Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]

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Kelt Gretham
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Guilde : Le hameau des cornes
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MessageSujet: Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]   Mar 29 Déc - 13:51

A cette époque le hameau n'était qu'un manoir isolé, loin à l'ouest de Nèpres, et une écurie à un seul locataire. Un bâtiment était en cours de construction, c'était la future "auberge des cornes" que les ouvriers avaient abandonnés pour ce trivos. Non loin seul devant un champs à peine semé derrière la bâtisse, l'homme-démon Gretham faisait des pompes torse-nu, un sac de grain sur le dos, sans se soucier de sa solitude actuelle. L'odeur du grain frais embaumais l'espace et couvrait la poussière froide et stagnante du chantier.
Quand celui-ci se releva, les gouttes de sueur perlant sur son front rouge et ses cornes, il prit une grande bouffée d'air avant de se saisir d'un chiffon pour s'éponger puis embrasser ses cultures d'un regard, droit et fier. Il n'aurait jamais imaginé que son projet se monte aussi vite, le manoir avait été terminé en un peu plus d'un cycle seulement et l'auberge avançait à allure tranquille. Les années de labeur auront porté leurs fruits, le projet pourrait bientôt commencer.

Des bruits de pattes retentirent devant le manoir, on entendait une voix joyeuse annoncer quelque chose d’inaudible à cette distance. C'était un jeune homme à dos de tonol, content d'apporter une nouvelle heureuse au nouveau village voisin. Il venait de Morklaeth, un village paysan à une trentaine de kilomètre du hameau, les êtres civilisés les plus proches. Mais sa joie de vivre disparue quand il aperçu l'humain monstrueux et en sueur, lâchant son parchemin avant de repartir au galop sans mot dire. Assurément il ne savait pas à qui il devait porter ce message, personne ne l'avait mit en garde quant à l'apparence du propriétaire du manoir. Soufflant un rire, Kelt ramassa le parchemin, le plia et rentra chez lui, sourire aux lèvres. "Allons nous divertir mon cher Kelt."

Quelques minutes plus tard il ressortit, bien habillé et coiffé, sella son tonol et prit la route de Morklaeth... Lorsqu'il y arriva, il ne reçu aucun accueil, ni chaleureux ni mauvais, les habitants se contentèrent de le regarder avec méfiance. Aucun ne connaissait son nom, mais ils l'avaient surnommé "Cornes". Ce n'était pas des plus original mais ça lui correspondait plutôt bien.
Il n'aimait pas qu'on le regarde ainsi mais il avait prit l'habitude de cacher sa gêne, pour cela il les regardait en souriant amicalement. La confiance viendrai petit à petit et il pourrait se servir de ces pauvres gens comme il l'avait fait à Nèpres auparavant. L'air empestait la betterave ici, étant l'objet des récoltes des paysans d'ici, il réprimait en permanence une grimace de dégoût...

Il attacha son tonol dans un coin et rejoint la foule qui observait les saltimbanques prendre place. Pousser n'était pas une option pour l'homme car la foule s'écartait à son passage, lui laissant champ libre jusqu'au premier rang, d'où il vit le spectacle commencer doucement, bras croisés, sourire aux lèvres... comme toujours.


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MessageSujet: Re: Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]   Lun 18 Jan - 20:35

Le disque solaire se levait lentement, mollement, sur la plaine douce et verdoyante. Il sortait de sa délicieuse léthargie après une nuit à contempler les dessus de Dame Maleryon, pendant qu' Osildur partageait sa couche. Le vent d'Est s'était fait souffler devant sa lumière allant d'un rose tendre, nuancé par un orange chatoyant et un pourpre intense. Noé songea que ce matin il semblait particulièrement amoureux et cette pensée la fit sourire. Le fessier posé sur la toile tendue au dessus du chariot de tête, le regard perdu dans cet océan de couleurs chaudes, la perle se sentait libre. Certes, elle ne l'était pas réellement, mais elle n'avait pas  vraiment à se plaindre.

Il y a quelques mois de cela, l'actuelle troupe de théâtre qu'elle accompagne l'avait sortit d'une position particulièrement délicate, songeant au premier abord qu'il pourrait peut être tirer une rançon de cette étrange gamine. Il s'était vite avéré qu'elle ne possédait rien d'autres qu'un carnet de croquis. Et le bijou qu'ils avaient cru entrevoir, il s'est avéré qu'ils l'avaient visiblement imaginé. Une vie mérite salaire. Et si aucune rançon ne pût être tirée, Roakhan signa sans le vouloir pour rembourser la dette qu'elle devait à cette étrange troupe de cirque ambulant. C'était au moment de signer qu'elle se créa l'identité de Noéphïm Lümidor d'ailleurs. Elle travaillait dur pour aider comme elle le pouvait. Cuisine, entretient du matériel,premiers soins, couture... Elle conduisait même le chariot de temps en temps. Mais les choses se compliquèrent quelque peu quand, sans le vouloir, elle révéla ses compétences en tant que métamorphe. Elle devenait, au regard du Vieux, une mine d'or. Mais revenons un peu sur la troupe. Ce n'était pas vraiment une troupe, mais une plus une couverture pour quelques menus larcins. Il y avait le vieux, cupide et las de la vie mais pas méchant. Sa femme était une funambule fulgurante, plus amoureuse de l’adrénaline que de son époux ou de sa propre vie. Le vieux ne se remit jamais vraiment de ça, passa nombre et nombre d'années au fond de la bouteille. Puis il finit par monter une bande de gentils bougres, un peu voleurs , un peu parieurs, mais pas tueurs. Du moins pas tous...

Bref. La métamorphose... Certaines nuits, à certaines périodes, elle se métamorphose. Rien à voir avec un être mutant lorsque a totalité de Maleryon se dévoile au regard de tous. Non, et heureusement. Ce songe, il lui revient de manière aléatoire, et à chaque fois aussi angoissant et cauchemardesque. La perle n'a toujours pas comprit le lien entre cette vision qui la laisse tremblante et suante au réveil, mais surtout animale. Impossible par ailleurs de mettre le moindre mot ou la moindre image, une fois son esprit éveillé. Le phénomène ne persistait qu'une minute environ après son émergence. Et il a suffit d'une poignée de secondes, une unique fois, pour que les choses basculent. C'est fou comme quelques instants suffisent parfois. Désormais, elle le savait , le Vieux ne comptait plus la laisser partir. Elle pouvait s'échapper, une fois de plus, mais elle n'avait pas trop de raison pour le moment. Enfin d'abord il faudrait se débarrasser de ça. La perle glissa un doigt songeur sur le cercle métallique et ras de son cou. Quelque soit la manière dont cette chose marche, au besoin le Vieux pouvait la blesser à distance avec ça, l'étouffer. Et si il le fallait : la tuer. Mais il n'avait aucune raison d'en arriver jusque là. L'enfant-femme grimaça légèrement, et retourna s'allonger. Depuis son statut de métamorphe, elle était exempte de la plupart des tâches mineures et journalières, le Vieux s'étant aperçu de la fatigue occasionné par l'utilisation de cette magie sur sa propriétaire. Ce n'était pas par humanisme, mais par soucis de préserver cette mine d'or sur pattes. Mais plus le temps passait plus il se prenait à rêver de choses et de numéros grandioses, mais surtout d'arnaques de plus en plus juteuses, lui demandant toujours plus, l'usant encore et encore.

Noé soupira doucement en se glissant sous les couvertures. Ce soir ce serait le numéro du Glamarnokh, une créature inventée de toutes pièces, venant soit disant des lointaines contrées désertiques d'Ermurag. Le but était de la présenter comme une bête de foire, qui par la suite réussit à s'échapper. Les habitants devront ensuite payer un lourd tribut pour que la troupe mette, soit disant, toute son habileté à se saisir de la bête. Une belle arnaque. Très convaincante. Faux sang, fausse perte d'un jongleur.... Avant ça les classiques danseuses, funambules, cracheur de feu, jongle et tir divers, dressage, magie. D'ailleurs la perle était aussi l'assistante de l’illusionniste. Les cahots du chariot la bercèrent doucement, et malgré ses pensées un peu amères elle sombra sans s'en rendre compte. La demoiselle avait passé une partie de la nuit à regarder les étoiles et attendre la renaissance d'Olè'ktar, comme elle le faisait très souvent. Il lui semblait, que quand la nuit tombait la pierre contre son buste pulsait d'une chaleur douce. Pourtant dès qu'elle se concentrait sur le phénomène, il semblait n'avoir jamais existé. Alors, déçue, elle sortait son carnet et dessinait le monde vu à travers le voile de son esprit.

La jeune Ivka vint la tirer de son sommeil une fois l'après midi bien entamée. Et comme à chaque fois qu'elle venait la lever, soit presque tout les jours, elle se penchait au dessus de son épaule quand la perle s’asseyait, et lui demandé ce qu'elle avait dessiné la veille. Noé, lui laissait regarder son carnet, et sur ce elle sortait prendre une grande goulée d'air frais, un morceau de pain avec du fromage et un fruit dans le chariot de réserve, et faisait l'état de la situation. Sur ce, un peu avant d'arriver, le Vieux l’appellerait avec un grognement, et lui rappellerait ses instructions. Et ça ne tarda pas à arriver. La Grise sauta de son point d'observation et remonta la colonne de chariot jusqu'à celui de tête et grimpa à bord avec un bond agile. Elle l'écouta en hochant la tête et quand il eut terminé, elle coupa la moitié du fruit qu'elle tenait, le lui tendit, et récupéra la pipe qui vint en retour. Juste histoire de quelques bouffées.

Ils arrivèrent aux abords de Morklaeth en fin d'après midi, mais il faisait clair encore, assez pour monter la scène ouverte sans mal, ainsi que les quelques tentes colorées qui la bordaient. Il se trouvait là quelques étals dont : un stand de tir, un théâtre pour enfant, et celui du cuisinier qui proposait une boisson brassée artisanalement plus ou moins douteuses. La mise en place se fit tranquillement, l'annonce avait déjà été relativement bien relayée dans les alentours. Noé était entrain de finir de se préparer. Elle lustrait patiemment sa longue crinière argenté, après avoir passé une ensemble à rayures vertes émeraudes et bleue saphir. Ça et là quelques détails au fil d'argent. Le bas était composé d'un short bouffant, froncé et noué sur les cuisses par un ruban perle. Le haut était composé d'un bustier et d'un caraco taillés dans l'étoffe. Noé portait un haut de forme bleu nuit, cerclé par le même ruban perle que sur sa tenue, et de petites bottines à talons. Sa taille marqué à l'extrême, les jambes plus que découvertes et un décolleté mis en valeur, elle n'avait pas beaucoup de formes mais l'illusion suffisait. Elle était là pour distraire l'attention du public après tout. Elle dressa l'oreille. Les cracheurs de feu avaient presque terminé, c'était à son tour. Elle caressa l'étoffe du rideau et, comme à chaque fois, senti une boule naître dans son ventre. La main d'Iram, l'Illusionniste, la fit sursauter. Sa pression était douce, et elle lui sourit en retour. De tout ceux qu'elle appréciait dans la troupe Iram et Ivka dépassaient tout les autres.

Les frères Margrett firent leur sortie et, quand les applaudissements se turent, nous notre entrée. Noéphïm salua mais en se redressant son regard si bleu s’arrêta sur un être étrange au premier rang. Son regard glissa sur ses cornes, sa peau écarlate mais s’arrêta sur son regard, ou elle plongea le sien sans pudeur. Il lui sembla une nouvelle fois que le cristal qu'elle portait se mit luire subtilement. Un léger frémissement glissa sur son échine, et ce n'est qu'avec la pose d'un oiseau exotique sur son épaule qu'elle renoua avec le temps présent. Noé remercia l'illusionniste d'un mouvement, et ils reprirent leur numéro qui se termina avec leur disparition derrière un écran de fumée. La présence de l'écarlate personnage, qu'elle observa à la dérobée derrière le rideau, la perturbait sans qu'elle sache pourquoi. Non ce n'était pas une question d'apparence, elle imaginait tellement de chose dans son jardin secret que ce n'était pas si étrange que ça.. Non plutôt une aura.. Mais trêve de songe, était venu le temps de la métamorphose.

La Grise passa la porte ouverte de la cage et s'y assit en tailleur. Pour se changer en cette bête issue de son imaginaire, il lui fallait y replonger, se couper des bruits parasites du spectacle et du public, se couper de ce monde ci pour ouvrir la porte de son monde miniature, mais chaque jour en expansion. Lentement son peau sembla se mettre à luire, et son corps se modifia au fil de sa pensée. Les traits se précisaient petit à petit comme un dessin le ferait sous le crayon de son investigateur. L'air autour d'elle lui donnait toujours l'impression de frémir, comme si elle altérer la réalité de son être. Peut être était ce le cas, peut être pas. Nombre de choses n'existent que dans son esprit, que ce détail en fasse partie ne l'étonnerait pas le moins du monde. Un frémissement violent la secoua à l'instant ou la métamorphose s'acheva. La Perle n'était plus vraiment, elle avait laissé place à une grande bête campée sur six pattes puissantes, deux paires au niveau du train arrière. La tête, le poitrail, le ventre et le prolongement de sa queue était recouvert d'écailles claires, d'un gris presque blanc. Quatre yeux entièrement de ce bleu si particulier qui était le sien, étaient fendus par une pupille blanche. Un long pelage soyeux aux reflet solaire partait de son front et couvrait ce que les écailles de couvraient pas. De part et d'autre de la colonne vertébrale de l'animal se dressaient d'impressionnante extensions osseuses. La gueule était plutôt féline, mais avec son 1m50 au garrot c'était loin du petit félin de salon.

Noé, sous son enveloppe animale hocha la gueule vers Iram. Elle était stable. On pouvait commencer. Un trait émeraude fut posé sur la cage. La vois du Vieux résonna, vibra en la présentant, ainsi que son « dompteur ». La cage fut pousser et d'un geste elle fut révéler au yeux de tous. La fabuleuse créature poussa un rugissement brutal, froid, avec presque un accent métallique, et son poil se gonfla. Le public sursauta, et mentalement la grise sourit. Le dompteur ne se laissa pas impressionner pour autant, et pénétra dans la cage, avec juste une badine. Quel courage ! Le fauve joua un moment à se montrer invincible, mais en fin de compte il n'eut d'autre choix que de ployer le genoux devant la dextérité de l'homme. Mais quelles foutaises bordel ! Un instant Noé songea à le dévorer sur place, mais cette idée passa aussi vite qu'elle était venue. Le dompteur joua une mauvaise manœuvre, c'était le signal. L'animal bondit au dessus du petit homme, le fouetta de la queue en l'envoyant voler avec une facilité déconcertante, et heurta la porte qui n'avait pas été réellement verrouillée. Pour la forme elle sauta dans la foule en panique, passa juste au dessus de l'homme rouge, son collier qu'elle portait toujours accrocha la lumière à ce moment là, et disparut dans les bois. Son rugissement résonna plusieurs fois sous les frondes, s'éloignant semble-t-il. La suite elle la connaissait. D'abord ils leurs faudrait répondre à la peur et à la colère des habitants, puis ils les embobineraient tellement que les habitants finiraient par les payer pour qu'ils remettent la main sur elle à nouveau.

Dans un soupir las, Roakhan s'allongea au pied d'un arbre centenaire, épuisée. Elle avait l'impression que son corps s'usait un peu plus à chaque fois, et peut être était ce vraiment le cas... La faim la sortie de sa léthargie. Elle avait faim. Terriblement faim. Alors comme le fauve qu'elle était le temps d'un soir elle se redressa et chercha a flairer une piste.

Kelt Gretham
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MessageSujet: Re: Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]   Mar 19 Jan - 14:18

Le spectacle avait commencé et petit à petit Kelt se souvenait pourquoi il avait choisi de s'isoler dans son hameau. Les humains, car il ne se considérait plus comme tel, s'adonnaient à des divertissements ridicules, peu recherchés et surtout futiles. Alors qu'il gardait son sourire courtois en observant le spectacle, son autre résidents déversait ses paroles, comme l'incessant bruit d'une cascade de haine couvrant le son de la scène.

"Ça fait des années que tu me forces à subir cette normalité feinte, Kelt. Regarde les, comme ils sont idiots, ils s'amusent de ce spectacle. Ce n'est rien d'extraordinaire, NOUS LE SOMMES !
Regarde les, comme ils nous fuient du regard, même ceux sur scène, il se donnent en spectacle mais NOUS LE SOMMES !
Regarde les, comme ils nous haïssent, car la différence effraie les simples d'esprits, ils pensent nous menacer de leurs regards. Tu le sais au fond de toi que la menace, c'est NOUS !
Libère moi, tuons les tous, peut-être mourra-t-on, quelle importance ? ALLER ! TUE !"


Mais la voix de l'autre s'était tu. Le démon observait cette jeune femme aux yeux perçant qui l'observait sans la moindre crainte et sans jugement, son regard se perdait dans le sien, recréant un sentiment agréable oublié depuis longtemps. Il se surpris à s'attendrir, sa voix supplémentaire avait céder sa place aux silence étouffant de la réflexion. Enfin, elle disparue derrière la scène, l'homme reprit ses marques et redevint l'être cordial et bienveillant qu'il voulait être aux yeux du monde.
Sur scène vint une bête... une bête que Kelt n'avait jamais vu, ni même dans un livre. Et cette bête avait les yeux les plus bleus qu'il avait vu chez un animal, mais il les avait déjà vu, quelques minutes plus tôt et surtout, l'animal portait un un bijou, un bijou d'une grande beauté. Presque aucun animal ne porte de collier comme celui-là, encore moins celui d'une bande de forains crasseux.

Le spectacle prit une autre tournure, la bête se retourna contre son maître, et pour fuir, la bête sauta au dessus des cornes de Kelt, se baissant il aperçu un collier. Son doute devint une certitude, une bête serait partie dans le sens opposé à un démon tel que lui...
La panique commençait, et tranquillement l'homme s'avança en direction de son Tonol affolé, le monta et s'en alla vers là où la bête s'était enfuie. Arriver à la lisière de la forêt il laissa sa monture attachée à un arbre et entra. Si sa théorie était bonne elle ne devrait pas être très loin. Alors plutôt que de chercher, il prit la parole assez fort, mais sa voxi restait doucereuse, bienveillante.

- Joli spectacle... Je me demande bien comment ils ont réussi à mettre un collier à une bête aussi vivace.


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MessageSujet: Re: Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]   Mar 19 Jan - 21:36

Un souffle rauque, l'odeur entêtante dans bois, le jeu de la lumière déclinante sous les frondes, tout cela avait quelque chose de grisant qui à chaque fois, le peu de fois ou elle se métamorphosait, l'ivresse apportée par ses sens la balayait comme un fétus de paille. La pléthore de sons, les milles odeurs subtiles, la caresse du sol sous ses coussinets, tout autant de choses qui la submergeait au point, souvent, d'égarer un instant son esprit. Elle avait un peu l'impression de découvrir un monde nouveau à chaque fois, et peut être était-ce un peu le cas en quelques sortes. Après tout, les sens humains sont bien moins développés que ceux de la plupart des autres espèces. Sa traque ? Elle l'avait bien vite abandonnée, préférant vivre que donner la mort à une petite créature. Elle s'immobilisait régulièrement, redressant la tête vers le village, humant l'air et dressant les oreilles mais rien n'indiquait que le cirque était sur ses traces. Non pas pour le moment, et ça commençait à faire. Son corps se fatiguait vite et, dès l'instant où elle aurait retrouvé forme humaine, un sommeil sans rêves ne tarderait pas à la cueillir. Impossible de faire une pause, puis de se transformer à nouveau. Pas coup sur coup.
Elle reprit ses déambulations, cherchant l'humidité qui la conduirait à une source, l'esprit un peu occupé. Étrangement il lui semblait être passée à côté d'un détail... non pas vraiment d'un détail justement mais plutôt d'avoir raté un truc assez énorme pour ne pas être remarqué. Ses réflexions cessèrent à l'instant où elle sentit le bout de sa quête aqueuse, et ne reprit que lorsqu'elle se fût suffisamment abreuvée. La nuit n'allait pas tarder, ce qui était particulièrement étrange. Ça ne s'éternisait jamais autant. Les négociations avaient dû prendre un tour non maîtrisé... Elle grimaça mentalement. C'était pas de bonne augure pour elle tout ça. Pourtant elle avait prit soin de rugir ça et là, régulièrement, ce qui avait mis un terme très rapidement à son ébauche de chasse. Un sursaut de lucidité la secoua, ses pattes puissantes décrochant quelques mottes de terre. Nom d'un dragon ! Ce qui la taraudait depuis toute à l'heure, enfin même un peu plus que cela, c'était le caracolement des sabots et, surtout, l'appel qui avait suivit. En demi sommeil, elle n'avait pas réalisé sur l'instant que ça ne sortait ni d'un songe, ni d'un souvenir. L'appel ne pouvait vraisemblablement pas être pour une autre qu'elle et, malgré les quelques déboires qu'elle avait déjà collectionné, sa curiosité était piquée à vif.

La perle tourna les griffes et entama un retour au petit trot vers l’orée de la forêt. Plus elle s'approchait de celle ci, et plus elle pouvait constater que le temps n'avait pas filé aussi vite qu'elle l'avait supposé, mais que la fronde épaisse avait faussé son jugement. Malgré tout, un certain temps s'était écoulé, et il était plus que probable que le propriétaire de la voix ai mit les voiles. Un souffle d'air capta pour elle la réponse à son interrogation, lui portant à la truffe une odeur inconnue, visiblement pas hostile. Une touche écarlate entre les arbres, dans ce qui semblait être une ébauche de clairière, indiqua le propriétaire de l'interpellation. Sa question ? Elle ne s'en souvenait pas, et il est fort probable que de toute façon, elle n'aurait aimé y répondre. Mais à dire vrai, tout ce qui l’intéressait pour le moment c'était de découvrir qui se cachait derrière ce regard étrange. Elle en fit le tours lentement, calmement, tout en était certaine qu'il avait depuis longtemps déjà perçut sa présence. L'animal fit par se poster en face de l'âtre de chair, de rouge et de sang qui l'attendait. Oui elle lui fit face, mais sous le couvert des ombres d'arbres et de buissons bas. Combien de temps ? Quelle importance. Il la fascinait tout autant qu'il la glaçait, non pas par ses traits, mais par une chose qui malgré lui se dégageait de sa personne.

La Perle fit un pas, puis deux...Et d'une démarche à la fois gracieuse et fluide, elle finit par pénétrer dans l'espace dégagé du bois, son pelage miroitant doucement dans la lumière tombante du soir. Elle s'avança et ne s'immobilisa jusqu'à se trouver à cinq mètres de l'humanoïde, puis s'assit pour lui faire face. Les quatre pierres saphir de son regard clignèrent doucement puis se plongèrent dans le sien. Une douce modulation sortit de sa gueule, et elle inclina un peu la tête mais sans le lâcher du regard. Elle y vit une interrogation, et la seule qui lui semblait logique c'était pourquoi. Pourquoi ou comment. Comment en était elle arrivée là ? La Grise haussa ses épaules et lâcha un soupir. Elle songea un instant à reprendre forme humaine, son corps s'épuisait et la nuit venait. Oui, un instant, pas plus.

Cris et martèlements de pieds sur le sol lui brisèrent cet étrange échange silencieux. Ils venaient. Mais ce n'était ceux qu'elle attendait, pas seulement eux du moins. Elle leva la gueule, l'entrouvrit et baissa les oreilles en arrière. Fuir. Quelque chose la poussait à craindre cette vague humaine qui arrivait. Elle était trop nombreuse, trop vindicative. Tant que l'air sembla s'électriser. C'était le début d'une traque, une traque bien réelle. La bête se hérissa, gronda, le regard dur porté dans la direction du tumulte, et fit volte face pour s'enfoncer dans la forêt. Fuir. Elle s'immobilisa une poignée de seconde pour regarder le bonhomme rouge, puis disparu à son regard. Le Perle avait peur, une peur presque animale. Rien n'était plus effrayant que d'être traquer comme une créature sauvage. Les sauvages c'était eux. La fatigue se rajoutait à cela, finissant d'égarer ses sens. Il lui fallait se cacher, se terrer, reprendre forme humaine, et surtout survivre au froid et à la nuit qui se profilait. Noé ne pensa ni à effacer ses traces en marchant dans un ruisseau, ou en marchant sur des troncs morts plutôt que dans la terre tendre, ni à faire attention aux brindilles et aux touffes de poils clairs qu'elle perdit dans sa course.

Roakhan finit par se trouver une large souche creuse, et après avoir retiré un peu de terre de ses larges griffes pour dégager l'entrée de celle si, elle s'y lova comme elle pût. La perle soupira. Elle était dans une situation plus que délicate. Si elle rompait la métamorphose, son corps nu ne supporterait pas le froid, et elle ne pouvait pas non plus arriver devant les villageois, elle serait reconnue et le lien s'établirait de lui même. Mais elle ne pouvait pas non plus rester encore longtemps sous cette forme, qui finirait simplement et proprement par la tuer. Une pensée se porta sur le peau rouge, allez savoir pourquoi.

Kelt Gretham
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MessageSujet: Re: Les bêtes de foire. [Pv Noéphim]   Mer 20 Jan - 17:47

Immobile au milieu des arbres, l'homme croisait les bras suite à sa phrase et n'ayant aucune réponse, il attendit là. Il avait la certitude que sa théorie était la bonne, et le collier qu'il avait aperçu lors du saut de la bête lui donnait la plupart des réponses dont il avait besoin.
La bête était là, il la sentait tournant autour, jugeant et attendant le moment opportun et surtout quoi faire.
Elle apparu, timidement d'abord et rapidement avec plus d'assurance, de prestance. La fixant, il voulait lui dire quelques mots quand ils furent interrompus par les bruits des villageois recherchant la bête, qui prit très vite la fuite, effrayée du sort qu'ils pouvaient lui réserver.

Kelt fit demi-tour, tous passaient près de lui, ne semblant pas réellement le voir dans leur haine... Il remonta sur son tonol et vit deux des forains qu'il regarda avec insistance. Ils étaient paniqués et semblaient concentrés vers la forêt en y entrant. "Des Pions... Continue. Celui ou celle qui manigance tout ça n'est pas venu. C'est sûr." La voix dans sa tête s'était calmée, elle partageait malgré tout les idées de Kelt et leurs pensées se synchronisaient dans ce genre de situations.

A dos de tonol la distance qui le séparait de Morklaeth était dérisoire et il arriva au niveau du camp des forains avant même que la bête ait pu s’essouffler, il laissa son fourreau sur l'animal. " Oui, oui... C'est ça que nous voulons, c'est la meilleure façon de faire. " Et il les vit. Toujours souriant, il salua les quatre personnes, et prit la parole de sa voix douce, leurs yeux montraient la crainte qu'il était capable d'inspirer rien que par sa présence.

- J'ai remarqué que le village s'était soulevé. Ce n'est pas vraiment ce que je pensais arriver ce soir... Cette bête est en liberté, je suppose que si je vous paye vous ferez de votre mieux pour retrouver cette bête ? Bien.

Il prit doucement sa bourse, et les yeux du vieil homme brillèrent, les écales adoucissaient le cœur de la plupart des âmes de ce monde et notre démon était si bien habillé qu'on ne pouvait que l'imaginer riche... Kelt s'approchait donc la bourse à la main et..." Pathétique..." Sa dague coula de sa manche, se plantant dans la gorge du vieil homme.

Alors que le sang glissait doucement le long de la dague, Kelt se tourna vers les autres, le visage dur et lorsque les cris commencèrent des trous s'ouvrirent dans l'espaces et trois guerriers kleroth surgirent de ceux-ci. Armés de fourches, ils s'acharnèrent sur ceux qui restaient, les éventrant sans pitié et ricanant comme ceux de leurs espècent le faisaient si bien.

Kelt fit disparaitre les kleroths et un bymmorth prit la relève. Il mit feu aux installations à l'aide de sa tête enflammée et disparu à son tour.
L'écarlate récupéra sa dague et l'essuya sur la robe du vieillard et se saisit de ses possessions... Écales, artefact, et même machine en faisant attention de ne pas toucher la lanythe, tout ce qui avait une quelconque valeur ou utilité. Il prit ensuite la direction de la forêt sur son tonol et y pénétra à pied, suivant la chasse aux cris qu'elle poussait encore.

La créature avait-elle survécu ? Il l'espérait, il ne voulait pas avoir fait ça pour rien...


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