Le Masque et l'Oeil

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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Le Masque et l'Oeil    Lun 9 Mai - 21:41

Cela faisait six jours que Vyardo et Anva'ar avaient quitté Nepres. Le voyage avait été plutôt calme, mis à part évidemment l'état d'excitation et les questions incessantes du hajira. Il y avait quelques voyageurs sur la route mais les auberges avait toujours deux chambres libres. Vyardo ne faisait pas assez confiance à Anva'ar pour partager une chambre, même si cela revient moins cher. À eux deux, en marchant à pieds, avançait plus vite que les caravanes de chariot, ce qui leur permettaient d'atteindre à coup sûr une bonne auberge bien avant la nuit. Vyardo prenait systématiquement un plat chaud et acceptait de prendre une chambre  après d'âpres négociations sur le prix, qui lui valait le plus souvent une ristourne de quelques ecales. En effet un aubergiste peu commode était resté étanche à toute négociation et avait tenté de le jeter dehors, et un autre qui avait reconnu le mercenaire avait refusé tout net de discuter le prix avec lui. Le draturis allait ensuite déguster son assiette en tentant de discuter avec les autres clients. Le quatrième jour, il avait même sympathisé avec un groupe de galbuks qui lui offrirent tournée sur tournée en échange de l'outre de liqueur de framboise, qui eut un franc succès. Il avait d'ailleurs longuement regretté ses abus le lendemain.
Et voilà donc nos voyageurs le sixième jour, arrêtés devant un croisement. Le chemin le plus court d'après la carte est une petite route non pavé qui serpente à travers une forêt qui semble plutôt importante, et l'autre voie possible est la route pavé qui mène directement à un village avec auberge et autres commodités d'après le panneau fixé à un croisement. Vyardo demanda à un paysan dans le champ à côté ce qu'il en était. Ils répondirent que traverser la forêt était bien plus rapide mais qu'il n'y avait aucune auberge dedans et que les deux voyageurs ne “taversront point cte bois ‘vant la nétaïe ”
“On sera pas arrivé au bout avant la nuit…” traduisit le draturis à l'intention du voleur.
“Combien de temps gagne-t-on?”
demanda Vyardo au paysan, puis ajouta devant son air d'incompréhension :
“Cumben  tenp I goegni?”
L'autochtone répondit avec un grand sourire en montrant deux doigts:
“Coublle aneut.“
“Deux jour donc” précisa Vyardo.
Il avait finit par apprendre ce patois assez particulier que tous les paysans de Morrokoth semblait partager, avec quelques variations, au cours de ses voyages.
Vyardo remercia le paysans (“Marcit”)
et l'homme lui répondit avec  un geste amical de la main  et un “Barjolle!”
Le jeune mercenaire pensait traverser la forêt, après tout,  une nuit à la belle étoile n'a jamais tué personne (enfin si, mais vous avez compris) et deux jours de gagnés était non négligeable. De plus,  ils avaient largement assez de provision pour ce trajet.

“Bon Anva'ar, on fait quoi? Moi je pense qu'il faut mieux traverser la forêt et dormir à la belle étoile que passer par le prochain village. De toute façon, les deux routes se rejoignent dans un gros bourg avec auberges et échoppes à foison”
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Anva'ar Kordrak
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Mar 10 Mai - 20:10

Anva'ar était fatigué, mais était d'une humeur joyeuse. Il n'avait jamais quitté Nèpres, et voilà maintenant qu'il arpentait les contrées sauvages (ou pas) de Morrokoth !

Six jours, et ils étaient déjà bien avancés. Ils étaient environ à mi-chemin entre Nèpres et leur destination, la ville de Ghaudan. Là, ils prendraient un bateau pour Ermurag, leur destination. Anva'ar était très excité à l'idée de découvrir un autre continent que Morrokoth. Il avait entendu dire que là bas il faisait constamment chaud, et que le sable couvrait une majeure partie des territoires. La raison principale de sa venue étant le Duerr, il était surexcité à l'idée de pouvoir en apercevoir pour de vrai. Les illustrations, c'est bien, mais il n'y a qu'en voyant une bête en vraie qu'on peut commencer à la comprendre.

Tout au long du voyage, Vyardo et Anva'ar avait fait chambres à part. Cela ne l'avait dérangé pas, car comme ça il pouvait profiter d'une chambre entière pour lui tout seul, et s'y entraîner un peu. Il évita toutefois d'utiliser sa magie, car comme chacun sait, les murs ont des oreilles, même dans l'auberge d'un village perdu au beau milieu de nulle part. Il profitait ainsi de quelques escapades nocturnes pour pratiquer un peu la magie, et ses talents de voleur.

Mais ce qui l'intéressait surtout était la nouvelle utilisation de sa magie à laquelle il avait pensé. Toute sa vie il s'était borné à imiter des animaux déjà vivants, à imiter leurs morphologies, mais il s'était rendu compte il y a peu qu'il n'aurait pas forcément à imiter pour se métamorphoser. Après une soirée bien arrosée, il était occupé à cuver l'alcool chez lui, quand ce dernier eut pour effet sur lui d'avoir une espèce de vision (plutôt une hallucination) ou il vit une bête qu'il n'avait jamais vu. Le lendemain, il avait cherché dans son bestiaire mais n'avait vu aucune mention de la bête. Il était donc venu à la conclusion qu'il l'avait inventé. Cela n'aurait eu aucune incidence, si cela s'était arrêté là.
Mais après avoir imaginé la créature à nouveau, il commença à se concentrer dessus intensément, ne visualisant qu'elle. Il ferma les yeux, et lorsqu'il les rouvrit, il était dans la peau de la créature. Cette dernière était une espèce de mélange d'attributs d'autres espèces, formant quelque chose de jamais vu. De petites cornes sur le haut du crâne, des crocs bizarrement aplatis et une queue solide, comme si elle était faite de pierre. Anva'ar avait ainsi compris que la magie de métamorphose ne se limitait pas à des animaux déjà existants, mais aussi à des animaux imaginaires. Cela avait toutefois quelques inconvénients. Sa magie à la base drainait bien vite son énergie, mais comme il n'avait aucune base réelle pour cette créature, il devait se concentrer plus ardemment pour en garder la forme. Il était donc capable de l'utiliser pour l'instant que peu de temps. Il s'était aussi rendu compte qu'il lui était impossible de modifier sa taille jusqu'à un certain degré. Il ne pouvait pas devenir immense, ou minuscule, pouvant seulement rétrécir ou grandir de quelques dizaines de centimètres.

Le Hajhira profitait donc des nuits où Vyardo dormait pour s'y entraîner tout seul, tentant de voir s'il pouvait augmenter son temps de transformation limite.

Le sixième jour, ils arrivèrent à un croisement. La route se scindait en deux, d'un côté un passage par la forêt, de l'autre par une route pavée et un village. Pour savoir combien de temps ça leur prendrait, Vyardo accosta un paysan qui labourait son champ. Celui-ci répondit dans un patois incompréhensible pour Anva'ar, ce dernier n'étant jamais sorti trop loin de Nèpres, il ne savait pas ce que les paysans parlaient. Le compagnon du Hajhira semblait néanmoins le connaître, et le lui traduisit. Il semblait donc que passer par la forêt leur ferait gagner deux jours. Ils remercièrent le paysan, et celui-ci retourna à son champ.

Après un petit moment de réflexion, l'homme s'exprima :

“Bon Anva'ar, on fait quoi? Moi je pense qu'il faut mieux traverser la forêt et dormir à la belle étoile que passer par le prochain village. De toute façon, les deux routes se rejoignent dans un gros bourg avec auberges et échoppes à foison.”

Le jeune Hajhira était cependant un peu fatigué. Ses années passées à Nèpres ne lui avaient pas appris les joies de longues heures de marche. Il comptait aussi profiter de l'auberge du village, pour boire un coup, et surtout voler quelques bibelots de ci de là. Anva'ar réfléchit un petit moment, puis lança à Vyardo :

"Désolé Vyardo, mais je préfèrerais passer par le village. Après tout j'ai jamais autant marché de ma vie avant, j'aimerais bien passer une bonne nuit dans l'auberge ! Puis tu sais, je pourrais glaner quelques informations dans l'auberge, ainsi que quelques bourses, ou autres. Si ça te déranges pas, je vais prendre la route pavée. Si tu veux passer par la forêt, j'imagine qu'on se retrouvera dans la prochaine ville !
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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Mar 10 Mai - 21:44

"Désolé Vyardo, mais je préfèrerais passer par le village. Après tout j'ai jamais autant marché de ma vie avant, j'aimerais bien passer une bonne nuit dans l'auberge ! Puis tu sais, je pourrais glaner quelques informations dans l'auberge, ainsi que quelques bourses, ou autres. Si ça te déranges pas, je vais prendre la route pavée. Si tu veux passer par la forêt, j'imagine qu'on se retrouvera dans la prochaine ville !”
Vyardo s'attendait plus ou moins à cette réponse, et il sauta sur l'occasion : deux jours de tranquillité gratuit ne se refuse pas. Après six jours, le draturis commençait à avoir du mal à supporter ses questions. En plus, il avait repéré  quelques buissons qui pourrait être des framboisiers...
“Très bien, rendez vous dans trois jours à … “ Il chercha dans ses souvenir et poursuivit “la Groseille tremblante, une auberge proche de la place du marché. Et oui, les tavernes ont un gros problème de nom dans ce pays.”
Vyardo partit alors sur le chemin qui s'enfonçait dans la forêt en saluant de la main Anva'ar. La forêt était pour l'instant assez clairsemée mais elle semblait devenir dense plus loin. Cette impression se confirma quelques heures plus tard, lorsque le draturis atteignit une portion ténébreuse, où l'on n'entendait plus que les oiseaux et plus personne n'était en vue.
Il eut un petit sourire, s'arrêta, et savoura le silence quasi complet. Il reparti après quelques instant et commença à chantonner
“De Nepres à Montratail la digue la digueuh, de Nepres à Montratail,...”
Il poursuivit ainsi son répertoire(“Le prêtre de pavryon”,”boute boute boute, boute camarade”,...) et s'arrêta pour bivouaquer alors que la nuit était tombée depuis longtemps. Il trouva une petite clairière entourée de framboisiers couvert de fruits mûrs peu après un croisement, et posa ses affaires avec un soupir satisfait. Après de brèves vérification pour être sûr de la sécurité du lieu, il alluma un feu et alla s’empiffrer de délicieuses framboises.
Une fois rassasié(et les poches remplies), il s'assit à côté de son feu et mis à réchauffer un reste du midi pour compléter son dîner. En attendant que ces “mogettes” ,comme les appelait les locaux, se réchauffe, il se mit à chanter gaiement une autre chanson:
“C'est à travers de large barrières ,
Que les femelles du canton
Contemplait un puissant duerr
Sans se soucier du qu'en-dira-t-on…”


Dernière édition par Vyardo Leonacci le Dim 5 Juin - 21:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Sam 21 Mai - 15:26

Le ciel se teintait doucement d'orange dans un début de crépuscule, tandis que la charrue progressant dans une cacophonie de grincements. Le vieux fermier jeta un coup d’œil à son passager, étalé sur quelques bottes de foin qu'il se chargeait d'amener à bon port chez son beau frère. Il semblait dormir -mais qui aurait pu le dire avec son étrange masque qui recouvrait son visage ? Cela faisait maintenant quelques heures qu'ils étaient partis de la banlieue de Nèpres et on ne pouvait pas dire que l'acrobate avait été de bavarde compagnie. Aussitôt en charge dans le petit véhicule, il s'était muré dans un silence scrutateur et confortable, les bras drapés de soieries croisés sous sa tête. Le fermier haussa les épaules. De toute façon, il avait payé généreusement pour cette petite distance et avait promis de repartir à la tombée de la nuit -une fois la charrue arrivée en terres connues. Il n'empêchait que l'aura énigmatique de son passager le mettait mal à l'aise. Il se racla la gorge bruyamment et tenta d'entamer la conversation, essayant d'affiner son patois en quelque chose de compréhensible.

« Hey monsieur, j'vous ai pas posé la question parce que j'sais bien que ça me regarde pas, mais vous allez où comme ça ? »

Quelques longues secondes de silence passèrent. Au moment où l'homme renonçait à recevoir une réponse, il sursauta en entendant une voix étrangement féminine et glaciale.

« Cela ne vous regarde pas, en effet. »

Frissonnant de tout son long, le conducteur fixa la route devant lui. L'intervention de son passager lui avait passé toute envie d'adoucir l'atmosphère. Il avait entendu des rumeurs sur ce (cette ?) dénommé Croquelune. Saltimbanque mystérieux, bien maline serait la personne capable de mettre au clair son identité. Et comme si ça ne suffisait pas, cet homme (cette créature ?) prenait un plaisir espiègle à changer régulièrement de voix, amplifiant sensiblement l'impression de malaise chez ses spectateurs. Dans quels draps s'était-il fourré ? A lui même, le fermier promit de ne plus jamais se laisser tenter par l'attrait de l'or facile -promesse, il le savait pertinemment, qu'il ne respecterait sans doute pas. Un intersection se profilait à l'horizon qui devenait de plus en plus sombre. C'était le point où le fermier était sensé laissé son passager, mais rien que l'idée de lui faire un commentaire à ce propos lui nouait le ventre. Il angoissait à l'idée qu'il pu être endormi et lui reprocherait le fait de ne l'avoir réveillé. Mais d'un autre côté, avait-il vraiment envie de le réveiller ? Ce dernier mit fin à son triste dilemme en se redressant tranquillement, attrapant d'une main gantée le petit sac de cuir tanné qui l'accompagnait. Il tourna son masque vers le cocher et, d'une voix mielleusement douce, exprima un remerciement auquel le fermier s'empressa de répondre. Aussitôt le saltimbanque ayant mit pied à terre, la charrue repartie sans cérémonie.

Croquelune haussa les épaules, n'ayant aucune idée de la forte impression qu'il avait fait sur le pauvre homme. Il tâcha d’épousseté ce qui restait de paille accrochée à ses vêtements colorés et se mit en route vers le chemin en direction de la forêt. La nuit n'allait pas tarder à tomber. N'ayant aucune envie de traverser le lieu à la lueur de la lune, l'acrobate se mit à la recherche d'un endroit où établir son camp, quand de la fumée attira ses yeux. Quelqu'un avait eu la même idée que lui, semblait-il. Enjoué par un peu de compagnie, Croquelune se dirigea vers la source de lumière au loin, d'un pas félin et silencieux -déformation professionnelle. Des chants lui vinrent progressivement aux oreilles, qui le firent d'ailleurs grimacer. Il était certain que l'homme qui interprétait ces chansons paillardes n'était pas un artiste de profession... L'acrobate fit un premier tour des lieux pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une embuscade, bien que s'enfuir dans ces bois n'était pas chose difficile. Mais on n'était jamais trop prudent, n'est-ce pas ?

Une fois satisfait et serein, Croquelune s'avança à la rencontre de l'homme aux chansons, prenant soin de bien se faire entendre pour ne pas le surprendre. Il le détailla en un cillement. Il s'agissait d'un humain, plutôt grand -plus que le saltimbanque, bien que ce n'était pas très difficile. Cela semblait être un voyageur, bien que quelques détails firent deviner à Croque qu'il savait se battre. Le fait de rester seul, au milieu d'un bois sombre, avec un feu allumé qui dévoile sa position à tous, par exemple. Mettant fin à sa petite analyse, l'acrobate se coula en une révérence de scène exagérée.

« Loin de moi l'envie de vous interrompre messire, lança-t-il d'une voix masculine où on pouvait décerner une pointe d'ironie, mais j'ai vu votre camp et la nuit me semble peu propice à une aventure à travers ces bois. Auriez-vous l'amabilité de m'accueillir auprès de votre feu ? J'ai avec moi quelques provisions que je serais ravi de partager. »

Le saltimbanque désigna son sac d'un mouvement vague. Derrière son masque, ses yeux d'une étrange couleur miel semblaient briller d'espièglerie. A vrai dire, ses intentions n'étaient pas mauvaises : le personnage qui se profilait devant lui semblait intéressant et Croquelune avait toujours mis un point d'honneur à satisfaire son insatiable curiosité.
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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Dim 22 Mai - 20:52

Vyardo attaquait le troisième couplet quand un homme masqué surgit des ombres. Lorsque l'étranger prononça sa tirade, le draturis était déjà debout, la lame de sa  dague avec laquelle il tranchait de généreuses tranches de saucisson entre son index et son pouce, prêt au lancer. Cette interruption le contrariait beaucoup car il attendait de déguster ce saucisson depuis qu'il avait quitté  Anva'ar.  De plus, c'était un saucisson de sanglier premier choix qu'un des galbuks lui avait cédé et il était désormais tombé par terre dans la précipitation de Vyardo pour se relever. Le draturis songea que ses poches bourrées de framboises allait peut être lui poser problème si un combat s'engageait.

 Il se détendit légèrement en entendant les mots de cet étrange personnage et répondit sur un ton aimable : “Mais certainement monseigneur. Cependant, pour maintenir un cadre serein pour nous deux, il serait souhaitable que vous répondiez à certaines questions : premièrement avez vous des compagnons, camarades, compères, bref, quoique ce soit qui me mette en infériorité numérique. Deuxièmement, je souhaiterais voir tout votre armement, sans geste brusque s'il vous plaît . Je suis de nature maladroite et il se pourrait que mon couteau m'échappe…  Troisièmement,  quelles sont ces fameuses provisions censée agrémenter mon modeste repas? “
Vyardo affichait une expression accueillante, mais sa posture était la même : prêt à lancer son couteau et à saisir sa hache. Son oeil droit observait les alentour avec la même technique que dans la Framboise Sautillante, cherchant d'éventuels complices de l'homme masqué.

Ce personnage l'intriguait : pourquoi ce masque et ces manières ? De plus, il se souvenait avoir vu un acrobate masqué lorsqu'il s'était perd… lors de sa visite du port. Néanmoins, il ne s'était pas attardé et était incapable de dire s'il s'agissait du même homme. Qu'est ce qu'un acrobate avec un tel accoutrement faisait dans cette forêt perdue ?
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Lun 23 Mai - 0:46

Croquelune pencha légèrement la tête sur le côté, prêtant attention aux paroles de son interlocuteur. Prudent et méthodique. Cela confirmait ses pensées. S'il ne paraissait pas possesseur de mauvaises intentions, l'acrobate avait tout autant intérêt à se méfier, rester sur ses gardes et surtout ne dormir que d'un œil -bien que ce fut chose habituel chez les personnes de sa... Profession. Il acquiesça à la fin de la réplique de l'homme aux cheveux sombres et prouva sa bonne volonté en faisant prudemment glisser de ses manches les deux dagues doubles qui l'accompagnaient partout. Il les fit voltiger un instant entre ses doigts et les planta dans le sol. Il semblait sur le point d'ajouter quelque chose, mais leva le doigt soudainement et se pencha en fourrant une main dans l'une de ses bottes pour en tirer un long couteau de contact, qui partit rejoindre ses autres armes. Il se redressa et haussa les épaules sous le regard de son compagnon.

« La vie de saltimbanque n'est pas toujours sans dangers. » Argumenta-t-il sur un faux ton d'excuse. « Et non, je ne suis malheureusement pas accompagné -vous comprenez à présent mon empressement à rejoindre âme qui vive. Qui sait ce qu'il peut arriver dans une forêt la nuit tombée, pour un barde sans défense. »

Il se garda cependant bien d'évoquer la dernière arme glissée dans la soierie de son habit coloré. S'il doutait de se faire sauvagement attaquer, il aurait été bien stupide de rester sans arme en compagnie d'un parfait inconnu. Adressant son plus beau sourire à son interlocuteur -qui ne vu que ses yeux devenus d'un bleu sombre se plisser d'une lueur amusée, Croquelune s'aventura près du feu et entreprit de décharger son bagage. Il sortit de son sac un luth finement ouvragé qu'il déposa avec un soin religieux à ses côtés, pour finalement s'attarder sur ses provisions soigneusement emballées. Du pain frais qu'il s'était procuré dans une auberge avoisinante, un assortiment d'herbes aromatiques provenant d'Alënor, une dizaine de tranches de viande séchée et quelques gourdes d'eau. Si ces dispositions pouvaient choquées, il n'en était rien auprès de l'acrobate : il ne savait pas pour combien de temps il devrait vagabonder sur les routes et avait fait ses provisions en connaissance de cause. Il sortit finalement une petite bouilloire de fer qu'il installa sur le feu à l'aide de bâtons fraichement trouvés, prenant l'initiative de préparer un repas. Sa faim s'était faite hérissée à l'odeur de la viande. Alors qu'il ajoutait une pincée d'herbes à son curieux mélange, il fixa son intention sur son compagnon de fortune.

« Quel malheur, je manque à tous mes devoirs. On me surnomme Croquelune, acrobate et saltimbanque. J'étais en séjour à Nèpres, me dirigeant vers Ermurag, quand la nuit m'a surpris. Il est triste pour quelqu'un de ma profession de ne pas mieux connaitre les routes, il est vrai... »

Croquelune haussa de nouveau les épaules dans un geste de désespoir feint avant de faire mine de s'intéresser de nouveau au repas. Il tendait pourtant l'oreille, légèrement sur la défensive. S'il n'en montrait rien, le côté méfiant de son hôte le rendait quelque peu nerveux pour d'obscures raisons.
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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Lun 23 Mai - 19:53

“La vie de saltimbanque n'est pas toujours sans danger. Et non, je ne suis malheureusement pas accompagné -vous comprenez à présent mon empressement à rejoindre âme qui vive. Qui sait ce qu'il peut arriver dans une forêt la nuit tombée, pour un barde sans défense.”

Vyardo sourit en entendant les mots de l'inconnu. Un barde sans défenses? Ses dagues paraissaient d'excellentes qualité et il semblait savoir les manipuler. De plus, même s'il appréciait ce geste, le draturis se doutait qu'il devait encore cacher au moins une arme quelque part. Le mercenaire lâcha son couteau et se débarrassa du harnais qui supportait sa hache. Il éloigna sa hache assez loin mais de manière à pouvoir l'attraper assez vite.

Vyardo était rassuré de voir que l'homme semblait suivre ses consignes. Il ne mentait pas sur des éventuels acolytes : le draturis n'en avait repéré aucun. Il avait donc recommencé à détailler celui qui se tenait devant lui. Et remarqua notamment ses yeux plissé. Amusé, peut être pensait Vyardo. Néanmoins ce masque pouvait cacher bien des choses et le draturis avait grandit entouré de technologies cachées. Il décida de faire quelque chose qu'il évitait à cause des maux de tête que cela causait : il ferma rapidement l'oeil gauche et passa au spectre infrarouge sur son oeil artificiel. Il ne remarqua rien de particulier et repassa rapidement à une vue normale. l'examen avait été assez rapide et donc il n'avait gardé que quelques secondes l'oeil fermé .

Le mercenaire fit ensuite signe à l'étranger d'approcher. Lorsqu'il commença à déballer ses affaires, Vyardo  fut impressionné par son luth : il n'était pas musicien mais il avait déjà vendu des instruments lors de sa jeunesse à Gaërya et leur prix l'avait déjà étonné,  or la qualité de l'objet devant lui était bien supérieure.
Vyardo fut ensuite content de voir le pain, qui faisait défaut à son repas. Il ramassa doucement son couteau et s'en servit pour couper des tranches de saucisson pour lui et l'étranger. Il contempla ensuite l'homme préparer son infusion.
Il se rendit compte que le silence s'éternisait quand l'acrobate prit la parole :
“ Quel malheur, je manque à tous mes devoirs. On me surnomme Croquelune, acrobate et saltimbanque. J'étais en séjour à Nèpres, me dirigeant vers Ermurag, quand la nuit m'a surpris. Il est triste pour quelqu'un de ma profession de ne pas mieux connaitre les routes, il est vrai... “
Tiens, il allait à Ermurag, étrange coïncidence. En outre, s'il venait de Nepres, il devait bien être l'acrobate que le mercenaire avait vu. Vyardo répondit :
“Quant à moi, je suis Vyardo Leonacci, mercenaire actuellement sans emploi, en route vers Ermurag également. Excusez moi de ma méfiance, mais comprenez que voir surgir un homme masqué des bois sur ce genre de  chemin perdu est plutôt… inhabituel.  Permettez moi pour me faire pardonner  de vous offrir de goûter à ce succulent saucisson. Et si vous désirez quelques framboises, servez vous!”
Vyardo sortit alors une poignée de framboises de sa poche et les proposa, en même temps qu'une écuelle garni de quelques tranches de saucisson, au dénommé Croquelune.
Il parlait toujours d'un ton badin mais le mercenaire sentait que la tension était encore présente. Il espérait que ces victuailles, qui représentait tout de même (et de loin) les aliments favori du draturis, allait détendre l'atmosphère.
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Croquelune
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Mer 25 Mai - 14:18

Croquelune remercia chaleureusement son hôte, s'exclamant joyeusement.

« En effet, rien de mieux qu'un échange de victuailles pour faire plus amplement connaissance. J'ai toujours pensé que c'était là la base essentielle d'une relation saine. »

Les aliments tournèrent donc de mains et l'heure du repas fut proclamé d'un accord tacite. Les muscles de l'acrobate se décrispèrent imperceptiblement, semblant estimer que la situation était sans danger immédiat. Il faisait désormais bien sombre autour du feu de camp, la nuit ayant recouvert de son voile obscur les environs. Croquelune, entre deux bouchés, songea qu'il préférait la ville aux campagnes environnantes. Il était bien plus dans son éléments sur les toits des maisons de Nèpres que perdu dans une forêt silencieuse. Les cités regorgeaient de secrets et de divertissements, chaque jour rapportait son lot quotidien de surprises. Surprises qu'il ne trouvait guère dans les paysages peu changeants des routes qu'il lui arrivait de parcourir. Songeant à son voyage, il regretta de ne pas avoir acheté un cheval pour être plus indépendant -et surtout, arriver à destination plus rapidement. Malheureusement, il savait que ça n'aurait pas concordé avec sa mission. Son but était l'efficacité et non la rapidité. Le sentiment d'immensité des lieux énigmatiques du dehors le mettait mal à l'aise. Alors qu'en ville, les rues n'avaient plus de secrets pour lui, il en était le maître et y errait comme un poisson dans l'eau. Dans un petit soupir, il tourna son regard vers le dénommé Vyardo Leonacci pour engager une nouvelle fois la conversation -plus pour étouffer sa sensation de malêtre qu'autre chose, d'ailleurs. Croquelune n'aimait pas le silence des grandes étendues et bien que la forêt fut loin d'être calme, ce n'était nullement comparable à la sonorité d'une nuit dans Nèpres, Masdyr ou même Alënor -sa destination prochaine.

« Merci pour ce délicieux repas. Tout a meilleurs goût lorsque c'est partagé, n'est-ce pas ? »

L'acrobate gratifia son interlocuteur d'un sourire qu'il ne vit pas et d'un clin d’œil (toujours couleur miel). Il s'étira et saisit avec délicatesse son luth ornementé de dorures représentant d'anciens contes. Alors qu'il entreprit de l'accorder, le voyage n'ayant été guère plaisant pour l'instrument, Croquelune s'attarda sur les motifs dans le bois souple qu'il connaissait par cœur. Un enfant et la Lune. S'extirpant momentanément de sa nostalgie, il lança à Vyardo un regard pénétrant.

« Qu'est ce qui vous a amené à devenir mercenaire ? »

Une question brusque et sans préambule. Sa tonalité avait changé, devenant plus rauque, plus grave, plus profonde. Tout comme la couleur de ses yeux, désormais d'un gris mystérieux.
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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Ven 27 Mai - 17:41

« En effet, rien de mieux qu'un échange de victuailles pour faire plus amplement connaissance. J'ai toujours pensé que c'était là la base essentielle d'une relation saine. »
Vyardo approuva en hochant la tête, et enchaîna en débouchant une outre de vin, produisant un “pop” fort satisfaisant. Le vin n'était pas un grand cru, mais restait néanmoins au dessus de la piquette fortement alcoolisée que transportait généralement les confrères du mercenaire.  Le draturis fut heureux de voir que l'étranger semblait se détendre malgré l'accueil qu'il lui avait réservé. Au fil du repas, la nuit tomba complètement, enfermant les deux hommes dans une bulle de lumière. Vyardo aimait être dans cette zone de chaleur autour du feu de camp, entouré par les ténèbres : cela lui faisait penser à une tente, qu'il retrouvait régulièrement lors de ses voyages. Cette bulle était son foyer, en quelque sorte. De plus, la présence de ce Croquelune autour de son feu lui évitait la solitude, et cet individu plein de mystères aux manières étranges lui garantissait une discussion des plus intéressantes. Il s'apprêtait à demander pourquoi l'acrobate  portait un masque mais il le pris de court quand il dit:

« Merci pour ce délicieux repas. Tout a meilleurs goût lorsque c'est partagé, n'est-ce pas ? »


Vyardo acquiesça, se disant que cette phrase pouvait être bien plus profonde qu'elle ne le paraissait. Il choisit de rester au premier degré et répondit :
“C'est vrai que la solitude donne un goût fade au aliments.”

Vyardo sourit, et son sourire s'élargit quand il vit Croquelune saisir son luth.
Il fut un peu déçu, même s'il ne laissa rien paraître, lorsque l'acrobate, et donc musicien, lui posa une question au lieu de jouer.

« Qu'est ce qui vous a amené à devenir mercenaire ? »


Vyardo sursauta en remarquant le changement de voix, et fut plus surpris encore lorsqu'il leva les yeux du luth et remarqua le changement de couleur des yeux derrière le masque. Pourquoi toujours cette question? Se demandait le draturis une fois la surprise passée. Il avait vu plus bizarre au fil de ses pérégrinations. Ne serait ce que le bras d’Anva’ar, qu'il tentait de cacher mais que Vyardo avait aperçu à plusieurs reprises.  

“J'aime voyager et découvrir de nouveaux endroits, mais je n'ai pas les moyens de voyager sans travailler. Je suis piètre chanteur, comme vous avez pu entendre, et le commerce n'est pas pour moi. Mon principal talent est le maniement de cette arme.” dit-il en désignant sa hache, “Je suis donc devenu mercenaire. Et vous? Pourquoi êtes vous  devenu un saltimbanque ?”
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Mar 31 Mai - 13:26

A la question de Vyardo, Croquelune paru pensif. Il ne répondit pas sur le coup, s'attardant rêveusement sur son luth, qu'il fit chanter de quelques accords désormais corrects. La question était assez ironique, quand on y pensait. Quelle limite y avait-il entre l'acrobate et l'assassin ? Tous deux, au final, possédait les mêmes compétences -à peu de chose près. En réalité, sa décision de devenir un bouffon des rues, artiste itinérant était en quelque sorte sa manière de faire un pied-de-nez au destin. Et puis, n'est-ce pas assez drôle de penser qu'un assassin expérimenté pouvait se promener à la vue et à la barbe de tous ? Outre ça, il y avait la musique.

« Pensez vous que la musique puisse changer le monde ? »

Autre question abrupte. Purement rhétorique, cependant, car Croquelune enchaîna immédiatement.

« Je ne pense personnellement pas, je ne suis pas quelqu'un de très idéaliste. Cependant, au même titre que la magie, elle permet de toucher à une dimension presque divine. Coupée de la réalité. Il s'agit d'un autre langage et le maîtriser donne une impression de toute-puissance. Si les mots sont puissant, la musique permet d'exprimer les non-dits et les émotions à l'état pur. Et j'aime particulièrement cette forme de magie, pour tout vous dire ! Mentir y est impossible. »

Un brin de vérité et d'authenticité dans une vie de mensonge et de secret. Pour illustrer ses dires, Croquelune réfléchit à quelques chansons qu'il aurait pu interprêter. C'est dans un sourire mi-ironique mi-amusé qu'il vit les paroles d'une antique chanson chère à sa mémoire resurgirent dans son esprit. D'un main sûre, il forma les accords d'une mélodie, simple quoique quelque peu lugubre et dissonante, qui lui avait été offerte il y a cela d'innombrables années par une femme du nom d'Aylodia.  


    S'il ne reste dans le ciel qu'un croissant
    C'est qu'un affreux gourmand
    Croque la lune, croque la lune
    Croque la lune, croque la lune

    Pas un bon présage,
    Pas de vrai visage,
    On dit qu'il aspire vos songes
    Se nourrit de vos mensonges
    La lune éclaire vos vies.
C'était d'une voix féminine, très semblable à celle de la créatrice de la comptine -la même, en réalité-, que le saltimbanque chantonnait d'une voix emplie d'une inquiétante douceur qui ne lui était d'ordinaire pas connue. La mélodie était teintée d'une certaine tristesse, même s'il aurait été bien difficile de définir pourquoi.
    Rien pour le maudire
    Rien pour s'enfuir
    Si l'ombre est sur vous
    Le voyage sera doux
    La lune ne comble pas son appétit.

    S'il ne reste dans le ciel qu'un croissant
    C'est qu'un affreux gourmand
    Croque la lune, croque la lune
    Croque la lune, croque la lune

    Et s'il est encore affamé
    Il descendra pour vous chercher
    Le Croquelune, le Croquelune,
    Le Croquelune, le Croquelune

Alors que ses doigts couraient sur les cordes pour conclure ces derniers accords étranges, le saltimbanque remarqua d'un regard espiègle que la lune était pleine. Le Croquelune ne semblait pas avoir faim cette nuit.


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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Sam 4 Juin - 21:50

Vyardo attendit, pendant que la question restait en suspens. Il ne fut pas vraiment étonné de l'absence de réponse de Croquelune(la vie de saltimbanque est rarement un choix) mais la manière dont il posa la question suivante le surpris un peu :
« Pensez vous que la musique puisse changer le monde ? »
Le mercenaire ne s'attendait pas à une question de ce genre. Ses interlocuteurs étaient habituellement plus terre à terre. Vyardo ne s'était jamais vraiment interroger la dessus mais l'acrobate le coupa dans sa réflexion lorsqu'il poursuivit:
« Je ne pense personnellement pas, je ne suis pas quelqu'un de très idéaliste. Cependant, au même titre que la magie, elle permet de toucher à une dimension presque divine. Coupée de la réalité. Il s'agit d'un autre langage et le maîtriser donne une impression de toute-puissance. Si les mots sont puissant, la musique permet d'exprimer les non-dits et les émotions à l'état pur. Et j'aime particulièrement cette forme de magie, pour tout vous dire ! Mentir y est impossible. »
Vyardo aimait cette réponse. Il n'y connaissait rien à la musique mais aimait en écouter et un de ses souhait est d'apprendre à en faire. Un instrument qui l'avait toujours fait rêver était constitué d'un clavier en bois où chaque latte produisait un son différent. Mais cet instrument était bien trop grand pour être transportable donc il s'était résolu à rester ignare à ce sujet.
Le draturis sortit de ses réflexions lorsque Croquelune commença à effleurer ses cordes.
Vyardo écouta attentivement la chanson, de moins en moins surpris par les changements de voix de ce curieux personnage. Cette comptine inquiétait légèrement le draturis, qui jeta machinalement un regard à la lune. Après tout, il venait de rencontrer un être s'appelant  Croquelune possédant des compétences… inattendues. Ses changements de voix pouvait s'expliquer par la magie ou par la technologie draturis, et il en était de même pour ses yeux. Or si l'homme masqué était un draturis, il pouvait lui causer de gros problèmes… Néanmoins un agent du gouvernement ne lui aurait pas poussé la chansonnette avant de lui demander des comptes. Il frissonna.
“Depuis combien de temps suis je aussi paranoïaque ? “ se demanda-t-il.
Décidément, les pouvoirs de la musique était impressionnant: une seule comptine avait suffit à faire peur à Vyardo, qui était pourtant un combattant endurci qui avait traversé  des situations bien pire que celle que vive habituellement le commun des mortels sans craindre rien ni personne.
Vyardo brisa le silence qui se prolongeait en demandant :
“Vous n'auriez pas quelque chose de plus gai ? Je trouve cette comptine trop triste pour notre situation !  Nous sommes au chaud, au sec, avec toute la nourriture dont nous pourrions rêver .”

Le mercenaire espérait que son compagnon n'avait pas remarqué son trouble, même s'il ne voyait pas comment Croquelune aurait pu le manquer
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Dim 5 Juin - 1:13

Croquelune éclata d'un rire clair et chaleureux à la réflexion de son interlocuteur. Lui-même était bien d'accord, sa comptine ne prêtait pas à la situation. Mais c'était pour cette exacte raison qu'il l'avait interprété : elle déclenchait parfois chez ses interlocuteurs des réactions diverses et, d'après lui, intéressantes. Il opina finalement et piocha dans un registre plus populaire pour interpréter quelques chansons aux notes grivoises, aux mélodies entraînantes et aux histoires simplettes. Le genre de musique qui fait sourire sans qu'on ne sache trop pour quoi, qui réchauffe le cœur par quelques obscurs maléfices. A moins que ce ne soit justement ce mystérieux pouvoir musical dont parlait plus tôt le saltimbanque ? Qui sait. Le reste de la soirée s'écoula au gré des chansonnettes de Croquelune, qui appréciait la compagnie de son hôte intéressé tant et si bien qu'il le gratifia de quelques unes des chansons les plus populaires de son répertoire.

La nuit semblait bien avancée quand l'acrobate remballa finalement son instrument à cordes, les paroles d'une chanson encore sur ses lèvres, le refrain toujours dans la tête. Une fois quelques phrases échangées concernant les tours de garde consécutifs, le silence se fit d'un accord tacite et tomba doucement sur le petit campement. La forêt, comme en écho aux chansons qui l'avaient bercé quelques temps auparavant, semblait murmurer dans le vent ambiant. S'emmitouflant dans sa cape, Croquelune s'adossa à un arbre environnant, prenant le premier tour de garde, un peu à l’écart du camp. C'était un vieux tour qu'il avait rapidement appris : ne pas rester dans la lumière du feu pour mieux voir d'éventuels attaquants arriver, pour ensuite les surprendre. Bien que la nuit s'annonçait être calme, on n'était jamais trop prudent, et le saltimbanque serait sans aucun doute peiné s'il arrivait quelque chose de malencontreux à son tout nouveau compagnon.


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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Lun 6 Juin - 19:45

Ce fut avec un peu de déception que Vyardo vit cette longue soirée riche en musique (où Vyardo avait trouvé un compagnon qui réussit même à lui apprendre des chansons d'un répertoire pourtant largement exploré par le mercenaire) se terminer. La question des tours de garde fut vite réglée et le draturis partit sereinement se coucher. Il se réveilla pour prendre son tour de garde et laisser Croquelune dormir quelques heures plus tard. Le mercenaire resta dans la pénombre pour éviter d'être pris par surprise et passa la plus grande partie du reste de la nuit à boulotter des framboises.

Au matin, après que son compagnon se soit réveillé, ils rangèrent rapidement leur camp en emballant leurs affaires. Ils furent rapidement pret à partir mais Vyardo traîna un peu, bourrant tous les sacs vides qu'il trouvait avec le reste des framboises du bosquet. Ils se remirent finalement en route alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Le draturis resta silencieux pendant quelques minutes, puis commença à siffloter, puis à chantonner, l'un de ses chants de marche, appris au contact des autochtones lors d'un précédant trajet.

“Chez nous la pendule
Avance et recule
Chez nous la pendule
Avance et recule
C'est moi qui fait l’balancier
Et ma femme le fait marcher
Le valet la mainte, li, le valet la mainte
[...]"


Il prirent un rapide déjeuner en marchant, constitué en grande partie de framboise pour certain, et arrivèrent juste avant le coucher du soleil en vue d'une ville plutôt importante : Montratail. Profitant de l'occasion, Vyardo reprit sa chanson ”De Nepres à Montratail “, à mi voix par respect pour les oreilles de son camarade, chose dont il ne s'était jamais préoccupé avec Anva'ar d'ailleurs, qui devait supporter ses chansons chantées à tue tête.
Une fois en ville, Vyardo chercha tout d'abord à trouver une taverne sympathique pour refaire ses stocks de nourriture qui commençait à être sérieusement entamée et pour remplir ses outres (et se “rincer la gorge après la poussière du voyage”).
Il aurait bien le temps de trouver la Groseille tremblante plus tard.
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Anva'ar Kordrak
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Jeu 30 Juin - 2:43

Anva'ar se maudit intérieurement : il avait passé trop de temps sur le chemin, et était sûrement en retard au point de rendez-vous. Il se dit qu'en fin de compte ce n'était pas grave : Vyardo n'était pas du genre à abandonner quelqu'un, et puis ses affreuses chansons pouvaient-elles aussi attendre. Le Hajhira était surtout en retard à cause de sa rencontre la veille avec la voleuse Galbuk, la prénommée "Jace". Cette rencontre avait fait extrêmement plaisir à Anva'ar, et lui donnait bien envie de revoir cette Galbuk.
    Mais pour le moment il se devait de retrouver Vyardo. Ce qui se résumait à suivre le chemin. Tout du moins, c'est ce que Anva'ar imaginait : en effet il avait demandé son chemin à des paysans dans leurs champs, et leur patois incompréhensible n'avait fait que l'embrouiller encore plus. Devant leur insistance à pointer la route du doigt, il s'était dit que la route devait bien être le bon chemin.
    La route n'avait pas été d'un quelconque intérêt : elle se résumait à une longue et épuisante marche, ponctuée de quelques siestes afin de reprendre des forces, voire même juste comme ça. Pour seul évènement notables, on pourrait citer la rencontre du Hajhira avec un Saffralen, une petite bestiole qu'il a tout de suite trouvée adorable. S'en suivit une course poursuite d'une bonne demi-heure, se soldant par l'échec de la capture de l'animal, et une grande déception pour Anva'ar, qui se jura d'arriver à en capturer dut-il "Ratisser toutes les forêts de Morrokoth.".
    Le Hajhira avait aussi passée une nuit entière à la belle étoile à l'orée d'une forêt, notant l'ironie du fait que c'était la raison pour laquelle il n'avait pas eu envie d'accompagner Vyardo. Il profita de l'obscurité pour s'entraîner à différentes activités, notamment l'escalade d'arbres qu'il avait pu tester la nuit précédente. Cette activité l'amusait bien plus que cela ne le devrait, mais c'était trop fort pour lui : il aimait bien se balancer aux branches et escalader les troncs des arbres à l'aide de ses griffes. Cela lui rappelait quelques peu les toitures de Nèpres qu'il escaladait toutes les nuits à la recherche d'objets ... Le Hajhira ne regrettait vraiment pas d'être parti. Le monde est si grand et il y a tellement à y faire.
    Anva'ar arriva finalement le lendemain matin, après plusieurs bonnes heures de marche, dans la ville de Montratail, une bourgade plutôt bien fournie. Il était quand même plutôt heureux de retrouver un milieu urbain, qu'il considérait toujours comme plus facile à naviguer. Le Hajhira se promena quelque peu dans la ville, tout en ramassant de-ci de-là quelques bourses pendant à la ceinture de leurs propriétaires. "Si vous portez votre bourse à la ceinture, c'est que vous voulez qu'on vous la vole !" se dit-il à lui-même. Ce n'est qu'au bout d'une bonne heure que Anva'ar se rendit compte qu'il n'avait aucune idée d'où retrouver Vyardo. Cela l'agaça un peu : il venait enfin d'arriver, et il allait mettre trois heures à retrouver son compagnon. Après dix bonnes minutes de réflexion sur "si Vyardo en valait vraiment la peine" et une quinzaine de soupirs profonds, le Hajhira se mit à la recherche de l'humain.
    La recherche dura une bonne heure, avant que le voleur ne se rappelle que Vyardo serait forcément à une taverne, de préférence une portant un nom ... fruitier. Après maints soupirs toujours exagérés, le Hajhira en vint à demander la direction d'une telle taverne à un passant, qui lui indiqua celle d'une dénommée "Groseille Tremblante". Le passant fut remercié, et Anva'ar se dépêcha de se diriger vers ladite taverne.
    En arrivant à la taverne, un souvenir se dessina sur le visage du Hajhira : Il avait reconnu Vyardo dans les clients attablés. Il se prépara à entrer quand il entendit une mélodie qui lui agressa les tympans. Vyardo s'était mis à chanter une énième de ses chansons grivoises. Là dessus, toute la rage contenue dans la tête d'Anva'ar remonta à la surface, et son sang ne fit qu'un tour.
    Le Hajhira fonça sur Vyardon, et en guise d'accueil, lui envoya son pied droit dans le visage, tout en sautant et en prononçant ses paroles :

"ESPECE DE CHANTEUR DE PACOTIIIIIIILLE !!!!!"

    Il se réceptionna sur la chaise dont le pauvre Vyardo venait d'être éjectée, sans prêter attention à la personne assise en face.
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Vyardo Leonacci
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    Ven 1 Juil - 21:10

Vyardo s'ennuyait ferme. Il était arrivé à Montratail depuis 3 jours et Anva'ar était même pas encore arrivé… ces journées avait été plutôt vide malgré les chansons de Croquelune et le fait que le mercenaire partageait allègrement ses chansons. Ils finissaient leur repas à la “groseille tremblante” et Vyardo avait commencé une chanson au rythme effréné :

La chanson

“Tu vas au bal qu'y m' dit
J'u'y dit qui, y m' dit toi
J'u'y dit moi, y m' dit oui
J'u'y dit non je veux pas,
C'est trop loin
Y m' dit bon
Et toi t'y vas qu'j'u'y dit
Y m' dit qui, j'u'y dit toi
Y m' dit moi, j'u'y dit oui
Y m' dit non j'y vais pas,
J'ai un rhume et j'ai froid
Alors on n'a pas dansé,
On est resté à parler
On n'a rien regretté
Y parait de toute façon
Que c'était un bal”
*bwarf*

Le mercenaire fut interrompu par les bottes de Anva'ar, suivi par le reste du hajira d'ailleurs, qui mettait une fois de plus en doute les compétences en chant de notre mercenaire favori.
Vyardo avait son couteau dans la main et stoppa son geste juste avant de le lancer sur le voleur.
“Anva'ar ? Tu t'étais perdu?”
Dit le draturis à son compagnon. Enfin à sa botte.
“Un plaisir de te voir mais pourrais tu te débrouiller pour que tes bottes n'occupe pas la même position que mon visage?”

“Au passage voici Croquelune, un troubadour que j'ai rencontré sur la route, il se propose de nous accompagner à Ermurag.”
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MessageSujet: Re: Le Masque et l'Oeil    


 
Le Masque et l'Oeil
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