas du tout ce que je prévoyais". Car le troll venait de dégager une colonne de flamme.
On découvrira bien plus tard que le troll venait de perdre le contrôle de ses actions. Qu'il se battait comme un fou. Les événements sont peu clairs mais, en une fraction de secondes, les masses des n'yrs avaient pris feu. Ils avaient été obligés de les lâcher et de rentrer dans un combat à mains nues contre le tog'wall.
Quelques secondes plus tard, le tog'wall avait décidé de changer d'opposant et baissa la tête pour charger à coup de cornes l'hajhira.
Celui-ci aurait eu le temps d'invoquer une créature volante qui le mit hors de portée et commença à réciter d'autres incantations avec ses parchemins.
Là, le troll se serait effondré à terre après avoir poussé un hurlement d'horreur.
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La Fille du Vent
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mar 28 Mar - 12:01

L’enfant, les yeux pétillants et un sourire immense érigée à ses lèvres, contemple avec émerveillement l’architecture des bâtiments l’environnant. Fascinée, ses yeux suivent les tours et les détours des sculptures, les courbes du minéral qui flirte avec le végétal, l’élégance sans pareille d’une alliance éternelle. L’austérité colorée du désert a laissé place aux virevoltant entrelacs du bois et l’ocre de la terre s’est fait remplacer par les mille couleurs de la pierre. Quelle joie pour notre jeune fille qui en reste sans voix !

”Tu te souviens de ce que nous avons dit, n’est-ce pas ?”

Arrachée à ses rêveries par une voix douce et grave, l’enfant est ramenée à son corps de façon brutale. Elle cligne de ses yeux comme pour se réveiller et, après un temps, les pose sur l’hajhira qui marche à ses côtés.

”Euh... Oui, oui, répond-elle, l’air quelque peu perdue. Je trouve le parchemin et je reviens. ”

Le nécromancien acquiesce lentement, comme hésitant, et lui désigne du doigt la maison.

”N’oublie pas, il est sous la dalle gravée de l’œil de Zanory. Et ne te fais voir par personne! Maintenant, va.”


L’enfant acquiesce à son tour, lance un sourire lumineux à son compagnon de voyage et s’élance prestement. Pour lui, elle accomplira sa mission. Pour lui, elle ferait n’importe quoi. Même si elle ne sait pas vraiment pourquoi.

D’un pas leste et léger, la fille du vent se glisse parmi les passants. Bien rapidement, elle se tapit dans l’ombre de la maison indiquée. Jetant un œil discret par une fenêtre ouverte, elle calcule rapidement le trajet qu’elle doit y effectuer. Il n’y a pas beaucoup d’obstacles, et les endroits où elle peut se cacher sont nombreux. Elle sourit. Un véritable jeu d’enfant !

Sa main effleure d’une caresse le rebord, ses jambes passent sans bruit par-dessus bord. Elle atterrit en silence de l’autre côté et s’élance avec vivacité dans un coin du salon. À sa droite, des bruits de vaisselle s’entrechoquant attestent de l’activité des habitants. Ailleurs, plus lointains, des sons étouffés lui parviennent également. Le raclement d’un meuble que l’on déplace, le bruit sourd et lourd d’un objet posé, le soupir d’un dur labeur qui monte des profondeurs... Furtive et agile, l’enfant se faufile jusqu’à une porte laissée ouverte. Là, après quelques marches poussiéreuses, s’étend une cave qui l’est plus encore. Le sol est jonché de toutes sortes de trésors s’élevant en des tours branlantes dans l’air humide et pesant. Les murs sont tapis d’armoires bancales et la salle est éclairée de la lumière tremblotante de quelques klikeths répartis dans chaque coin. À cette faible lueur, quatre personnes s’affairent, trois humains et un troll. Que font-ils? Ils ne semblent que brasser la poussière. Pourtant, en elle, le doute s’insinue, une intuition naît. Et s’ils étaient venus récupérer le parchemin pour le nécromancien..? Le visage de l’enfant prend les couleurs de l’indignation et de la détermination. Elle ne les laissera pas faire !

Cependant, et malgré l’animosité soudaine qui l’anime, l’enfant ne peut s’empêcher d’ouvrir la bouche en un cri silencieux alors que l’un des hommes trébuche et tombe sur le sol. Sans faire vraiment attention à si on la voit ou non, trop absorbée par la scène, la tête de l’enfant dépasse de plus en plus par l’entrebâillement de la porte alors que son bras reste tendu dans un geste inutile, volonté d’aider futile. Elle se penche plus encore alors que les personnes se rassemblent autour de ce qui semble être un coffret en bois... Les yeux de la fille s’écarquillent : ils ont trouvé le parchemin ! De surprise, l’enfant recule et se cogne à la porte. Étouffant un juron, elle place ses mains sur sa bouche pour couvrir sa respiration qui s’est soudainement accélérée sous l’effet de la douleur et se tapit derrière la porte repliée contre le mur, affolée. Quelle idiote !
Mais l’enfant n’a pas le loisir de s’attarder plus longtemps sur sa tête lancinante ainsi que sa bêtise immanente. Une voix monte de la cave, grave et inébranlable, l’arguant à se dévoiler. Son cœur s’arrête un instant. Immobile, devenue statue figée, seules ses pupilles tremblent dans ses yeux qui ont perdu l’éclat des cieux. L’enfant panique, ne sait pas quoi faire. Alors elle reste là, tremblante et paralysée. Stupide. Complètement stupide.

Ce sont le bruit d’un choc sourd sur les dalles suivi des pas lourds et pesants du troll qui ramènent l’enfant à l’instant présent. Se jetant contre le mur de sorte à éviter la porte qui manque de sortir de ses gonds à l’impulsion du géant, la fille du vent reste choquée quelques secondes avant de se décider à agir. D’un œil vif, elle étudie la scène aux pieds des escaliers à travers le trait fin séparant la porte du mur. Le coffre de bois contenant le parchemin repose sur le sol, tandis que les trois humains restants semblent comme en suspens. Tout comme le vent. Ici, il semble figé. Lourd et humide. L’enfant, comme lui, a du mal à respirer. Elle ne se sent pas bien, sa cage thoracique écrasée par un poids invisible qui l’étouffe et l’emprisonne. Se sentant envahie par un sentiment grandissant d’enfermement que lui souffle le vent, la fille tente de repousser la panique qui tente de la submerger. Il lui faut agir rapidement et efficacement si elle ne veut pas se laisser emporter par le tourbillon de ses sentiments.
Alors, elle se met en mouvement.

Ses doigts viennent chercher l’air frais qui caresse le salon à travers la fenêtre ouverte. Le vent danse un instant dans la pièce, virevolte avec un mouton de poussière qu’il laisse voltiger dans l’air avant de venir caresser le visage de l’enfant. Dans un sourire, celle-ci l’accueille en son cœur avant de le libérer, les yeux pétillants. Le vent s’engouffre précipitamment dans la cave encombrée, sifflant sur les tours branlantes, soufflant sur les lampes contenant les klikeths. Et les unes tombent sur les autres. Et les autres tombent sur le sol. La lumière, déjà faible dans la cave, tend à disparaître dans un nuage de poussière et recouverte d’objets divers.
L’enfant s’élance.
C’est maintenant ou jamais.

Spoiler:
 


Je suis la chieuse en chef du forum.
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Je suis idiote comme pas permis.
(Et je remercie Sayka-chou pour ce joli message d'amour! )
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Mer 29 Mar - 0:59

Pour tous



Et c'est ainsi que tout semblait s'écrouler pour Eïsel. Une prophétesse, une de ces maudites femelles, avait vu à travers ses plans. Si c'était bien la déesse Zanory qui leur envoyait ces prophéties, il souhaitait lui cracher au visage. Il recalculait les choses... Il fallait qu'il convoque les quatre autres, qu'il les envoie s'emparer des parchemins, séparément, rapidement. Il suffisait de six ! Six parchemins et ce serait bon. Si deux de ses cinq agents revenaient victorieux, il pourrait utiliser les parchemins pour...
« Dites, vous... »
Un troll ? Pire. Un tog'wall.
L'esprit d'Eïsel avait une faiblesse, il tendait à l'apophénie. La tendance à voir des connections là où aucune n'existait. Quand il vit ce troll, quand il vit les cristaux rouges sortant de son dos, ses cornes ardentes et ses griffes, il comprit que c'était un tog'wall, bien qu'il n'en ait jamais vu qu'un seul, bien différent. Jusque-là il avait raison. Là où Eïsel se trompait, c'est quand il crut que ce tog'wall connaissait la vérité. Qu'il connaissait les origines des parchemins, qu'il était venu pour lui. Son esprit s'emballa, voyant un plan ennemi là où il n'y en avait guère.
Instinctivement, il sortit Golachab et Thamiel. Golachab parce que le parchemin des flammes aurait forcément un effet sur une créature de feu, Thamiel par instinct. Parce que c'était le parchemin qu'il avait le plus étudié.
Utiliser deux parchemins de concert n'était guère idéal, mais ils pouvaient créer un sortilège simple et efficace et... Le troll lui fonçait dessus. Golachab avait un bien plus grand effet sur le tog'wall que ce qu'Eïsel avait anticipé.

Les événements s'étaient enchaînés. Obligé d'invoquer deux soldats Ny'rs et un griffon du cauchemar, Eïsel se rendait compte que c'était le moment de sonner la retraite. Il dirigea son griffon vers le sud et...
La fille.
Elle en savait trop, si elle était prise, elle serait un danger. Eïsel décida de prendre un maximum d'altitude pour avoir le champ libre et étendit son esprit vers le monde onirique. Il lui fallait quelque chose de rapide, discret et décisif.
Le jel'gari se matérialisa à ses côtés. Masqué, long, silencieux, flottant dans les airs, drapé de robes ornées et impossibles.

« Ta tâche est de retrouver cette jeune fille. De l'amener à une quarantaine de kilomètres à l'est de la ville, près de l'akuphili. Je t'y retrouverai. »

Et Eïsel de partir sur sa monture de cauchemar, sans même se rendre compte que, dans la précipitation, il avait laissé tomber sa carte de l'emplacement des parchemins. Il fallait qu'il retourne au vieux manoir, qu'il fasse convoquer les autres et les envoie chacun s'emparer d'un parchemin tandis qu'il étudierait avec plus de détail ceux dont il disposait.
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Erwan
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]   Sam 15 Avr - 12:00

Ironie de la chose, un esprit tendant au pacifisme, un corps trop entraîné pour ne pas réagir aux signes de dangers environnants. Ou un esprit trop faible. Cette pensée amère tourne dans la tête d’Erwan tandis que ses sens se focalisent sur son environnement. Que son regard s’écarquille alors que le coffre tombe comme une masse au sol.
« Qu’est-ce que… », commence Erwan alors que le troll lâche le but de leurs recherches et s’enfuit en courant.
Quelle mouche le pique  donc ? Mais le temps de comprendre lui manque. A l’immobilisme qui suit les situations anormales se succèdent trop d’évènements. Tout d’abord, un souffle. Un souffle de vent puissant qui vient balayer la pièce, remplacer l’air lourd de la cave par celui, frais et gorgé de soleil, de l’extérieur. Un souffle qui fait tomber leurs sources de lumières, plongeant la scène dans l’obscurité. L’ennemi ? Une fois encore, le temps d’analyser ne lui est pas laissé.
Une sensation s’éveille en lui. Désagréable. Redoutée. Ses dents se serrent pour reprendre le contrôle mais tout s’emballe, comme soumis à une force extérieure bien trop forte. Un cri échappe à sa gorge. Déchirant. Effrayé.
La pièce s’illumine soudainement dans une explosion de flammes incontrôlées. Un rugissement dévorant, cri de jubilation d’un esprit lié trop longtemps contenu. Le contenu inflammable de la pièce prend feu instantanément, réduit en poussière en quelques instants. Les soutènements de la maison grincent, appels à l’aide de supports qui peinent de plus en plus à soutenir leur charge.

Au milieu de ce chaos, le regard horrifié d’un homme. Dans ses yeux, le passé se superpose au présent. Une mer de flammes et de destruction hors de tout contrôle. Des cris, des hurlements. Dans ses narines, l’odeur de la chair carbonisée se fait sentir. Obsédante, entêtante. Des cris résonnent à ses oreilles. L’écho de voix chéries prenant l’accent de la douleur, dernier souvenir qu’il n’en aura jamais.

Le voile se déchire, ses yeux se rouvrent sur le présent. Par un effort monumental de volonté, Erwan parvient à dompter son esprit lié. Les flammes s’éteignent en un instant, comme si jamais elles ne s’étaient déchainées. Ne restent que quelques foyers épars, tous justes suffisants pour éclairer la pièce. Combien de temps a-t-il perdu le contrôle ? Sa respiration est rapide, haletante alors que ses yeux s’habituent à l’obscurité.
Où que ses yeux se posent, le noir du brûlé. La maison grince, proteste contre le traitement qu’elle vient de subir, ne tenant encore qu’à grandes peines. L’horreur l’envahit. Vague déchirante qui brouille ses sens. Sa tête se met à tourner alors que ses jambes flanchent sous lui. Le coffre à ses côtés, lui, semble intact. Protégé par magie, sûrement. Ce n’est pas le cas des personnes qui se trouvaient dans la pièce. A contrecœur son regard se dirige vers Sylsiza’an. Son souffle est erratique. Il sait ce qu’il va trouver au bout du chemin. Il ne veut pas le voir, mais il le doit.
« »
Surprise. Ses yeux s’écarquillent.
« Qu’est-ce que… ?! »
Indemne, Sylsiza’an gît toujours au sol. Peut-être un peu moins vêtu qu’avant. Comme si ses flammes, dans leur folie destructrice, avaient évité la chair. Atterré, son regard cherche confirmation, se pose sur le propriétaire de la maison. Le visage hagard, celui-ci regarde avec horreur ce qu’il reste de sa cave, ses bras se levant par saccades avant de retomber le long de son corps. Une nouvelle fois, seule une bonne partie de ses vêtements semble avoir brûlée, épargnant l’homme les portant. Se peut-il qu’il ait inconsciemment réussi à protéger les êtres vivants qui l’entouraient ? Erwan ne parvient pas à croire ce qu’il voit. C’est tout bonnement impossible.
A moins qu’il n’ait enfin sombré dans la démence. Que tout ne soit qu’illusion.
Non, à vrai dire il ne se sent pas particulièrement fou. Un fou sait-il qu’il est fou ?
« Est-ce que je suis fou ? »
A qui pose-t-il sa question ? Justement, bonne question. Peut-être à lui-même. Un rire presque hystérique sort de sa gorge.
Pourtant, ce n’est pas le moment. Son esprit égaré se recentre sur la situation, son rire s’arrête. Un peu trop vite peut-être.  Juste avant que ses flammes ne se déchainent, l’ennemi était proche. D’un bon, il se redresse, ses yeux cherchant le coffre. Zanory fasse qu’il n’ait pas repris ses esprits trop tard !
Encore une fois, le destin en décide autrement. Brusquement Erwan s’immobilise, un long frisson remontant le long de sa colonne vertébrale. Plus étrange encore, son esprit lié marque une réaction jamais vue.  Une créature de cauchemar vient d’entrer dans la pièce.

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Les parchemins de Zanory [ft. Saykanel, Erwan et Fille]
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