Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)

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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mar 28 Juin - 16:30

-SERREZ AUX MONTURES !

-En groupe ! Contre le vent ! Tenez bon !!!

-Les personnes légères au milieux ! Raquettes au pied, tout le monde !

-Protégez le matériel !

La neige tourbillonnait, dansait, mortelle et mordante de froid, de dureté. Lame blafarde surgissant de l'univers laiteux les entourant, elle faisait mugir montures et gens qui, rassemblés en amas de courage, bataillait fébrilement contre la tempête. Les ordres fusaient, la plupart partaient se perdre dans les vents violents qui jouaient avec leur vies. Lui, le Chat contre eux, les Souris. Le blizzard était si fort que la sueur qui avait le malheur de s'égarer en dehors des lainages cristallisait sur la peau et que les larmes de ceux qui  se voyaient déjà morts laissaient des traces gelées.

Autours du groupe, les plus grands et lourds des humains, hajhiras et trolls tentaient tant bien que mal de protéger les autres. Le guide, suivant le meneur à la trace ne semblait pas jouasse. Il avait annoncé la tempête une heure auparavant, sachant déjà que rejoindre le moindre endroit susceptible d’accueillir les abris anti-tempête et de les monter serait impossible en si peu de temps. Et, en admettant qu'ils trouvent une zones favorable, tout ce qu'ils risquaient c'était d'être emporté par les toiles en essayant de mettre en place un camp. L'objectif était, pour l'heure, de trouver un surplomb rocheux et de s'y abriter.

Faisant se faufiler sa monture parmi les marcheurs, l'encourageant du mieux qu'elle le pouvait à grand renfort de mot doux et de caresse, Lia se rapprochait du peloton de tête. Sur le côté de sa selle pendait un petit réchaud portatif qui fonctionnait à plein régime et, fixé à celui-ci, un petit récipient dans lequel bouillait un liquide. Elle en tira une grosse cuillère qu'elle transvasa dans une bouteille, tapotant sur l'épaule de l'hajhira qu'elle avait rejoint.

-Bière chaude aux épices camarade ! Pour te tenir chaud.

Lorsqu'il eu bu, elle rechargea l'espèce de petite casserole en bière ajouta d'autres ingrédients de son cru et recommença son manège, allant de brave en brave. Elle scandait des paroles de réconfort, tapotait sur l'épaule de ceux qui peinaient, ignorant le froid qui commençait à pénétrer ses os et l'humidité s'invitant dans son manteau. Ne pas les laisser s'abattre et pour cela ne surtout pas s'abattre soit même. Il sortirait vivant de se merdier, quitte à mettre un trivos entier à s'en remettre.

Le petit bout de femme souriait à tout ceux qu'elle croisait, leur intimant le courage et la volonté leur assurant qu'une fois qu'ils auraient survécu à ça plus rien de pourrait les tuer mais même elle commençait à douter. Elle se mit quelques claques mentales, secouant la tête.

A côté d'elle, un jeune homme s'écroula de fatigue, tremblant. Elle sauta à terre, s'enfonçant jusqu'à la taille.

-A l'aide ! Aidez moi à le hisser !


Une trolle prit doucement le pauvre gars, le plaçant sur la monture de Lia avant de soulever la Galbuk et de la placer derrière lui. La luthier fouilla ses affaires, sortant une couverture pour la placer sur les épaules du jeune type. Merde...

-Aller mon gars... Aller... Tiens le coup, on va finir par le trouver ce promontoire rocheux de mon cul !

A ce niveau là, s'ils s'en sortaient ça relevait de l'exploit.


Dernière édition par Lia Chante-Clair le Jeu 29 Déc - 16:12, édité 1 fois
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mar 28 Juin - 17:51

Saykanel continuait son périple à travers Aurikann. Eviter les routes normales, avancer rapidement, trouver sa propre nourriture...Tout ceci devenait réellement lassant. Néanmoins, au fur et à mesure des rencontres et du voyage, il s'était retrouvé finalement près de la vieille demeure familiale. Encore quelques heures de voyage et il pouvait l'atteindre, retrouver son frère, ses deux demi-soeurs, son demi-frère et son père.
Il n'avait vraiment pas envie de voir ce dernier et priait silencieusement qu'il serait en train de chasser.
Quoiqu'il en soit, alors qu'il avançait dans les montagnes qui l'avaient vu grandir, il fut surpris comme un idiot par quelque chose qu'il aurait dû être capable d'éviter. Une tempête de neige.
Tu es le fils de Xior Rokar, tu sais reconnaître les tempêtes. Tu as baissé ta garde, imbécile.
Le fils de Xior surpris par une tempête de neige...Il se sentait humilié par les éléments.
Est-il possible que tout ce qui m'est arrivé depuis le jour maudit où j'ai rencontré Marn était en réalité une plaisanterie de mauvais goût de la part des dieux ?
Il entreprit de chercher un abri envers les éléments. La tempête ne durerait que quelques heures en théorie.
Alors qu'il errait sur le sol rocheux il vit un spectacle étrange. Un groupe surpris par la tempête. Il avait du mal à compter le nombre, la brume limitant sévèrement sa vision mais il entendait les ordres.
Peux survivre à la tempête, ils ne peuvent pas. Inutile de s'en préoccuper. Les faibles meurent tués par l'hiver, loi de la nature. Hors de question que je les abandonne à leur sort, il doit y avoir un moyen quelconque de les aider.
Il y avait bien une petite grotte derrière lui, mais elle était remplie par la neige et probablement trop petite pour accueillir les montures.
A moins que...
Le groupe était en dessous de lui, il devrait descendre une pente escarpée pour les atteindre, un chemin beaucoup plus dangereux en descente qu'en montée.
Sentir le pouvoir. Le pouvoir est partout. La magie a besoin d'un maître. Les éléments ont besoin d'un maître. Seuls les idiots séparent les éléments, il n'y a qu'un seul et unique élément. Le bois est produit de la terre et de l'eau, l'air se déplace par la chaleur de la flamme...Et la pierre est forgée par le feu.
Il entreprit de se diriger vers le trou rempli de neige qu'il avait vu. Il se tint debout sur cette neige et ferma les yeux.
Il prit feu. Violemment. Brutalement. Un phare s'élevait désormais sur cette montagne Aurikannienne, des flammes rouges, oranges et bleues affrontaient la neige.
Peu à peu, son corps s'enfonçait dans la montagne, à travers la neige.
Autour de lui se tenait une petite grotte, une cavité, le genre d'endroit si petit que sa seule utilité serait de permettre à une femelle Skura solitaire de mettre bas.
Le pouvoir n'est rien, la volonté est tout.
Saykanel vit le sang de la terre autour de lui et en-dessous de lui. Des veines où ce sang se déplaçait, donnait vie et mort.
Il n'avait qu'à percer la veine et le sang de la terre ouvrirait la montagne, permettrait au réseau de grottes en dessous de la montagne de s'ouvrir, d'accueillir les voyageurs.
Il suffisait juste d'une explosion.

De l'extérieur, quelque chose d'ahurissant se produisait. D'abord, à environ une douzaine de mètres au dessus et devant nos voyageurs, une lumière gigantesque avait percé la nuit.
Ensuite, peu à peu, la neige sur la pente fondait progressivement et ils durent s'accrocher, pour les plus petits d'entre eux, afin de ne pas être déséquilibré par l'eau qui coulait désormais.
Puis la roche devant eux se mit à rougir.
Certains eurent le temps de crier. Des ordres de se mettre à couvert, de s'éloigner.
Ce temps fut salvateur lorsqu'une explosion se fit sentir, envoyant des débris de roche surchauffée à travers le paysage.
Quand ils levèrent les yeux le froid avait repris ses droits et la tempête bâtait de plus belle mais devant eux se tenait une grotte. Une énorme grotte, profonde, allant jusqu'au centre de la montagne et dont l'entrée faisait bien trois mètres de hauteur pour six ou sept de largeur.
Et une voix sortait de la grotte, résonnant dans les parois.

« Entrez rapidement. Ce refuge tiendra peu de temps. »
Saykanel avait usé toutes ses forces, ses muscles agonisaient, son esprit se contorsionnait de douleur et il n'était plus bon qu'à ramper. Il ne prit même pas le temps de regarder ses interlocuteurs.
« Dans moins d'une demi heure, cet endroit s'effondrera et créera une avalanche cumulée à un éboulement. Si vous ne voulez pas que nous mourrions tous vous utiliserez ce temps pour vous préparer à prendre le chemin plein est pendant trois heures. Plusieurs petites cabanes se tiendront dans un creux protégé de la tempête. »
Il entreprit de lever la tête mais ne put rien faire, la douleur était trop grande.
Il ne put garder les yeux ouverts, ne put résister au sommeil. Ses dernières pensées furent un simple espoir, l'espoir de ne pas avoir possiblement sacrifié sa vie pour des imbéciles.
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mar 28 Juin - 21:25

Le chuintement strident du vent sur les hauteurs fit place au fracas de la terre qui se rompt violemment. Lia leva la tête, découvrant un brasier semblable au feu placé dans la gueule des dragons par les légendes. La terre en fut secouée et la neige, soudainement embrasé, partie en rivière torrentielle.

La galbuk enleva prestement son écharpe, couvrant les yeux de sa monture pour l'empêcher de paniquer, se couchant sur le blessé pour qu'il ne soit pas emporté par les flots glacés, respirant avec difficulté alors que le torrent rentrait en contact avec son petit torse. On luttait pour monter contre le ruisseau naissant et, lorsque la roche devint rouge, on lutta pour se mettre à l’abri sous les injonction des responsable et des plus censés.

Pataugeant dans un mélange de boue neigeuse et d'eau, le blizzard rabattant sur eux liquide et cristaux, on tint bon. Une bête fut emportée par les débris rocheux mais, la où avant se tenait le froid et seulement le froid, il y avait une grotte. Majestueux et salvateur abris.

-Entrez rapidement. Ce refuge tiendra peu de temps. 

La voix sortait de l'antre. On ne chercha pas à comprendre, sauf les galbuks que l'on dû traîner car ils avaient flairé la magie.

A l'intérieur se trouvait un troll en piteux états, près de tourner de l’œil.

-Dans moins d'une demi heure, cet endroit s'effondrera et créera une avalanche cumulée à un éboulement. Si vous ne voulez pas que nous mourrions tous vous utiliserez ce temps pour vous préparer à prendre le chemin plein est pendant trois heures. Plusieurs petites cabanes se tiendront dans un creux protégé de la tempête. 

Et il s’effondra.

Isren, un des responsables de mission se précipita au chevet de leur sauveur tandis que Lia calmait sa monture et confiait son passager à la médecin, soudainement débordée. A coté d'elle, les deux camarades de son peuples grommelait, observant la voûte d'un œil circonspect. La luthier s'en moquait ferme dans l'immédiat : magie ou pas, il venait de leur sauver la vie et bien stupide était celui qui n'en conviendrait pas. Elle grogna en direction des deux, confia les rennes de sa monture à l'un des dresseurs présents et partie rejoindre les autres décisionnaires.

-Ah, Lia. On allait justement dresser le bilan.

Elle s'agenouilla, tentant de reprendre son souffle.

-On a perdu qu'une bête dans ce chaos, c'est un miracle. Sur 20 personnes, nous comprise, nous somme 12 à être entièrement valides et comptant les galbuks qui nous sont inutiles à pieds et dont les montures peuvent difficilement supporter plus que leur poids. Sauf ton respect Lia...

Elle fit un signe négligent de la main. Pas la peine de prétendre qu'elle pouvait se déplacer à pied : ce n'était pas le cas. Faire comme si serait juste une perte de temps.

-On a visiblement trois heures de marche. Tout le monde est trempé jusqu'au os. On risque d'avoir des morts par hypothermie.

-On doit prendre le temps de se changer,
intervint Lia. Je préfère mourir assommée par un rocher que frissonnant à mort.

Le reste du cercle acquiesça et l'ordre fut donner de mettre les vêtements les plus secs possibles le plus vite possible. Lorsque ce fut fait, dresseurs retournèrent aux montures, médecin et volontaires aux blessés pour les changer. Quand au nouveau venu....

-Je le prend.

Le meneur venait de s'approcher.

-On a besoins de toi pour ouvrir...

-Je le prends et j'ouvre la marche. La raison pour laquelle je suis le seul à pouvoir le porter est la même que celle pour laquelle je suis le seul à pouvoir ouvrir.

Lia fit une moue de désapprobation. C'était un coup à ce qu'il s'épuise... Elle jeta un coup d’œil en arrière. Tiré par une bête de trait un solide traîneau leur servait à transporter des vivres.

-Si on jetait les vivres ? Là, c'est du tout ou rien. Soit on atteint le village, soit non. On est plus à ça près...

-Je suis contre...

-Tu vois une autre solution ?

-...

Il fut convenu que leur sauveur serait tiré dans le traîneaux par deux troll qui se portèrent volontaire. Durant les dix minutes restantes, les ordres fusèrent. On plaça les blessés au milieu, on se remit en position et l'on recommença à avancer. Plein est.

Au dehors, la tempête hurlait. Et alors que l'on s'éloignait, la grotte s'éfondra, entrainant le reste de neige non fondue avec elle...
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 29 Juin - 15:23

[HRP : Avec le « coma » de Saykanel, petit changement de point de vue]
Terkan Rokar était en train de travailler sur la place centrale, coupant des buches de bois.
Il ne ressentait guère de difficulté à ce genre de travail et même la tempête ne pouvait neutraliser sa bonne humeur.
Il posa sa hache et prit une pause pour regarder ses alentours avec fierté.
Il se souvint de l’époque où l’espère de pont rocheux qui les surplombait l’effrayait. Ils vivaient dans la petite maison avec Saykanel, Arkensha et leur mère. Quand Xior, leur père, revenait de la chasse, ils faisaient un festin.
Il se souvenait de cet espace vide où lui et Saykanel s’amusaient tandis qu’Arkensha était plus jeune. Les premières chasses avec leur père…
Et puis un à un, ils partirent. Mère, Arkensha et Saykanel. Même Xior ne passait plus qu’un trivos par mois ici.
Les deux nouvelles épouses de Xior partirent, laissant deux demi-sœurs, Lorkana et Rujza, et un demi-frère, Hurtan, avec Terkan.
Sa responsabilité d’aîné. Ni Arkensha ni Saykanel n’avaient eu de responsabilités et il en était jaloux. Ils pouvaient tous les deux arpenter Morrokoth autant qu’il leur plaisait mais lui était l’aîné. Il devait tenir la maison.
Il avait dû passer un an à se morfondre sur son sort, jusqu’à sa rencontre avec Hirtjul. Le mariage fut précipité, le premier enfant vint au monde et peu à peu, la famille d’Hirtjul s’installa dans la demeure Rokar.
Il y avait désormais la maison Rokar, quatre plus petites cabanes et cinq en constructions. Et au centre de ce petit village se tenait désormais le hall. La salle des fêtes et des festins. Ils avaient travaillé d’arrache-pied pendant deux ans pour obtenir ceci et ils en étaient fiers.
Il n’avait toujours pas trouvé de nom pour la petite communauté qu’il dirigeait mais c’était sans importance. Il avait une vraie famille, qui ne l’abandonnerait pas comme Xior, comme Katenta, comme Saykanel, comme Arkensha.
Il avait sa demi-fratrie, il avait son fils, il avait son épouse, il avait ses deux beaux-frères et sa belle-sœur, il avait les quatre cousins de sa femme. Le seul point noir était sa belle-mère mais il se consolait en se disant qu’à cent-soixante-sept ans, l’odieuse bonne femme n’en avait plus pour très longtemps.
Il parvenait à oublier l’arrogance et la misanthropie de son père, la violence d’Arkensha et le départ de Saykanel.
Ils avaient fini d’isoler le toit du hall, la tempête ne serait pas un problème et toute la tribu pourrait s’y réfugier, sortir l’hydromel récemment acheté et chanter pour oublier la tempête.
Et puis il vit au loin quelque chose qui le troubla. Un groupe de voyageurs.
En Aurikann, refuser l’hospitalité revenait à commettre un meurtre. L’hospitalité était plus sacrée que n’importe quel dieu ou roi, il se tourna donc vers le premier venu.
« Va dire à tous les autres de venir, ces gens ont bravé la tempête, ils doivent être frigorifiés. »
Il se dirigea vers le groupe et parla à celui qui ouvrait la marche, accompagné d’une galbuk.
« Halte. Vous êtes les bienvenus mais je dois vous demander de déposer toutes vos armes avant de vous accorder l’hospitalité. »
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 29 Juin - 23:00

La montagne était rude et les monture fatiguaient. On commençait à sentir la fatigue, mais l'instinct de survie demeurait plus fort. Parmi les blessés certains tournaient petit à petit de l’œil et l'on se relayait pour leur foutre des claques, pour les maintenir éveillés. Les galbuks se relayaient dans la fabrication de bière chaude, guidant leurs monture à droite, à gauche, portant assistance comme il le pouvaient. Le groupe, plus que jamais soudé, avançait d'un bloc , suivant les pas de Ralaer, l'ouvreur. On le ferait ensemble ou on le ferait pas.

Après une heure, la tempête ne s'était toujours pas calmée. Le désespoir leur pendait au nez et en plus de lutter contre le froid, le vent et la fatigue il fallait lutter contre les hommes qui broyait du noir. Certains se voyaient déjà morts, d'autre tombaient et il fallait les relevé. Par un seul des plus solides avait le dos libre, tous portaient qui des blessés, qui du matériel...

Les deux heures restantes furent cauchemardesque. Un jeune gamin, un dompteur elyakie qui connaissait de tel froid pour la première fois de sa vie mourut, rapidement suivit par sa sœur. On se refusa à abandonner les cadavres. On le ferait ensemble où on le ferait pas.

La marche commençait à paraître interminable lorsque le vent se calma. Brisé par les rocher son souffle se faisait moins mordant, il se montrait moins féroce. La troupe entière se redressa d'un seul coup, comme soulagée d'un poids.

Ralaer s'arrêta.

-Il y a un troll droit devant. Il nous a vu, il vient à notre rencontre.

Lia se faufila jusqu'à l'avant du groupe pour appréhender le marcheur. Un troll, imposant donc, mais pas menaçant.

-Halte. Vous êtes les bienvenus mais je dois vous demander de déposer toutes vos armes avant de vous accorder l’hospitalité.

Derrière lui, les fameuses cabanes se dressaient, tirant un soupire à Lia.

-Navrée de vous coupez et de ne pas commencer par obéir, mais nous avons des blessés pas loin de la mort dont, je suppose, un des votre. Pourriez vous vous occupez d'eux en premier ? Ils ne sont pas armés et en supposant qu'ils le soit, ils ne serait pas en mesure d'en faire quoi que ce soit.

Sa voix était chevrotante, douloureuse. Des personnes étaient mortes sous ses ordres. Deux jeunes gamins.

Alors que l'on apportait les blessés, elle mit pied à terre, s'enfonçant jusqu'au thorax, se frayant un chemin jusqu'aux deux corps que l'on avait placé sur une bête de trait. Isren lança l'ordre de lâcher les armes avant de la rejoindre. Elle étendit les deux gosses sur la neige, découvrant leurs visages.

-On pourra même pas rapporter leur cadavres à leurs familles. Y'a pas moyen qu'une aéronef vienne les chercher à temps ici... C'est dégueulasse Isren. Deux vieilles épaves telles que nous s'en sortent et des espèce de fœtus comme eux crèvent. C'est dégueulasse.

Et elle se mit à pleurer.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Jeu 30 Juin - 6:18

Terkan prit avec lui ses deux beaux-frères et, à eux trois, se dirigèrent vers les blessés. Terkan avait un humain sur l’épaule gauche et un hajhira sur l’épaule droite.
« On envoie tous les blessés chez Lorkana. Et faites vite. Je m’occuperai des soins avec elle. »
Il se tourna vers la petite Galbuk qui lui avait parlé.
« Bon, montrez-moi les blessés. Froid, coupures, attaque d’Ibu ou de Skura ? Vous avez des médecins, des soigneurs ? Si oui, qu’ils viennent avec moi. »
Il fit plusieurs aller-retours tandis que le reste de la communauté vint à la rencontre des nouveaux arrivants, les faisant rentrer un à un dans le hall et plaçant les montures dans l’une des maisons non terminées. Humide, froid et mal isolé mais à l’abri.
Il en était au troisième blessé posé dans la cabane. Sa sœur le roulait dans une couverture de fourrure et allumait le feu de la cheminée.
Et il vit tout d’un coup le feu prendre de manière brutale et subite, effrayant Lorkana. Il se tourna vers la porte et vit ses beaux-frères porter le quatrième blessé. Un troll rouge et étrange, l’un des plus gros et grands trolls que Terkan ait jamais vu. A peu près la même carrure que…
« Terkan…Je crois que c’est…
- Saykanel. »
Ils le posèrent sur le lit et Terkan et Lorkana contemplèrent leur frère. Sa fourrure de noir et de rouge avait cédé la place à cet espèce de rouge aux reflets bleus. Intense. Son corps était chaud et il avait ces griffes affutées comme des poignards. Mais c’était Saykanel, les mêmes traits, la même carrure de colosse qu’il avait héritée de père, les mêmes cicatrices. Même le contenu de sa besace trahissait son identité. Des statuettes de bois représentant Klavos et Azdoth.
Alors qu’un petit groupe composé de ses beaux-frères et des médecins de la troupe s’afférait sur les blessés, il vit Lorkana quitter la chambre en trombe et se diriger vers la Galbuk qui leur avait dit de prendre les blessés.
Elle l’attrapa à la gorge et la souleva. Une troll de deux-mètres trente contre une galbuk atteignant à peine un mètre…Terkan se précipita.
« Qu’avez-vous fait à mon grand frère, garce ? Pourquoi est-il dans cet état ? Comment s’est-il retrouvé mêlé à vous ? Pourquoi est-il différent ? Réponds, réponds ! Réponds ou je brise ton sale petit corps. »
Terkan donna un grand coup dans le coude de sa sœur, la poussant à lâcher la galbuk.
« Va voir Ruzja immédiatement petite sœur. J’ai accordé l’hospitalité à ces gens, si tu les attaques encore je te jure sur la tête de mon fils que les choses risquent de dégénérer très vite.
- Saykanel est blessé ! Ils ont fait des…Choses à son corps. Peut-être que la galbuk a expérimenté sur lui avec leurs technologies…
- Chez Ruzja. Maintenant. »
Lorkana repartit les yeux à terres.
« Ma sœur est très émotionnelle, veuillez lui pardonner. Et Saykanel était son frère préféré quand il vivait ici. Venez chez moi, nous avons à parler. Vos animaux sont en sûreté, vos blessés sont entre bonnes mains et le reste de votre groupe est actuellement dans le hall en train de se réchauffer à l’hydromel. Je voudrais que vous me racontiez comment vous vous êtes retrouvés ici. Et comment votre route a croisé le chemin de mon petit frère. »
Terkan indiqua la première cabane, la demeure Rokar, la plus grande des habitations.
« Je manque à toutes mes manières. Je suis Terkan Rokar, l’aîné de la famille et je dirige cette communauté. A l’intérieur, vous rencontrerez mon épouse Hirtjul et mon fils Thornek. Vous excuserez mon épouse de ne pas avoir pu aider votre groupe, elle est enceinte et je préfère qu’elle évite l’exercice. Navré pour vos morts, nous ne connaissons pas les rites funéraires que vous pratiquez mais Saykanel sait pratiquer les funérailles et les mariages. Une fois qu’il sera réveillé et que la tempête sera passée, ils seront, si vous le désirez, brûlés. »
Terkan ouvrit la grande porte et invita la galbuk à le suivre. Il désigna la grande table et sortit deux choppes de son hydromel personnel.
« Maintenant, vous avez une histoire à me conter. »
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Jeu 30 Juin - 12:48

La tempête vint à cesser, laissant une Malëryon souveraine des cieux. Plus personne ne veillait au chevet du troll. Les soins prodigués avaient une chance d'aboutir mais furent lamentablement brisés par une créature informe, aussi sombre que le velours ténébreux d'une nuit. Les faibles rayons détourèrent la monstruosité, survolant le plancher pour s'avancer peu à peu vers la couche du malheureux. Nulle parole, nul regard et pourtant... tant de souffrances, tant de danger !

Un semblant de paume fut apposé sur son front, léger mais fatal. En un instant, un seul, une myriade de rêves virevoltèrent tels des insectes volants et apeurés. En un instant, un seul, une multitude de visions troubles, vides, sinistres possédèrent l'esprit de Saykanel.

Lorsque le dévoreur eut suffisamment tari son appétit, que l'être figé s'assombrit, un symbole luminescent se révéla, sur le front perlé de sueur. Désormais, il était marqué, prêt à déchoir dans un monde gorgé de ses plus grandes craintes, de ses plus grandes peurs. Il était seul, définitivement seul et susceptible de s'égarer dans l'éternelle nuit des sans-visages...
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Jeu 30 Juin - 19:01

La danse des fourmis s'affairant, tournant, rangeant, accompagnant, soignant avait commencé. On observait le lieu, se demandait combien de temps on y resterait, soufflait de soulagement.... Pleurait des frères et sœurs.

Un autre elyakie qui s'était lié aux deux gamins à cause de leur origine commune avait rejoint Lia à leur chevet. Avec quelques autres personnes, elle réfléchissait à comment l'on procéderait pour les funérailles lorsque...

Ses pieds quittèrent le sol, elle se retrouva en l'air soulevé par la gorge. Elle hoqueta, battant ses petits pieds dans le vide, comme pour se hisser vers le haut sans y parvenir. Incrédule. Elle regarda son assaillante, incapable de comprendre... Et dire qu'ils avaient déposés leurs armes à l'entrée... Les mercenaires s'en sortiraient peut être sans, les troll aussi mais les autres... Elle avait menés deux des siens à la mort, pas plus... Pitié pas plus...

-Qu’avez-vous fait à mon grand frère, garce ? Pourquoi est-il dans cet état ? Comment s’est-il retrouvé mêlé à vous ? Pourquoi est-il différent ? Réponds, réponds ! Réponds ou je brise ton sale petit corps.

Quoi ? Mais... Elle est était débile ou quoi ? Elle pouvait pas répondre si elle l'étranglait ! L'air lui manquait, la vision était moins claire... De l'air... Pitié de l'air... Son cœur s'affola, elle tenta de respirer, s'étranglant. Leur hôte arriva. Elle fut posée à terre. Elle s'éfondra, reprenant, affolée de l'air alors que la rejoingnaient certains membre du groupe.

-MAIS ELLE EST MALADE ! Putain !

- Ma sœur est très émotionnelle, veuillez lui pardonner. Et Saykanel était son frère préféré quand il vivait ici. Venez chez moi, nous avons à parler. Vos animaux sont en sûreté, vos blessés sont entre bonnes mains et le reste de votre groupe est actuellement dans le hall en train de se réchauffer à l’hydromel. Je voudrais que vous me racontiez comment vous vous êtes retrouvés ici. Et comment votre route a croisé le chemin de mon petit frère. 

Elle se releva, grommelant. Frère préféré ou pas... Heureusement qu'il y avait leur médecin aussi près de leurs blessés. Elle se sentait plus rassurée.

-Sauf votre respect, pour les bonnes mains qui s'occupent des blessée, j'en jugerais par moi même. Après un incident pareil, ça n'incite pas grandement à la confiance....


Elle massa son cou qui bleuissait déjà. Solide, certes. Mais petite et absolument pas guerrière. Leur hôte leur indiqua la plus imposante des maisons.

-Je manque à toutes mes manières. Je suis Terkan Rokar, l’aîné de la famille et je dirige cette communauté. A l’intérieur, vous rencontrerez mon épouse Hirtjul et mon fils Thornek. Vous excuserez mon épouse de ne pas avoir pu aider votre groupe, elle est enceinte et je préfère qu’elle évite l’exercice. Navré pour vos morts, nous ne connaissons pas les rites funéraires que vous pratiquez mais Saykanel sait pratiquer les funérailles et les mariages. Une fois qu’il sera réveillé et que la tempête sera passée, ils seront, si vous le désirez, brûlés.


-Ils étaient elyakies. Un des camarades de leur peuple s'occupera de mener les opérations si vous n'y voyez pas d'inconvénients. Pour l'instant, ce qui compte c'est que leurs dépouilles soient à l’abri des charognards.

Elle s'était brusquement fermée. Pas très diplomatique, non, mais sa sœur venait de la menacer de mort. Pourtant elle les sentait bien, tout ces trolls. Mais là elle doutait. La peur, les nerfs à blocs.. La peine. Surtout. Mère de merde, chef de merde...

Elle entra dans la pièce la mine basse, l'air dépitée. Elle s'assit et descendit la choppe d'une seule traite.

-Maintenant, vous avez une histoire à me conter.

Elle plongea ses yeux gris droit dans les siens. Elle ne cilla pas. Il faisait deux mètres de plus qu'elle, il était largement avantagé et pourtant... Pourtant, son regard avait l'éclat de celui d'une mère ibu. Celui qui te promet la mort en cas de menace sur ses protégés.

-Je n'ai pas d'histoire à vous raconter. Je n'ai aucun devoir envers vous. Une dette peut-être mais je commence à me demander s'ils ne s'agit pas d'un traquenard donc je pars du principe que je ne vous dois rien. On va donc faire un marché. Je vous raconte et vous me racontez. Comment se fait-il que votre frère, troll, maîtrise la magie, ce que vous êtes venu foutre au milieu de ce trou paumé... Tout. Et je vous raconte tout en échange. Vous commencez. Vous faîtes deux mètres de plus que moi, nous n'avons plus d'arme et vous avez nos blessés en otages, je ne vois pas ce qui vous empêcherais de me faire cracher le morceau par contre rien ne vous force à parler.

Sa voix avait été cordiale mais atrocement tranchante, ne souffrant aucune interuption. De toute façon, si ils avaient survécus à la tempête pour mourir ici, quelle différence ?

Elle repoussa sa chope, laissant toujours son regard planté dans celui de son interlocuteur. Son regard noisette dans lequel brillait la flamme de la méfiance. Farouche.

-Je vous en prie, je suis toute ouï...

La porte s'ouvrit et les nerfs à fleur de peau de la galbuk la firent s'interrompre. La folle dingue se tenait dans l'encadrure de la porte. D'un bond, Lia repris contact avec le sol et commença à se rapprocher d'une démarche emplie de colère de la trolle.

-Vous tombez bien, la grande gigue. La prochaine fois qu'il vous prend l'envie de m'agresser ou encore, pire, de calomnier sur mon compte, galbuk ou pas vous le regretterez. J'ai perdu deux hommes dans cette tempête alors votre frangin qui a un peu bobo, j'en m'en carre le fion puissance 9000 !

Elle soupira, amenant, se massant les ailles du nez, étouffant un sanglot.Trop tard. Elle chialait.

-Ne vous méprenez pas. C'est faux. Je ne m'en carre pas. Sans lui, ce n'est pas deux personnes qui seraient mortes mais bien plus de la moitié du groupe. C'est ce qui me pousse à encore vous faire une once de confiance après... Appelons le incident et non pas tentative de meurtre ayant eu lieu tout à l'heure. J'aimerais juste que vous rendiez compte de votre terrible immaturité qui aurait pu causer un véritable conflit ouvert si certains de nos hommes d'armes vous avez vu m'agresser.

D'autant plus que... Vous nous confisquez nos armes, prenez nos blessés... je dois pour ma part encore trancher sur ce que vous nous voulez. Je me poserais la question quand nos morts reposeront en paix. Et a ce moment là, si je me rend compte que vous en avez après nos vies, je n'hésiterait pas à sacrifier la mienne pour permettre aux miens de fuir en arrachant une à une vos gorges avec mes propres dents.


Elle se tenait, debout entre les deux, droite, le visage traversé de larmes qu'elle ne prenait pas le temps d'essuyer. Paraître forte. Être forte. Tant que ses hommes ne la voyaient pas pleurer, tout allait bien.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Jeu 30 Juin - 20:02

Terkan était furieux du culot dont faisait preuve Lorkana. Elle se présentait à sa porte, désobéissait aux ordres, avait déshonoré la maison et la famille… Pire que tout, elle se présentait avec le regard déterminé qu’elle avait quand elle n’avait pas encore eu son compte.
Et quand la galbuk se mit à pleurer, Lorkana se ravisa et, sans s’approcher, prit la parole.
« Je…suis navrée. J’ai été émotionnelle et…J’ai cru…J’ai cru que vous aviez fait quelque chose à mon frère et j’ai…J’ai réagi brutalement.
- Tu as le caractère de père mais pas son contrôle. Maintenant que tu es calmée, va au chevet de notre frère et ne t’avise pas de sortir de cette chambre ou je te jure sur le sang de Klavos que tu quitteras ces terres et qu'aussi longtemps que je vivrai tu n'y reviendras plus. »
Elle sortit immédiatement et Terkan prit le temps de se détendre. Les émotions avaient été trop fortes avec la tempête et il était nécessaire de clarifier les choses. Il prit le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire, un défaut de communication aurait vite pu devenir fatal.
« Qu’avez-vous que nous puissions désirer ? Nous avons de la nourriture, vos montures mourraient sous nos poids et votre argent est sans valeur dans les montagnes. Je vous ai recueilli ici en raison de la loi de l’hospitalité. Cette loi dit que refuser d’accueillir quelqu’un pendant une tempête revient à l’assassiner. Ensuite, cette même loi dit que l’hôte doit déposer ses armes. Vous et moi sommes similaires en un point, femme. Nous protégeons notre groupe et j’ai, injustement peut-être, pris peur en voyant de nombreuses personnes arriver. Les trolls sont mal vus par les humains et hajhiras d’Aurikann. »
Il but dans son hydromel. Il devait absolument calmer les choses où un bain de sang était garanti. Il remercia le destin de l’absence de Xior. Comment poursuivre ? Elle avait bien demandé ce qu’une communauté faisait là, non ?
« Mon père a fondé cet endroit. Il est chasseur et, comme une grande partie des trolls Nazakhins, il préférait vivre un peu éloigné des autres espèces. Il a bâti la maison dans laquelle nous nous tenons. Le gibier abonde ici et, durant la bonne période, les fruits sont nourrissants. Lorsque je me suis marié, la famille de mon épouse s’est installée ici et nous construisons peu à peu une communauté. Et je peux garantir qu’avec le sentiment anti-troll des Nazakhin, si nous étions près d’une ville, une armée serait levée. Nous sommes forts mais que pouvons-nous faire contre des volées d’arbalète ? Que ferons-nous si on brûle nos maisons et égorge nos enfants ? Ce que nous faisons est en réalité très simple. Nous construisons une ville. Vous êtes libres de partir quand vous le désirez et vos blessés ne sont pas des otages. »
Comment une telle situation s’était-elle installée ? Saykanel était un porte poisse depuis qu’il avait neuf ans. Il réapparaissait soudainement après plus d’un an d’absence et ça y est, on frôlait la catastrophe…Mais il avait, aux dires de la galbuk, sauvé ces gens. Et maniait la magie. Maniait la magie ? Terkan n’avait jamais été aussi attentif aux histoires que Saykanel, il était intéressé par la pratique. La chasse, la construction…
« Mon frère n’est pas à ma connaissance capable de magie, pas plus que n’importe quel autre troll. Et aux dernières nouvelles il n’avait ni griffes ni fourrure rouge. Il semblerait que quelque chose lui soit arrivé et je ne me l’explique guère. Je ne l’avais pas vu depuis un an. Ma sœur a été épouvantée par la mutation de son corps et, moi-même je l’ai à peine reconnu. Vous ne savez pas ce qui lui est arrivé, je ne le sais pas et nous devrons attendre son réveil pour y voir clair. »
Terkan se décida à se lever, se diriger vers la galbuk et poser un genou à terre pour mettre son visage en face du sien. Il tenta au mieux de faire transparaître son honnêteté et sa sincérité et se décida à être simplement naturel.
« Personne ici ne vous veut de mal, personne. Ma sœur a été idiote et a été victime de ses émotions. Vos hommes partagent en ce moment la nourriture et la boisson des miens et ils sont protégés par des lois plus anciennes et plus sacrées que n’importe quel dieu. Malgré ces mauvais débuts, je ne désire qu’être votre ami. Vous partirez quand vous le désirez et nous faisons au mieux pour soigner le reste de vos blessés au plus vite. Quand vous déciderez de repartir, nous vous fournirons des vivres et vous rendrons vos armes. Vous dites que mon frère s’est blessé en vous sauvant ? C’est une raison de plus pour que votre groupe soit sous ma protection. Les colères de Saykanel sont pires que celles de ma sœur et il est beaucoup plus fort qu’elle. Pire encore, il a la furie du justicier et n’a jamais pu tolérer ce qu’il considérait être injuste ou cruel. Mon père est pire que lui. Il a déjà tué un de ses meilleurs amis quand il a appris que ce dernier avait violé l’hospitalité et je me demande même s’il ne serait pas prêt à tuer ses propres enfants pour cela à son retour. »
Tous ces mots étaient vrais. Xior accordait à l’hospitalité plus d’importance qu’à la vie. Cela pouvait être terrifiant. Terkan reprit de l’hydromel.
« Je n’ai aucun autre moyen de vous prouver ma bonne foi je le crains. Dans le pire des cas, vous n’avez rien à perdre à rester sur vos gardes. Vous comprendrez que je suis honnête en reprenant votre route indemne. »
Terkan rageait intérieurement. Si Saykanel avait été éveillé, tout ceci aurait pu être évité et il n’y aurait pas eu de problème. Il avait un don pour bien choisir son moment.
Il murmura entre ses dents, sans savoir si son interlocutrice l'entendrait ou non.
« Je suppose que cette famille est maudite. »
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Lun 4 Juil - 18:16

Lia sentait son cœur se serrer et c’était un miracle qu’elle parvienne à retenir ses sanglots. Elle observait la trolle droit dans les yeux, une flamme dans le regard. Lorsque celle-ci prit la parole, elle inspira un grand coup se redressant.

-Je…suis navrée. J’ai été émotionnelle et…J’ai cru…J’ai cru que vous aviez fait quelque chose à mon frère et j’ai…J’ai réagi brutalement.



Elle allait répondre lorsque la jeune femme se fit congédier par son frère, de manière violente et sans opportunité de répondre quoi que ce soit pour sa défense.  Elle sortie précipitamment pendant que Terkan se calmait. Lia ne dit rien, gardant un silence de plombs, essayant rapidement ses larmes d’une main plus assurée qu’elle ne s’y serait attendue. Elle resta cependant sans bouger, écoutant avec attention les mouvements du troll. Lorsqu’il prit la parole, elle releva la tête pour montrer son attention sans pour autant se tourner vers lui. Pourquoi ? Bonne question. Sans doute parce qu’il suffirait qu’elle fasse de nouveau fasse à quelqu’un pour que sa colère revienne. Et ce n’était pas le bon moment.

-Qu’avez-vous que nous puissions désirer ? Nous avons de la nourriture, vos montures mourraient sous nos poids et votre argent est sans valeur dans les montagnes. Je vous ai recueilli ici en raison de la loi de l’hospitalité. Cette loi dit que refuser d’accueillir quelqu’un pendant une tempête revient à l’assassiner. Ensuite, cette même loi dit que l’hôte doit déposer ses armes. Vous et moi sommes similaires en un point, femme. Nous protégeons notre groupe et j’ai, injustement peut-être, pris peur en voyant de nombreuses personnes arriver. Les trolls sont mal vus par les humains et hajhiras d’Aurikann.

Alors qu’il parlait, ses épaules se détendirent et une ombre de sourire se dessina sur son visage. Sa respiration se faisait plus libre et elle regarda de nouveau son locuteur. La flamme de ses yeux s’tait calmée et la tension habitant ses muscles de même s’en était allée. Elle l’écouta lui raconter l’histoire de son père, la disparition de son frère… Puis il se leva et se mit à la hauteur de la galbuk. L’immense troll, plié, face à la petit galbuk qui tentait de se tenir le plus droit possible. L’image était assez cocasse malgré son côté solennel.

-Personne ici ne vous veut de mal, personne. Ma sœur a été idiote et a été victime de ses émotions. Vos hommes partagent en ce moment la nourriture et la boisson des miens et ils sont protégés par des lois plus anciennes et plus sacrées que n’importe quel dieu. Malgré ces mauvais débuts, je ne désire qu’être votre ami. Vous partirez quand vous le désirez et nous faisons au mieux pour soigner le reste de vos blessés au plus vite. Quand vous déciderez de repartir, nous vous fournirons des vivres et vous rendrons vos armes. Vous dites que mon frère s’est blessé en vous sauvant ? C’est une raison de plus pour que votre groupe soit sous ma protection. Les colères de Saykanel sont pires que celles de ma sœur et il est beaucoup plus fort qu’elle. Pire encore, il a la furie du justicier et n’a jamais pu tolérer ce qu’il considérait être injuste ou cruel. Mon père est pire que lui. Il a déjà tué un de ses meilleurs amis quand il a appris que ce dernier avait violé l’hospitalité et je me demande même s’il ne serait pas prêt à tuer ses propres enfants pour cela à son retour.

Lia fronça les sourcils. Cette famille était… Nazhakin. De la plus pur souche et tradition, c’en était impressionnant. Dans toute la noblesse et la violence que cela impliquait. Il se releva, se resservant de l’hydromel.  A ce rythme là, il roulerait sous la table d’ici deux heures.

-Je n’ai aucun autre moyen de vous prouver ma bonne foi je le crains. Dans le pire des cas, vous n’avez rien à perdre à rester sur vos gardes. Vous comprendrez que je suis honnête en reprenant votre route indemne. Je suppose que cette famille est maudite.


Elle rit doucement, sachant que son interlocuteur n’aurait pas forcément souhaité qu’elle entende sa dernière phrase, mais tant pis. Il avait l’air sincère, pour ce que cela valait. Elle dirais aux autres de se méfier, aux hommes d’armes recrutés pour l’occasion mais pour sa part, elle souhaitait juste profit des toits au dessus de leurs têtes.

-Je doute que votre famille soit maudite, je pense seulement que la communication n’est pas votre fort. Ou en tout cas pas celui de votre sœur.  Et que je n’étais pas dans mon état le plus diplomate. Vous permettez,
continua-t-elle en pointant l’hydromel, merci. Je suis navrée, j’ignorais la ségrégation dont souffrait les votre sur ces terres. Comme vous avez sans doute pu l’observer, notre groupe est des plus hétéroclites et nous n’avons cure de l’origine de nous camarade. Certaines petites réserves restent (vous auriez dû voir la tête des autres galbuks quand votre frère usa de la magie, c’était ma foi assez drôle) mais nous les combattons chacun en sois.
Bref. Navrée de ce malentendu tout à fait regrettable, mais j’avoue m’être vu morte aux mains de votre sœur.


Elle bu, souriant à leur hôte en lui levant son verre, puis elle repris.

-Vous m’avez raconté votre histoire, à moi donc de vous raconter la notre. Nous sommes des membres de l’Amicale Anthropologique Inter-Ethnique, je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler mais ce n’est pas impossible. Nous faisons partie de la section arts et nous étudions la musique à travers le temps et les peuples. On nous a rapporté la présence de ruines plus au nord, un temple, dont les murs seraient gravés de chants et de dessins d’instruments. Nous nous rendons là bas dans le but d’y effectuer des fouilles et de ramener à la guilde des copies de ce qui se trouve inscrit sur les murs. Voilà. Oh ! et avec tout ça, je ne me suis pas présentée. Lia Chante-Clair. Chef de mission.


Un instant de silence suivit. Lia vida son hydromel, reposant bruyamment le verre sur la table. Lia se prépara à parler, se ravisa. Elle recommença ce manège une fois. Puis, soupirant, elle se lança.

-Heu… Comment vont les blessés ? Et plus particulièrement, comment va votre frère ? Je n’en reviens pas de ce qu’il a fait pour secourir des étrangers. J’ai entendu parler de chant retraçant l’histoire de trolls capables de magie mais je n’ai jamais su si c’était vrai. Il semblerait que oui.

Ses camarades galbuks ne devaient pas être tout à fait à leurs aises, entourées de trolls dont un magicien, bien qu’endormi. Combien de temps mettrait-il à se réveiller ? Et les blessés ? Demain l’attendraient sans doute de difficiles décisions.

Elle se resservit. Et elle bu.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 6 Juil - 19:24

Le malentendu réglé, Terkan prit le temps de finir son verre et ouvrit la porte.
« Vos blessés sont toujours où nous les avons placés. Suivez-moi et nous constaterons leur état. Comme celui de mon frère. »
Traversant la place, Terkan observa les hommes de l’Amicale dans le grand hall dont la porte était ouverte, où ils buvaient pour noyer leur tracas. Il se souvenait de l’époque où Mère avait décidé de partir. Un jour, elle avait plus bu que d’ordinaire et avait dit quelque chose.
Le chagrin est un excellent nageur, il ne se noie jamais.
Il mena Lia à la maisonnée où les blessés étaient entreposés.
Entreposés. Il se surprit à penser ce terme, comme si c’étaient des objets, une cargaison qui attendait d’être revendue.
A l’intérieur, des humains, hajhiras et un galbuk s’affairaient sur eux, aidés par certains des trolls du clan. Herbe médicinale pour empêcher l’infection, cautérisation, recoudre les ouvertures…Trop médical à son goût.
Un galbuk s’avança.
« Lia ! Aucun n’est en situation vraiment critique apparemment, nous en perdrons peut être certains pendant la nuit mais nous avons fait au mieux, c’est au temps d’agir. Nous avons eu une sacrée chance. »
Terkan se dirigea vers la chambre où était entreposé Saykanel. Il était allongé de tout son poids, on lui avait retiré ses vêtements pour l’ausculter. Terkan s’abstint d’observer la nudité de son frère.
A ses côtés, assise, se tenait Lorkana, tenant la main du frère.
« Une marque bizarre est apparue sur son front mais c’est moins étrange que le reste. Son corps est chaud et, quand on a allumé la cheminée, elle a doublé de taille instantanément. Le feu réagit à sa présence. Et ses cornes ont l’air d’avoir grandi. Et quand j’ai touché ses griffes, elles m’ont brûlé. On dirait du métal chauffé à blanc. On les a enroulées dans du cuir pour qu’elles ne fichent pas le feu au lit. »
C’était…Etrange. Le moins qu’on puisse dire était cela. Saykanel était méconnaissable.
« Je ne sais pas pourquoi il dort. On dirait de l’épuisement, et son cœur a un rythme instable, parfois tellement lent qu’on le croirait mort parfois rapide comme s’il se battait contre une armée. Sa respiration est étrange. Parfois c’est calme et parfois de la fumée lui sort des naseaux. On a été obligés d’ouvrir la fenêtre. »
Terkan s’assit. Il ne comprenait strictement rien. C’était clairement de la magie mais…Les mages ne faisaient pas de magie en étant inconscient non ? Et ça ne modifiait pas leur corps à ce point, si ? De la même manière cette marque n’était pas là quand il était arrivé.
Et il entendit une voix derrière lui. Hirtjul, enceinte jusqu’aux yeux, se tenait derrière lui.
« Ton frère est un tog’wall. Je suis née à Ermurag, les trolls locaux ont moins oublié les légendes que ceux d’ici. Il ne fait pas réellement de magie, il est magique. Il ne contrôle pas le feu, c’est le feu qui réagit à sa présence.
- N’étais-tu pas censée te reposer ?
- Je suis ton épouse, pas ta servante. Tu auras mon obéissance le jour où tu seras capable de ramener plus de proies que moi.
- Certes. Un tog’wall, comme dans l’histoire de Fretornak ?
- Fretornak est aussi proche de la réalité que le cul d’un galbuk est proche des étoiles, mais oui. Pour le peu que j’ai compris… Il a dû créer un Uk’wull, son sanctuaire magique, dans cette montagne. Et après le faire sauter.
- Comment sais-tu cela au juste ?
- Mon arrière-grand-père était tog’wall, selon ma mère. Il a disparu quand ma mère a eu quatre-vingt-huit ans. Il n’en avait que cent-soixante et personne ne sait ce qui est arrivé. »
Terkan regardait attentivement son frère. Un tog’wall… Rien d’autre qu’une histoire pour enfant, non ? Il s’imagina Saykanel se réveiller transformé autant dans la personnalité que dans l’apparence. Il rejeta l’idée stupide et se leva.
« Qu’on me prévienne à la seconde où il se réveillera. Il voudra sans doute du vin. Ou de l’hydromel. Donnez le lui, et ensuite collez lui un poing dans le ventre de ma part pour être un crétin. »
Il se dirigea vers Lia et observa le visage de la galbuk.
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 3 Aoû - 21:17

Le troll l'avait invité à la suivre pour qu'elle constate par elle même l'état des troupes. Lorsqu'elle mit les pieds dehors, le froid la saisit, vivace. Le temps du verre, elle avait presque oublié où elle se trouvait. Une immense fatigue la prit alors, à bras le corps et elle s'ébroua pour se réveiller.

Dans le hall, les hommes buvaient, se demandant sans doute si tel ou tel camarade survivrait jusqu'au lendemain. Elle soupira, continua à marcher dans les pas de son guide. Si pour lui la neige était assez haute pour ensevelir son pied, elle arrivait mi-mollet à Lia qui était bien contente de pouvoir marcher dans les traces du géant.

Ils arrivèrent à l'infirmerie sans avoir croisé âme qui vive dehors. A l'intérieur, on s'affairait dans un ballet médical assez effrayant, allant de blessés en blessés. Un de ses congénères Galbuks lui sauta dessus.

-Lia ! Aucun n’est en situation vraiment critique apparemment, nous en perdrons peut être certains pendant la nuit mais nous avons fait au mieux, c’est au temps d’agir. Nous avons eu une sacrée chance. 

Elle souffla. Elle chercha leur médecin des yeux, le salua de la tête. Tout ira bien, il avait un toit, des couvertures, de la nourriture et la possibilité d'offrir de vrai soins. Tout irait bien.


Elle jeta un regard à Terkan, voyant qu'il se dirigeait vers une pièce adjacente. Elle le suivit puis, voyant que se tenait là une réunion de famille, elle se tint en dehors. Elle s'appuya contre le cadre de la porte, portant qur ses troupe un regard dur. Est ce qu'elle s'en voulait ? Oui. Est ce que ça servait à quelque chose ? Non. Point. On allait pas y passer trois jours, fin de l'histoire.

Reprenant ses esprit, elle laissa traîner une oreille indiscrète, écoutant la conversation d'à côté. Lorsqu'elle entendit une voix de femme s'élever, particulièrement forte et assurée, elle sourit. Peut être qu'elle aurait dû naître Troll et Nazhakin. Sa vie de famille aurait pu être alors plus simple. Il parlèrent d'histoire de famille et la mentions de leur âges assombrirent la mine de la galbuk. Si elle atteignait les soixante dix ans, ce serait déjà respectable alors que pour eux, on était à peine un adulte formé à cet âge là...

Il y eu un mouvement, et Terkan se présenta à la porte, jetant un regard à la galbuks. Elle leva les sourcils en réponse.

-Vous êtes sûr que mettre un poing dans le ventre de votre frère lorsqu'il se réveillera est une bonne idée ? Surtout après lui avoir donné à boire ? Au mieux il vous le régurgitera dessus, au pire il risque de se ré-évanouir, non ?

Sa voix avait le ton de la plaisanterie et elle lui présenta un sourire.

-Oui, je suis navrée, j'ai laissé traîné une oreille indiscrète. Vous avez l'air d'avoir une sacrée famille et votre épouse à l'air droite, fière et forte. Vous parviendrez à vous implanter en ces terres... J'en suis convaincue. Vous avez la force pour le faire.


Elle reporta son regard sur la salle avant de bailler. Elle serait parmi les derniers debout ce soir.

-Sans vouloir abuser de votre hospitalité... Vous resterait-il de l'hydromel ?


Elle accompagna sa demande d'un clin d'oeil facétieux.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 24 Aoû - 19:08

Saykanel se retint d'ouvrir les yeux en entendant une voix inconnue. C'était une cacophonie autour de lui, un mélange d'une douzaine de voix différentes tenant une quinzaine de conversations différentes. C'était atrocement agaçant.
Il n'avait pas mal et se demandait si ce qu'il avait vu était juste un rêve. Il décida de laisser ce genre de questions existentielles pour plus tard en entendant le rire de Terkan et sa voix. Il disait quelque chose au sujet des énormes réserves d'hydromel et que son interlocuteur pouvait bien sûr en avoir.

Saykanel sourit. Il était à la maison. Il se hasarda à entrouvrir l'oeil et découvrit Lorkana, sa demi-soeur, à ses côtés. Il était allongé sur un lit. Il passa un doigt devant ses lèvres et fit un sourire puis indiqua la porte du regard. Lorkana se leva et la ferma. Saykanel se leva et se dirigea vers la fenêtre qu'il ouvrit. Il se retourna pour faire un sourire à sa soeur et prit sa main. Ils sautèrent tous deux par la fenêtre au moment où Terkan ouvrait la porte.
« Saykanel, espèce de sale… »
Ils éclatèrent de rire en s’écrasant dans la neige. Saykanel n’avait pas envie de discuter de quoique ce soit de sérieux. Il était vivant et avait envie d’en profiter. Il s’était cru mort après tout, il avait bien le droit de se sentir un peu vivant.
Il attrapa sa sœur par la main, coupant toute parole et ils coururent tous deux vers le grand hall. Terkan avait fait de sacrés travaux depuis la dernière fois. Il était vrai que le « clan Rokar » comptait désormais dix-sept membres, dont trois qui n’étaient que peu présents. Une vingtaine de membres en ajoutant la famille de Mère. Et des enfants étaient peut-être en route. Il chassa de son esprit l’idée qu’il serait probablement le dernier de sa fratrie à avoir des enfants.
Il ouvrit la porte du grand hall, trouvant une partie du groupe de voyageur qu’il avait aidé attablée près du feu. Ils se réchauffaient, buvaient et mangeaient un peu. Il observa leur regard, y cherchant une once de gratitude. Les quelques galbuks ne dégageaient que de la peur mais les deux ou trois trolls de l’expédition étaient plus prompts à sourire. Il ne prit pas le temps de discuter et se dirigea vers l’arrière salle où étaient normalement entreposées les réserves de nourriture et d’alcool…
Et il manqua de pleurer en y voyant la belle-mère de Terkan. L’odieuse vieille peau se tenait juste devant lui au moment où il poussait la porte et elle lui faisait cet espèce de regard réprobateur qui donnait plus envie de la frapper qu’autre chose.
« Si vous avez l’intention de piller tous deux les réserves comme lors de votre dernière visite, Rokar, je vous préviens qu’il faudra me passer sur le corps. »
Saykanel soupira intérieurement. Il avait faim, soif, et encore faim. Assommer la vieille lui vaudrait plus d’ennuis avec Terkan.
Il échangea un regard complice avec sa sœur et il prit la vieille par le bras.
« A vrai dire Juhani je venais solliciter votre sagesse. Un de mes vieux amis se pose des questions sur… »
Tandis qu’il baratinait, il emportait la vieille dans la grande salle et improvisait de quoi flatter l’égo de Juhani. Au moment où il tombait à court de faux compliments, il vit Lorkana foncer dehors avec un tonnelet d’hydromel et de la viande séchée.
Il lâcha la vieille et courut derrière elle, ils sortirent en éclatant d’un nouveau rire. Jamais Saykanel n’avait été aussi irresponsable et enfantin, comme si son sommeil l’avait changé.
Ils finirent par se poser tous deux dans une des cabanes en construction, rationnalisant que personne ne viendrait les y chercher, et ils ouvrirent le tonnelet d’hydromel et commencèrent à se partager la viande.
Au bout de quelques gorgées, ils entendirent les bruits de pas de Terkan.
« Impossible de les retrouver. Je jure qu’à la seconde où je revois ces deux idiots, je vais... »
Les deux étaient ratatinés, espérant faire le moins de bruit possible et Saykanel retenant difficilement son rire. Terkan repartit et Saykanel n’eut plus besoin de retenir son rire.
Lorkana se leva et prit une dernière gorgée.
« C’était très amusant mais je crois que je risque beaucoup plus gros s’il ne me retrouve pas. Ne t’inquiète pas, s’il demande je lui dirais que tu t’es caché dans une cave.
- Attends, tu ne vas pas me laisser seul avec ce tonnelet si ?
- J’ai bien peur que si. J’ai…été un peu idiote tout à l’heure et je n’ai pas envie de donner à Terkan plus de raisons d’être énervé. J’aurais dû y penser avant je sais. »
Elle repartit et il se retrouva seul. Pas pour très longtemps puisqu’il vit, à travers les charpentes, une galbuk de l’expédition.
Il attira son attention en tapant aux poutres de la cabane. Après tout, un galbuk était un bon compagnon de boisson.
« Seriez-vous d’humeur à boire un peu, galbuk ? Le tonnelet n’est bu qu’au quart. »
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mar 27 Sep - 18:56

Après lui avoir donné son accord quand à l’hydromel, Terkan demanda à la galbuk un instant, histoire de vérifier si son frère allait bien, derrière la porte ferm… Fermée ? Terkan tiqua, l’ouvrant d’un coup, visiblement agacé.

-Saykanel, espèce de sale … Je vais le tuer.

Il se tourna vers la galbuk, l’air fulminant.

- Excusez-moi, j’ai un frère à étriper.

Elle s’écarta, lâchant un bref ‘je vous en prie, faîtes’. Une fois qu’il fut parti d’un air très énervé, elle prit le temps de s’asseoir et de réfléchir. Là, tout de suite, qu’allait elle faire ? Faire le tour des membres de l’expédition. En premier les autres décisionnaires, ensuite les valides, enfin les blessés. De plus, il fallait décider ce soir ce qu’on ferait des… Corps.

Elle se leva après quelques instants, cherchant Isren du regard. Il était attablé avec d’autres membres du groupe et elle siffla pour attirer son attention. Plusieurs personnes se retournèrent, décidant assez rapidement que ça ne les concernait pas quand ils la virent se diriger vers l’autre chef.

-On rassemble les décisionnaires, je vous fais un résumé, on prend une décision pour les deux gamins. Ca te va ?

-Ca me paraît honnête. Je fini ma bière et je suis à toi.

-D’acc’. J’m’occupe de la chose.


Elle lui tapa amicalement l’épaule, faisant le tour de la pièce pour rassembler les autres à l’écart. Ils s’assirent en cercles et quand ce fut fait elle demanda un rapport précis de la situation. Puis, elle leur raconta ce que leur hôte lui avait dit, leur précisant de se méfier de la grande gigue.

-Quand même, Lia, tu devrais le savoir que les Troll sont persécuté en ces terr…

-Oui ! Oui, ça va je sais. Autre chose ?

-Tu Leur fait confiance ?

-Ils m’ont l’air clean. Et je pense que quitte à nous tuer, ils l’auraient fait avant. Donc, je résume, on est coincé ici pour au moins quatre jours ?

-Yup.

-Et certains devront rester en convalescence ici ?


-Tout à fait.

Bien. Bon, bah…Un silence de réflexion s’installa. Plus personne n’avait rien à dire à part de l’évidence et chacun était sur le point de clore la réunion quand Isren se racla la gorge.

-Désolé, hein, mais… On fait quoi de nos morts ? Faut y réfléchir, et pas qu’un peu. On peut pas laisser les deux corps sans hommages plus longtemps. Il faut que demain on ait réglé le problème.

Le silence, loin de se briser s’épaissit, jusqu’à Kalavan, une jeune brunette au regard ne s’exprime.

-Je pense que les brûler est ce qu’il y a de plus logique. Avec eux, brûler ce qui nous encombrerait trop et que nos hôte ne veulent pas. Ramener le reste à leurs familles. Peut être que l’on pourrait accorder les hommes sur un chant, tout le monde levé à l’aube… Ca peut être beau. Ca sera beau.

Plusieurs hochements de tête, quelques gestes nerveux…

-Qu’avaient-ils sur eux ?


-Quelques bijoux de peu de valeurs, des carnets, des vêtements de voyages…

Silence.

-Quelqu’un à quelque chose à ajouter ? Non ? Réveil, demain, à l’aube, on fait passer le message. Reposez-vous d’ici là.

Et tous se levèrent. Lia fit rapidement le tour des hommes présents dans la pièce, demandant à qui si il allait bien, à d’autre comment était la viande…
Puis, elle se dirigea vers l’infirmerie.
Alors qu’elle marchait, un bruit sur sa gauche attira son attention. Ca venait d’une cabane pas encore achevée d’où sortait une figure rouge et goguenarde. Une figure qu’elle connaissait plutôt bien dorénavant.
-Seriez-vous d’humeur à boire un peu, galbuk ? Le tonnelet n’est bu qu’au quart.

Elle lui sourit. Les blessés attendraient, après tout, elle lui devait la vie.

-Je ne refuse jamais quelque chose à boire !


Elle se hissa dans la cabane, le remerciant en saisissant le verre qu’il lui tendait.

-Vous êtes plus impressionnant debout que sur un brancard. Saykanel c’est ça ? Lia Chante-Clair.

Elle le salua, accompagnant son geste d’un clin d’œil.

-Au fait, merci. Grâce à vous, la majorité des hommes de cette expédition à survécue, et ce n’était vraiment pas gagné. Je suis désolée de l’état dans lequel nous aidé vous a mis. Comment vous portez vous, d’ailleurs ?
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Jeu 29 Sep - 3:42

Saykanel se retrouvait donc dans la cabane à moitié faite avec un tonnelet entamé et une galbuk. Pas un mauvais retournement de situation au final.
Femelle, cela ne faisait pas de doute, Lia était un nom féminin et il lui avait semblé en entendre parler au féminin. Ceci dit, il commençait à se sentir quelque peu léger et joyeux sous l'effet de l'hydromel.
« Enchanté, Lia. Mon crâne me fait un mal de chien, je me sens surexcité et j'ai incroyablement faim et soif, en dehors de cela je me porte mieux que beaucoup de gens ici. Je vous dirai que je suis heureux d'avoir aidé mais j'admets que je regrette de n'avoir pu faire mieux. Bah, comme dirait mon père hier est un songe et demain n'existera probablement pas. »
Il prit une gorgée profonde d'hydromel. Il avait sauvé des vies...Après les chasseurs de primes et les bandits tués, il en était facilement à une dizaine de morts. Tant qu'il continuait à sauver plus de vie qu'il n'en prenait cela validait-il les mesures qu'il prenait pour sa survie ?
Et puis, qui pourrait regretter la mort de voleurs et de vulgaires assassins ? Le peu de personnes qui les appréciaient faisaient probablement aussi partie de la lie de la société.
Il s'étira un peu, la galbuk était une bonne buveuse, il fallait le reconnaître.
« J'admets que j'ai bien cru que je n'en réchapperais pas. C'était un gros pari mais au final la conclusion est positive alors je ne regrette pas mon petit accès de bravoure. D'autant que je ne me sentais pas d'humeur à marcher, alors être traîné jusqu'à la maison était plus agréable. Quand reprenez vous votre route ? La tempête est calmée mais le terrain demeure difficile. »
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mer 2 Nov - 19:29

Boire avec un troll, au beau milieu des montagnes d'Aurikann était sans doute quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie. Une fois l'horreur retombée, le lieu paraissait sous un jour nouveau et se révélait bien plus beau qu'escompté et il fallait bien un troll pour rivaliser de boisson avec un galbuk.

-Enchanté, Lia. Mon crâne me fait un mal de chien, je me sens surexcité et j'ai incroyablement faim et soif, en dehors de cela je me porte mieux que beaucoup de gens ici. Je vous dirai que je suis heureux d'avoir aidé mais j'admets que je regrette de n'avoir pu faire mieux. Bah, comme dirait mon père hier est un songe et demain n'existera probablement pas.

Elle leva son verre.

-A votre père qui à l'air bien sâââge !

Et elle bu. Puis se resservit.

-J'admets que j'ai bien cru que je n'en réchapperais pas. C'était un gros pari mais au final la conclusion est positive alors je ne regrette pas mon petit accès de bravoure. D'autant que je ne me sentais pas d'humeur à marcher, alors être traîné jusqu'à la maison était plus agréable. Quand reprenez vous votre route ? La tempête est calmée mais le terrain demeure difficile.

Elle rit, sentant l'alcool lui monter aux joues.

-Vous charrier n'a pas été simple mais il était impensable de vous laisser après ce que vous aviez fait. Et même sans cela, on ne laisse pas quelqu'un en danger seul. C'est idiot. Quand au départ, dans quatre jours si tout va bien et on va vous laisser certains des blessés. On passera sans doute vous saluer au passage retours.



Elle soupira et regarda le ciel. Un vieux relent de culpabilité venait lui tordre les entrailles et un petit sanglot inattendu secoua ses épaules. Elle secoua violemment la tête pour chasser ses débuts de pleurs et frotta ses yeux rougis.


-Pardon. J'me sens juste terriblement coupable pour les deux pauvres gosses. Ce qui m'énerve d'autant plus parce que ça sert à rien et que c'est contre productif. Mais voilà, j'ai 40 piges et vu l'espérance de vie de mon peuple, je suis une vieille femme et eux... Eux, ils étaient tout jeunes. C'est injuste.


Et elle se resservit.

-Chais pas comment vous remercier pour tout les autres. Vous savez quoi ? Je vous dois un truc. Alors rêvez pas, hein. Je vais pas combattre à vos côtés, lancer mon pays dans un quête pour votre cul. Mais si d'aventure vous aviez besoins d'une traversée, d'un bateau, d'une musique... Je vous le dois. Cpas grand chose, mais je sais pas me battre et je... Tiendrais presque à mon cul.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Lun 7 Nov - 17:11

Saykanel commençait à sentir les débuts de l'ivresse et riait à la moindre plaisanterie. Il était de bonne humeur jusqu'à ce que...

« Pardon. J'me sens juste terriblement coupable pour les deux pauvres gosses. Ce qui m'énerve d'autant plus parce que ça sert à rien et que c'est contre productif. Mais voilà, j'ai 40 piges et vu l'espérance de vie de mon peuple, je suis une vieille femme et eux... Eux, ils étaient tout jeunes. C'est injuste.

- La vie est injuste, naturellement. Le monde n'a de sens que si on le force à en avoir...Ce n'est pas de moi, d'ailleurs, un prêtre m'avait dit ça, il citait probablement quelque chose que je n'ai pas lu. Ça m'a marqué. »

Voyant la fille se resservir, Saykanel se laissa devenir songeur. Quarante ans, pour les galbuks, était la majorité de la vie. Quarante années...Une peccadille pour les trolls. On était pas vieux avant d'atteindre une centaine d'années. Et le corps ne commençait à se dégrader qu'après la cent-trentième. Les galbuks vivaient moins que certains animaux, c'était assez effrayant comme perspective, de mourir si jeune.

« Chais pas comment vous remercier pour tout les autres. Vous savez quoi ? Je vous dois un truc. Alors rêvez pas, hein. Je vais pas combattre à vos côtés, lancer mon pays dans un quête pour votre cul. Mais si d'aventure vous aviez besoins d'une traversée, d'un bateau, d'une musique... Je vous le dois. C'pas grand chose, mais je sais pas me battre et je... Tiendrais presque à mon cul.

- Une dette d'une galbuk...Ma vie a pris un tournant inattendu. Je retiendrai ça. J'ai jamais vu Gwildor... Mais s'ils font tous votre taille, il y aura pas une porte que je pourrais passer. »

Traiter les galbuks de demi-portion était trop flatteur, Saykanel les voyant plus comme un quart de portion. Leur taille comique, leur espérance de vie tragique et leur fragilité faisait remarquer à Saykanel à quel point il était privilégié.

S'emparant du tonnelet, Saykanel le porta à ses lèvres et la discussion continua au fur et à mesure de la nuit.

On retrouva Saykanel et Lia Chante-clair le lendemain alors qu'ils dormaient auprès des trois tonnelets qu'ils avaient vidés.
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Lia Chante-Clair
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MessageSujet: Re: Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)   Mar 8 Nov - 23:16

Le lendemain, la gueule de bois fût terrible mais le calme était revenu. On fit un bûcher funéraire, on pleura pour certains, et puis on bu aux morts.

Lia passa les quatre jours entre prises de décision pour le groupe et prises de notes sur leurs hôtes. Ils étaient assez fascinants à dire vrai, et leurs conversations constituaient une source d’information assez incroyable. Même celles avec l’autre grande gigue.

On passa quatre jours à préparer de nouveau le départ, à parler de comment allait évoluer le temps, à s’occuper des malades, à préparer les vivres. Une bonne partie des gens constituant l’expédition avaient rarement eu l’occasion de se retrouver au milieu d’autant de trolls. Alors on s’enrichit, on apprit au contact de gens que l’on ne recroiserait sans doute jamais. Et, quand au bout de quatre jours il fallu partir, l’émotion était à son comble.

Le vent était frais, comme toujours dans cette région mais l’air était calme ce matin là. Les bêtes étaient sellées, les hommes prêts. Lia avait dit au revoir à tout le monde sauf un. Elle se mit en selle et alla se poster devant Terkan.

-Si d’aventure il vous prenait l’envie de passer à la guilde, sachez que tous y sont les bienvenus et que notre… Disons dirigeant est un troll que tous estiment. Vous serez le bienvenu et je pense pouvoir parler au nom de tous en disant que si la guilde peut un jour faire quelque chose pour vous, nous vous le devons bien. Encore merci. Pour tout.


Elle se permit un petite claque amicale sur son épaule et un salut enthousiaste auprès des autres. Au retour, une partie de l’expédition repasserait prendre les blessés obligés de rester sur place mais elle n’en ferait pas partie. Elle allait faire partie de ceux qui resteraient un peu plus longtemps dans les ruines alors elle ne le reverrait sans doute pas… Avant longtemps. Ne jamais dire jamais.

La caravane s’ébranla et repartie vers les terres esseulées et montagneuses. Lia inspira pleinement et sourit en regardant autours d’elle.

Tout de même, depuis leur village, la vue était magnifique quand le ciel était dégagé.


FIN

Après s'être retrouvés coincés dans une tempête, Lia et ses compagnons se voient secourus par Sayka qui ira jusqu'à mettre sa vie en danger pour eux. Durant son sommeil, le troll à été marqué par les sans visage alors que la galbuk réfléchissait à comment continuer malgré les blessés.

Puis, le départ vint après un certain nombre de verres d'hydromel et une gueule de bois désagréable.
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Quand danse le froid et gèlent les larmes (PV Saykanel)
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