Fourmillon fourmillant

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Caragh Spurv'ach
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MessageSujet: Fourmillon fourmillant   Mar 21 Fév - 17:08

Toutes les semaines environ, c'était la même affaire. L'arrivée en nombres de bateaux pêcheurs, marchands, voyageurs ou tout à la fois laissait entendre à la moitié des commerçants de Nèpres, soit la moitié sud, plus proche du port, que posséder une boutique avec pignon sur rue ne suffisait pas, mais encore qu'il fallait se rapprocher au plus près du client en transformant les rues et les places des docks en marché. Mais avant cela fallait-il encore batailler pour chaque coudée de terrain, y monter les étales qui formaient un véritable labyrinthe, puis y installer savamment la marchandise. Un travail titanesque qui devait de plus être terminé avant l'arrivée des acheteurs. Autant dire qu'il fallait s'y prendre dès l'aurore, sinon avant, et que quelques paires de bras supplémentaires n'étaient pas de trop.

Ils devaient être un peu plus d'une trentaine à faire le pied de grue dans l'aube bleutée, toutes races confondues, sans compter ceux qui avaient déjà développé avec le temps un accord tacite avec des marchands qu'ils attendaient pour commencer leur travail. Certains fumaient, laissant entrevoir la lueur orangée d'une pipe, d'autres discutaient d'une voix sourde, mais tous conservaient un certain alignement pour être mieux visible par leur potentiel employeur journalier. Caragh reconnut quelques connaissances qu'elle salua d'un geste de tête avant d'aller s'appuyer contre un mur comme les autres. Olè'ktar n'était même pas encore visible à l'horizon mais laissait deviner une clarté entre les mâts qui auréolait déjà les nuages et Osildrur. Dans une semaine environ aurait lieu le Manaurë, ce qui donnerait lieu à des réjouissances pour ceux possédant un quelconque pouvoir, ce qui pouvait tout aussi vite dégénérer. Elle étouffa un bâillement du revers de la main et se prit à observer d'un œil distrait le ballet des petites fleuristes qui arrangeaient leurs bouquets et leurs paniers dans la pénombre.

Les maraîchers, viandeurs, poissonniers et boulangers furent les premiers à venir faire leur choix, passant devant les rangs, appelant différents types de travailleurs, certains préférant les grands costaux capable de porter toute une journée une rôtissoire portative, d'autres des vendeurs fixes capable de faire passer un navet pour le plus fin de tous les mets, certains aliments demandant un meilleur sens de l'hygiène que d'autres. Caragh regarda nonchalamment un boucher offrir une poignée de main amicale et même chaleureuse troll de feu. Les deux faisaient la paire et étaient quasiment des amis. Ils s'attendaient l'un l'autre pour vendre leurs grillades, et semblaient réussir malgré l'aspect parfois peu engageant du troll, qui, elle le savait se muait en un grand sourire idiot devant le client. Les paires se faisaient doucement. Il suffisait d'attendre son tour. Elle observait les marchands d'un air de plus en plus alerte, s'étirant hypocritement pour démontrer sa force. Être là à l'heure ne voulait pas dire avoir un emploi assuré. Ils étaient la première marchandise de la journée disons.



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Adrea Dunahan
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Mar 21 Fév - 17:57

U
n soupir sort de ses lèvres, long et blasé. Aujourd'hui, Adrea doit engager un ou une inconnue pour l'aider sur le marché : elle a bien trop de cargaison, étant revenue il y a deux jours d'une chasse plutôt généreuse. Des bois de saffralen qu'elle a taillé sur place, des peaux de bêtes sauvages… Beaucoup de matière première, moins de bijoux qu'à l'accoutumée, comme toujours après ses retours à la capitale.

Beaucoup de "petites mains" volontaires sont déjà alignées sur les quais et la rouquine en reconnaît certains. Ceux-là sont les habitués, les premiers recrutés parce qu'on leur fait confiance et comme d'habitude, elle passera dans les derniers sans être certaine d'avoir de l'aide aujourd'hui. Tout ça parce qu'elle n'est pas une marchande importante et qu'elle se contente de vendre ce qu'elle chasse. Léor l'aide parfois mais pas aujourd'hui, il est parti à Opanir pour elle ne sait quelle raison - qu'elle préfère ignorer.

S'ensuit le ballet incessant des jugements au premier coup d'oeil, des questions échangées et des poignées de main jusqu'à ce que le tour d'Adrea arrive enfin. Il reste des travailleurs d'un jour, heureusement. Un troll immense et bien bâti, reconnaissable dans le tas restant et d'autres personnes qui se démarquent moins. Elle les observe un à un, jaugeant s'ils pourront ou non bénéficier de sa confiance, puisque le physique ne l'intéresse pas tant que ça : elle n'a pas de charge trop lourde à porter, même une maigrelette ferait l'affaire.

Ses yeux se portent alors sur une jeune femme, plus petite qu'elle et toute fine mais ce qui interpelle Adrea, c'est son regard. Elle semble déterminée. À quoi, la rouquine n'en sait rien mais déterminée tout de même et ça lui plaît. Avec un léger sourire, elle la regarde de haut en bas un moment, esquisse une moue experte et engage la conversation d'un geste du menton.

« Toi là, tu sais hurler plus fort que le voisin ? Je vends pas de poisson, mais on en aura besoin, crois-moi. Si crier et sourire pour charmer le client te fait pas peur, je t'engage. »

Les lèvres de la marchande se muent en un sourire plus franc, plus lumineux que son air critique d'avant. Si la jeune femme accepte, Adrea ne pourrait pas être plus soulagée. Une journée de marché seule, c'est un enfer sans nom et pas seulement parce qu'elle doit monter son étal sans aide. Ne pas pouvoir parler à quelqu'un d'autre que les passants, c'est d'un ennui...

Elle lui tend la main, confiante.

« Moi c'est Adrea. Alors ? »

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Caragh Spurv'ach
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Mar 21 Fév - 19:48

Les échanges commençaient à se faire, certains décollaient de leur mur pour rejoindre un marchand,  les voix s'animaient un peu plus alors que l'on commençait déjà à se chamailler pour quelques pouces de pavés en plus. Les premiers mâts commençaient à se lever dans la pénombre. La Nèpresse les observait avec attention, déglutissant pour apaiser la tension dans sa mâchoire. Travailler sur un marché, c'était une course contre la montre. Plus le temps passait, moins l'on avait de chance d'avoir un employeur, ou un emplacement, à moins d'en avoir déjà réservé un. Elle tenta de saisir le regard d'un fromager, qui lui jeta un coup d’œil avant d’opter pour un galbuk, ramassé et râblé, qui s'avança en riant grassement. Elle se rappuya contre le mur. Tant pis. Travailler sur un étal comme celui-là, c'était la chance de boulotter à l’œil derrière le patron, en proposant un morceau à la p'tite dame.

Elle se figea lorsqu'elle se sentit observée et releva les yeux sur une femme dont il lui semblait avoir aperçu auparavant la crinière rousse où perce l'éclat d'un regard vif. Pas du quartier pour autant. Un rang au dessus. Caragh la fixait à son tour, semblant la jauger elle aussi alors que la marchande la regarde de haut en bas. Au moins semblait-elle apprécier le spectacle, puisqu'elle lui tira une moue.


Toi là ...Elle se redressa d'un coup de rein souple, son visage s'ouvrant sur une expression attentive. ... tu sais hurler plus fort que le voisin ? Je vends pas de poisson, mais on en aura besoin, crois-moi. Si crier et sourire pour charmer le client te fait pas peur, je t'engage.

Vue de plus près, son visage est moucheté de tâches de rousseur, et elle la dépasse d'une bonne tête. La question du paiement reste en suspens, de même que la véritable nature de la marchandise. Néanmoins, elle répondit au sourire qu'on lui offrait d'un air matois, comme pour montrer déjà par l'apparence le bagou qu'elle déballerait plus tard devant les clients.

Je savais qu'm'échauffer c'matin paierait.

Moi c'est Adrea. Alors ?

Elle baissa les yeux sur la main tendue vers elle. Le travail se montrait parfois rare pour un moineau dans son genre, elle n'avait aucune raison de se montrer difficile. Elle saisit sa main et la secoua chaleureusement, en espérant qu'Adrea se montre bonne patronne.

Caragh, à vot' service. se présenta-t-elle avec l'accent typique de Nèpres, surtout de ses bas quartiers, avant de s'enquérir du premier problème de la journée : Vous z'avez d'jà un emplacement?

Après tout, il lui fallait savoir si elle n'avait plus qu'à s'échiner pour monter un étal ou s'il fallait déjà faire preuve d'une bonne voix pour se dégoter un bon coin.



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Adrea Dunahan
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Mar 21 Fév - 21:00

C
ette gamine, qui pourtant doit presque avoir l'âge d'Adrea, l'amuse déjà à se relever si vite dès qu'on l'apostrophe. Mais derrière cette hâte, la rouquine voit l'action de toute une classe, celle des pauvres de Neprès. Certains sont près à tout pour gagner ne serait-ce qu'une écale, d'autres font des tâches honnêtes quand l'occasion se présente et ce doit être le cas pour ce petit bout de femme.

« Je savais qu'm'échauffer c'matin paierait. »

La plus grande réprime un rire et tout de suite, son choix est confirmé. Ce serait cette demoiselle au parler pour le moins édulcoré, pas une autre personne. Cette certitude lui vient du fond des tripes mais Adrea sait déjà qu'elles ne s'ennuieraient pas. L'espace d'un instant, celui avant que l'autre ne saisisse sa main tendue, elle se sent un peu bête mais finalement l'accord est scellé par un contact très amical.

« Caragh, à vot' service.
- Eh bien, Caragh, enchantée ! J'espère qu'on passera une journée prospère. Ce serait mieux, entre nous, si je peux te payer grassement plutôt qu'une misère, ajoute-t-elle d'un air entendu. Mais bref, allons-y !
- Vous z'avez d'jà un emplacement? »

Un sourire énigmatique fleurit sur sa bouche alors qu'elle ouvre la marche, invitant silencieusement Caragh à la suivre. Elle a bel et bien un emplacement, même si ce n'est pas grand chose comparé à d'autres étals mais tout de même. Une petite place dans ce labyrinthe restait une place. Comme toujours dès qu'elle fait les marchés, Adrea a négocié la veille pour pouvoir s'installer à un endroit assez fréquenté mais loin des hurleurs en denrées périssables.

« Pour te répondre avant que tu paniques, oui on a déjà un emplacement donc ça nous évitera de zigouiller une ou deux personnes non désirées à mon endroit. J'ai déjà fait apporter ma marchandise à mon étal par un précieux collègue, donc on aura juste à installer tout ça. »

Au dernier moment, la rousse évite un grand homme qui porte une grosse caisse de poissons et se retrouve sur les fesses avant d'avoir pu esquisser un geste pour se rattraper. Rapidement, elle se relève, s'époussette les fesses et marmonne entre ses dents.

« Saleté de foule… »

Mais ça, elle ne pouvait y échapper. D'un coup d'oeil par-dessus son épaule, Adrea vérifie que la petite femme la suit toujours et s'arrête enfin devant son propre étal, après une bonne dizaine de minutes à serpenter à grand pas entre les colonnes pressées. Elle souffle un moment pour reprendre haleine et présente leur emplacement pour la journée à son aide.

« C'est pas terrible, mais c'est mieux que rien. »

En effet, son lieu de vente aujourd'hui ne fait pas plus de deux mètres de large sur deux autres mètres de long alors pour exposer les plus grandes peaux qu'elle a pu obtenir, ce ne sera simple mais Adrea est confiante, elles y arriveront bien. Heureusement que ses bijoux ne prennent pas tant de place...

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Caragh Spurv'ach
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Mer 22 Fév - 12:24

L'allusion ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde, la non-sourde y répondant même d'un hochement de tête. Sa paie serait une marge sur les revenus de la journée. Juste ce qu'il fallait lui dire pour la motiver un peu plus. Elle aurait vendu du sable à un elyakie s'il le fallait. Mais puisque les ventes allaient décider de ce qu'elle mangerait le soir même, elle crut bon de s'inquiéter de l'emplacement de leur étale. Un bon emplacement faisait déjà une bonne partie de la vente. Il fallait être bien visible, mettre la marchandise en valeur, avoir une bonne lumière. Même ses voisins, quoiqu'on ne les choisisse pas toujours, étaient important. Être installé à côté d'un poissonnier ou d'un fromager pouvait s'avérer périlleux, tout comme s'accoler à un restaurateur pour vendre des soieries relevait du suicide. Quant à se retrouver non loin d'un étale vendant les mêmes denrées, cela tenait du combat à mort.

C'était autant de questions que Caragh se posait en suivant sa patronne du jour, qui n'avait estimé bon de lui répondre qu'en avançant. On pouvait s'imaginer qu'elle savait où elle allait, et donc que oui, elle possédait un emplacement, ce qu'elle ne tarda pas à confirmer. Aucune idée néanmoins de qui était le précieux collègue, ni de la marchandise qu'ils allaient vendre. En tout cas, ils seraient deux à trois sur le même étal, si la patronne ne se décidait pas à aller attendre à l'ombre les bénéfices de la vente.

L'aube se teintait progressivement de couleurs chaudes, découpant avec de plus en plus de précision les silhouettes et les bâtiments. C'était un des moments où il faisait bon d'être vivante et de louvoyer dans la foule, de sentir son sang dans ses veines. Adrea ne devaient pas être aussi versée dans l'art de se couler dans la foule, puisqu'elle n'évita que de peu un gaillard, et termina en prime sur le … sur le derrière, avant même que Caragh n'ait le réflexe de chercher à la rattraper. Elle tendit néanmoins la main pour l'aider à se relever, se dont elle n'eut pas le moins du monde besoin, se relevant en pestant contre la foule. Caragh se retint de faire un quelconque commentaire, déjà prête à repartir vers leur gagne-pain. Elle se décida enfin à faire la conversation.

Et donc, on vend quoi ? Que j'accorde mon répertoire, demanda-t-elle poliment en continuant de naviguer entre les colonnades et les vendeurs comme si de rien n'était, suivant sans peine les grandes enjambées d'Adrea. Adrea, ça ne sonnait pas vraiment comme un nom du coin. Ni un nom nazakhin d'ailleurs. Et vu sa taille ce n'était pas une galbuk. Par élimination, Caragh paria mentalement sur une a'ërith, et donc sur des bijoux. Ou de l'art. Ça se vendait bien, mais demandait une certaine finesse, un certain chant dans la voix. Dommage pour sa patronne, elle ne savait pas faire l'accent a'ërith, mais elle se passerait de lui faire remarquer ce léger manque et se contenterait de roucouler et de crier des trilles promettant beauté et féminité.

Elles arrivèrent enfin à leur étale alors que les premiers rayons se laissaient entrevoir. Caragh accorda une rapide pensée à Danztari, se demandant où il pouvait bien être cette fois. Il tenterait probablement, comme souvent, de voler les étales de nourriture où les vendeurs n'étaient pas suffisamment attentifs, ou encore distraits par les clients. Elle connaissait assez son goinfre pour le savoir. Elle en fut presque heureuse de ne pas travailler auprès d'un vendeur de viande ou de poissons. Ni trop près d'eux visiblement, car elles arrivèrent à leur emplacement, ce qu'Adrea accueilli d'un soupir soulagé.

C'est pas terrible, mais c'est mieux que rien.

Pas terrible était le terme qui convenait, elle retint une moue déçue, et préféra se montrer sous un jour plus professionnel.

Au travail alors !

Elles n'étaient pas trop mal située au moins. Mais ce n'était pas avec cet espace qu'elle pourraient s'étaler coudées franche. Pas le moindre signe du-dit collègue, et au vu de leur étal, il ne viendrait pas, et s'était presque tant mieux, autrement ils se seraient marché sur les pieds. Elle s'avança sur les marchandises, ses yeux sautillant des fourrures aux bois gravés, cherchant déjà comment arranger le tout. Sur un si petit espace, ce n'était pas simple. Du moins pour une débutante.Elle songeait déjà à pendre certaines des peaux, ou à accrocher les bois en hauteur. Les poser sur les peaux aurait relégué une partie de la marchandise au rang de simple nappe. Elle se décida assez rapidement à poser les peaux sur la gauche de l'étal, les brossant rapidement dans le sens du poil pour les faire reluire, et les installant en éventail, la plus belle peau placée au dessus des autres, se faisant elle proposa son idée à sa patronne par dessus son épaule.

Dites, on pourrait accrocher certaines peaux de façon à les rendre plus visible de loin, les plus belles. Ou les bois. A moins que vous z'aviez déjà une idée, p'tet ?



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Adrea Dunahan
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Ven 24 Fév - 15:25

«
Et donc, on vend quoi ? Que j'accorde mon répertoire »

Concentrée sur le chemin et sur son équilibre, Adrea met un certain temps avant d'assimiler la question de son assistante d'un jour. Dès que son cerveau reçoit l'information, elle se tourne du mieux qu'elle peut pour s'adresser à Caragh et marcher correctement à la fois puis lui répond.

« Un peu de tout : des bijoux principalement, je les taille dans l'os et le bois. Je vends aussi des peaux de bêtes et ce que je peux récupérer d'assez précieux pendant mes chasses et voyages. »

La jeune femme espère avoir été assez précise afin que son aide se fasse une idée de ce qu'elle devrait dire. De toute façon, Adrea ne la laissera pas dans le flou quant à l'attitude à adopter face aux potentiels acheteurs. Depuis le temps, elle connaît les techniques pour attirer le badaud. Surtout les femmes, quand il s'agit de bijoux et de fourrures : elles sont les plus faciles à convaincre. Quant aux hommes, leur faire miroiter que c'est le cadeau idéal pour leur épouse, que cela évitera à madame de partir voir ailleurs… Tous ces arguments pour taper sur la corde sensible des clients.


Une fois arrivées à destination, la rousse est agréablement surprise de voir Caragh se mettre directement au travail et le coeur qu'elle y met, malgré sa petite taille. N'étant pas un tyran, Adrea se remet de ses émotions et sort les bijoux étalés dans des boîtes qu'elle a taillé elle-même. Ce travail long et fastidieux attire souvent l'oeil des curieux autant que le contenu du coffret et parfois lui permet même d'avoir des commandes. D'un regard expert, la jeune femme apprécie la mise en place de son assistante et se demande si elle n'a pas déjà de l'expérience, vu son organisation.

« Dites, on pourrait accrocher certaines peaux de façon à les rendre plus visible de loin, les plus belles. Ou les bois. A moins que vous z'aviez déjà une idée, p'tet ? »

Coupée dans son observation, Adrea relève le nez prestement et acquiesce en souriant.

« Mon collègue a du apporter du fil et des pinces, comme d'habitude. Pour tout dire, d'habitude je les accroche pas parce que j'ai peur que les peaux marquent et que ça baisse leur valeur mais on peut toujours essayer. »

Elle est fine cette petite, très maline même. Malgré tout, l'artisane est honnête en confiant ses craintes par rapport à la valeur des peaux. Toute écale en plus est bonne à prendre, même si pour ça elles doivent ré-achalander l'étal de nombreuses fois. Elle s'arrête pour réfléchir un instant, ses yeux voguant des peaux aux barres en bois puis elle fouille dans le grand coffre où est posée toute sa marchandise du jour, arrangée la veille au soir. Elle en sort de grosses pinces de bois et les agite devant Caragh.

« Tu crois que ça fait des marques ça ? J'ai jamais essayé, comme je t'ai dit, donc j'en sais trop rien… »

La plupart des peaux sont déjà exposées de manière très agréable pour l'oeil donc peu importe si elles ne mettent pas en oeuvre la combine de Caragh, mais le ciel se teinte de plus en plus des couleurs chaudes du matin alors elles doivent se décider rapidement. Ou plutôt, Adrea doit le faire mais elle tient à l'avis de son assistante.

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Caragh Spurv'ach
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Ven 24 Fév - 18:10


Caragh jeta un regard perçant à la rousse, se retournant un peu mieux sur elle. Il était fréquent que les employeurs posent des colles à leurs employés pour les jauger, tout en sachant déjà eux même la réponse, ou pour voir s'ils étaient prêts à prendre des risques. Même son père l'avait fait avec elle. Lui demander son avis sur des questions à priori critiques pour la tester. Cette question autour des peaux pourrait bien être son test, et la faire renvoyer sur le champ si telle était l'humeur de la patronne.

Permettez, demanda-t-elle plus ou moins en prenant les pinces de la main de sa patronne avant de les ouvrir et de se les refermer sur les doigts, sur le cartilage de l'oreille, pour tester leur force ; avant de caresser à nouveau du pouce et de l'index l'une des fourrures sur la table. Son cerveau s'activait à toute vitesse. Pour peu de temps, la peau risquait peu de marquer, mais pour peut-être toute une journée, c'était moins sûr. Peut-être qu'en frottant la peau avant de la donner au client, pour cacher le défaut ? Son regard sautait des peaux, aux pinces, au matériel qu'elle voyait dans le coffre. De la ficelle. Peut-être que les pendre simplement à la ficelle serait plus simple, mais aussi plus négligé. Il faut que l’œil de l'acheteur soit bien attiré vers les peaux, vers la marchandise. Il faut savoir ce qui est le plus vendeur - à vu de nez, Caragh aurait misé sur les bijoux et les bibelots plutôt que sur les peaux - et le mettre en valeur. La décision revenait à Adrea. Après tout, même si une partie de son salaire était en jeu, la potentielle réputation de la vendeuse, ainsi que ses bénéfices, y étaient aussi.

Sauf vot'respect, j'peux pas vous dire que ça marquera pas si ça pendouille toute la journée. On peut toujours les brosser pendant qu'on baratine le client pour qu'il n'y voit qu'du feu. On vendrait des peaux d'bolipes comme ça, alors pensez qu'de belles peaux comme les vôtres ! Après, c'est vrai qu'les clients pencheront p'tet plus sur ce qui est à portée d'patte...
Elle haussa les épaules, tout en continuant de retourner le problème dans sa tête.
Tout dépend de c'que vous voulez mettre le plus en valeur au final. Les peaux, les bois, ou les bijoux. Pour faire ressortir un truc plus que les autres, au cas où. Faut que y ai un truc qui accroche les gens. Comme à la pêche au vers quoi.

Elle regretta presque immédiatement son exemple, et fit mine de se jeter dans une nouvelle tâche.

'fin c'est à vous de décider quoi.



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Adrea Dunahan
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Mer 1 Mar - 14:52

S
incèrement curieuse, Adrea observe son assistante du jour peser le pour et le contre. La réflexion teinte le visage de Caragh de plusieurs expressions et la rousse est plutôt pressée d'entendre ses conseils. Loin d'être fermée à l'avis des autres, elle préfère au contraire la concertation intelligente plutôt que l'entêtement individuel qui peut amener à des erreurs stupides et des pertes d'argent considérables. La petite femme prend de nouveau la parole, sous le regard attentif d'Adrea, qui hoche la tête d'un air compréhensif.

« C'est vrai que même sans marque, on les brosse souvent avec mon père, pour leur donner un plus bel aspect devant les clients. On les laisse même toucher les peaux parfois, s'ils ont pas les mains trop sales.
- Tout dépend de c'que vous voulez mettre le plus en valeur au final. Les peaux, les bois, ou les bijoux. Pour faire ressortir un truc plus que les autres, au cas où. Faut que y ai un truc qui accroche les gens. Comme à la pêche au vers quoi. »

La marchande ne peut s'empêcher de pouffer de rire en entendant la comparaison de Caragh et en imaginant ses clients être des poissons ou des vers. Elle y repensera sûrement plus d'une fois dans cette journée, elle en a bien peur et à chaque fois, elle risquera de rire à nouveau. Elle finit par se calmer et reprend son sérieux en jaugeant ses peaux et ses autres marchandises.

« Tant qu'à faire, autant exposer un maximum de choses : ça nous évitera de toujours ré-achalander l'étal. Merci de tes conseils, ça va nous être utile aujourd'hui je pense ! Tu pourrais t'occuper d'accrocher les peaux pendant que je me charge du reste ? Je te fais confiance, tu as l'air de savoir t'y prendre. »

Alors sans attendre, Adrea s'attèle à la tâche d'installer ses bijoux et matières premières de façon agréable sur la planche de bois posée sur des tréteaux. Pour ces biens, elle a l'habitude puisqu'elle laisse quasiment toujours les peaux à Léor, avec tout ce qu'il fabrique lui-même. Olè'ktar brille de plus en plus dans le ciel et les premiers badauds s'approchent des étals alentours, elles doivent se hâter de finir la mise en place.

« Caragh, si jamais des gens s'approchent de nous, je m'en occuperai d'abord, tu peux continuer d'installer les peaux. Je te montrerai quelques petites astuces après, si tu veux mieux vendre. »

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Caragh Spurv'ach
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MessageSujet: Re: Fourmillon fourmillant   Jeu 2 Mar - 22:12

Caragh ne sut trop si elle devait sourire ou rentrer la tête dans les épaules lorsque Adrea se mit à rire à son exemple, pourtant parfaitement logique. Après tout, lorsque l'on pêchait, il fallait connaître son poisson, et savoir l’appâter. Et le plus souvent, un bon vers faisait l'affaire. Elle préféra sourire et faire croire qu'elle avait choisi cet exemple pour son aspect comique plutôt qu'autrechose. Pendant ce temps, Caragh attelait à nouer d'un bout à l'autre de l'étal des longueurs de ficelles qu'elle coupait au couteau. Que l'on accroche les peaux ou qu'on les laisse pendues, il faudra bien les mettre quelque part.

Tant qu'à faire, autant exposer un maximum de choses : ça nous évitera de toujours ré-achalander l'étal. Merci de tes conseils, ça va nous être utile aujourd'hui je pense ! Tu pourrais t'occuper d'accrocher les peaux pendant que je me charge du reste ? Je te fais confiance, tu as l'air de savoir t'y prendre.
Bien m'dame répondit aussitôt Caragh, qui avait autant d'expérience dans la vente de peaux que dans la vente de légumes. Elle savait vendre, c'était tout. A force de faire les poches aux badauds distraits, elle avait put observer différentes étales de tous les genres. Et en tirer quelle étales attiraient le plus l'attention des futurs pigeons. Et même en volant, il fallait savoir revendre ce que l'on prenait. Cela ne servait à personne de se faire une collection de mouchoir en soie.

En parlant de soie, un bref regard vers les voisins en brossant une peau de la paume de la main lui montra qu'un vendeur de tissus importés des elyakies s'était installé non loin. Et qu'un ménestrel s'installait déjà avec son luth. Et que les premiers acheteurs, ceux qui bataillaient pour marchander la moindre écale et dont l’œil aiguisé cherchait les meilleures affaires. Parfois pour les revendre ensuite dans les hauts quartiers.
Caragh, si jamais des gens s'approchent de nous, je m'en occuperai d'abord, tu peux continuer d'installer les peaux. Je te montrerai quelques petites astuces après, si tu veux mieux vendre.
Compris. On est vraiment pas mal placées au final. commenta-t-elle, une pince entre les dents On est dans le quartiers des beautés, et en prime, on a un ménestrel pas loin. On aura p'tet même pas besoin de gueuler tant que ça quand y aura foule.

Elle recula les épaules, vérifiant son travail, le léger écartement des peaux, l'agencement des couleurs, l'espace restant. Elle comptait installer une peau cerclée dans un coin un peu plus tard. Peut-être aussi en mettre deux bien en évidence, pendues devant l'étal, qu'elles soient visibles de loin. Avec les bois. Mais il valait encore mieux demander à Adrea, quand elle aurait fini avec le client qui venait tout juste d'aborder leur étal.



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