Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)

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Sysser'Han Issëa
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MessageSujet: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Dim 19 Fév - 22:05

Elle était blessée en arrivant en ville. Son épaule avait cessé de saigner mais des croûtes de pus et de sable s’entassaient dessus. Son œil était las et fatigué, son pied trainant. Elle n’avait même plus l’énergie  nécessaire pour guetter autours d’elle, le nez en l’air elle se contentait de traquer la moindre source d’humidité. De ses vêtements il ne restait rien et elle se mouvait, nue et brûlée, créant sur son passage une marrée de personnes tentant de l’éviter comme si elle avait la peste.

Après quelques minutes d’errance elle finit par arriver à la fontaine centrale. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres gercées.

*****
Oh, que tu étais misérable. Comme un chien galleux, tu titubais jusqu'au bassin de pierre, t’affalant à côté dans le sable et la poussière.

Soif sembla se réjouir un peu. Un tout petit peu. Mais même elle paraissait penaude, tout comme Faim, car les deux avaient trouvé leurs maître. Derrière toi, les grandes ailes de Mort s’ouvraient et tu leur avais toi-même abandonné tout ce qui te restait. Tu n'avais même plus suffisamment d’eau pour pleurer, alors à quoi bon.

Tu plongeas ta tête dans le bassin, buvant, tentant de rengorger jusqu’à tes cellules desséchées, en perdition. Tu les entendais, derrière toi. Le cliquetis de leurs armes, le claquement de leurs pas… Tout fit remonter Peur. Mais même ce sentiment là vit l’ombre qui te guettait et retourna se cacher, la queue entre les jambes.
*****

Elle leur tournait le dos. Ses jambes étaient étalées par terre comme celles des poupées de son et ses deux mains agrippaient fermement le bord du bassin. Ses ongles crasse se plantaient dans la pierre humide, dernière source d’agressivité qui lui restait. Mais son regard restait dans le vide, sa gueule mouillée dégoulinait d’eau salit par la poussière et le sang couvrant son visage.

Elle ressemblait à une carcasse, une charogne pourtant encore en vie. Le moindre de ses os était visible, le moindre mouvement entrainait un pli de peau… Elle en avait trop pour un si petit corps. Un corps si frêle… Si abîmé. Si….

*******

La bulle de son étouffé qui t’entourait était formelle. Ils arrivaient. Peur regarda Mort une dernière fois, la saluant tout en crainte et en tristesse. Tu fermas les yeux en sentant leurs mains se refermer sur tes bras, te retourner et te jeter sur le dos.  Douleur… Douleurs te cassait les côtes et le souffle mais tu ne pouvais pas bouger. Il ne te restait rien, pas la moindre énergie, par la moindre parcelle d’espoir…  L’un des gardes te regardait d’un air presque désolé. Il leva sa lance, bien haut. Tu ne comprenais pas ce qu’il disait mais tu voyais mort refermer son étreinte, étouffer définitivement Faim, Soif, Peur, Souvenir et Survie.

Tes sens étaient occupés à accueillir le maximum d’informations qui arrivaient en se bousculant. Il y avait du monde, pour ton exécution… Tellement de monde… Et au milieu de toute cette foule il y avait un feu. Un immense brasier, fait de flammes de tellement de couleurs, qui te laissait un peu gouter à sa chaleur. Tu tendis jusqu’à ton esprit vers lui, lui adressant un merci silencieux. Grace à lui, Mort revêtissait des couleurs et semblait moins austères et Solitude recula un peu.

Le garde se mit en mouvement. La lance se rapprocha.

Tu fis un cocon des résidus de chaleur te parvenant, t’enfermant dedans comme un papillon dans une chrysalide. C’était doux, c’était chaud… C’était mieux.

Tu fermas les yeux.

*****

Ils l’avaient attrapé et jeté sur le dos. Une esclave, nue comme un ver, mal en point, sans maître ni collier ? Ils n’avaient pas l’habitude de ce genre d’événements mais la discussion sur ce qu’il fallait faire ne fut pas longue : sans soin elle ne survivrait pas. Ils n’avaient pas d’argent ni de temps à perdre pour soigner une chienne.

De plus en plus de badauds se rassemblaient, dont certains maîtres avec leurs possessions. Aucun d’entre eux ne protesta mais tous semblaient en deuil à la vue de la jeune femme. Un des gardes s’avança vers elle, la poussant du bout du pied pour l’allonger correctement. Il lui jeta un regard presque désolé avant de prendre la parole.

-Voyez comment on achève une bête blessée qui tenta d’échapper à son maître légitime !

Et, alors qu’il s’apprêtait à l’embrocher de sa lance, la jeune fille s’embrasa doucement. Pas un feu immense, non, juste quelques flammèches très discrètes qui lui courraient sur l’ensemble du corps, l’auréolant de chaleur magique.



Et ainsi Mort se tourna vers lui et changea de cible…
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Lun 20 Fév - 4:48

Saykanel Rokar avait traversé le nord de Morrokoth pour atteindre Aurikann par les chemins forestiers. Puis il avait traversé Aurikann et avait rejoint Malaggar par les montagnes et enfin il avait traversé Malaggar par les jungles pour pour arriver en Ermurag.
Les traversées maritimes avaient été longues et particulièrement pénibles mais il était arrivé sur une longue plage chaude.
Pas que la chaleur pouvait le déranger tant il avait "évolué".
Ses longues griffes étaient en permanence recouvertes de flammes, ses cornes avaient atteint une trentaine de centimètres pour avoir un bout enflammé et enfin son dos était parcouru de durs cristaux noirs et rouges qui sortaient de sa peau.

En posant les pieds sur cette île, le Tog'wall réalisa tout ce qu'il avait traversé. Accusé d'un meurtre qu'il n'avait pas commis, il avait fui à travers l'archipel et rencontré, tour à tour, un nécromancien étrangement sympathique, un hajhira enfantin, une expédition de chercheurs, une a'ërith étrange, un chaman misanthrope qu'il soupçonnait d'être draconicien, un chef de culte inquiétant, un nécromancien fou, un chaman du feu amusant, un barde idiot, une a'ërith draconicienne et une abomination meurtrière à quatre bras.
Il avait tué un groupe de chasseurs de primes, quatre villageois émeutiers et une quantité d'autres déchets.

Mais il avait, malgré tous les dangers, atteint seul Ermurag. Il avait débarqué du vaisseau qui l'avait accueilli pour devenir un phénomène de foire dans une ville qui n'avait certainement vu que deux ou trois trolls et jamais un seul tog'wall. Les gardes étaient effrayés mais l'explication fut plus rapidement acceptée qu'ailleurs. Les Elyakies avaient cela pour eux qu'ils ne souffraient pas de préjugés à l'égard de son espèce ou de la magie.
Il faisait donc le plein de provisions avant de reprendre son voyage, il cherchait à traverser le désert pour atteindre l'ouest d'Ermurag et ainsi regagner Morrokoth par le sud, Morrokoth où il pourrait régler enfin ses problèmes. Il se sentait puissant, fort et investi d'une cause juste. Il pouvait nettoyer son nom et tuer les véritables criminels.

Ce qu'il ne savait pas, bien entendu, était qu'au moment précis où il négociait le prix d'un fruit étrange, un noble Morrokothien recevait un groupe d'élite. Une bande de mages assassins dont la dirigeante était une humaine drapée dans une armure noire, portant un masque représentant un démon hurlant mais qui peinait à cacher que son oeil droit avait été crevé dans une bataille passée.
« Quel danger ce vulgaire troll peut-il représenter pour vous, interrogeait-elle le vieil employeur partiellement défiguré, nul n'écoutera jamais un troll parmi les Nazakhins, surtout lui.
- Méfiez-vous de ce genre de préjugés, Mal Sinta, vous découvrirez très vite que tout peut arriver. Le troll n'est qu'un problème mineur mais il doit être éliminé avant de devenir plus grand, il faut étouffer rapidement les mauvaises herbes. L'avez-vous localisé ?
- Il y a des mois de cela. L'attaquer en Malaggar aurait été stupide, il y est devenu assez populaire mais aux dernières nouvelles il partait pour Ermurag, où il sera bien plus facile de le débusquer. »
Derrière le masque, on pouvait voir un sourire se dessiner.

Saykanel portait donc ce sac en bandoulière, il aurait eu un accident sur son dos, le sac de cuir qui lui avait été gracieusement fourni par un prêtre de Zanory chargé de victuailles et d'effets personnels incluant trois statuettes de dragons en bois, une bourse et, dans un recoin caché, un secret extrêmement important.

Il s'apprêtait à quitter la ville, ayant salué les habitants qui avaient eu la gentillesse de l'accueillir, quand, en passant la grande porte, il fut surpris par une scène étrange.
Un gamin humain. Ou une gamine, difficile à dire. Très jeune et en très mauvais état, il était beaucoup trop maigre, ses os étaient visibles.
Une foule s'était assemblée autour et, même s'il était étranger, il pouvait comprendre ce qui allait se passer. C'était une exécution. Il entendit quelques conversations.

« Attendez, il faudrait la soigner, non ?
- Et perdre du temps et de l'argent pour soigner une chienne en fuite ? C'est une esclave, qu'elle crève. »

Et tu ne toléreras jamais ceux qui prétendent posséder leur prochain car chaque chose appartient aux dieux et nous sommes des dieux jaloux. Que nul ne viole nos propriétés, que nul ne prétende pour sienne les créatures que nous avons déclarées nôtres.

Il n'y avait aucune interprétation possible de ce verset d'Azdoth. Mais les lois Elyakies étaient...
Car tu es né de l'injustice et de la douleur, tu iras vers moi qui suis la justice. Car tu es né de l'ignorance, tu iras vers moi, qui suis la réponse à tes interrogations. Jamais tu n'écouteras les prophètes qui se nomment "législateurs" car je suis la justice et nul ne parle en mon nom. Et nul créature terrestre ne prétendra ses actions justes si je ne les ai pas dictées. Je suis justice et tout ce qui n'est pas moi est injustice.

Le chœur d'Azdoth et Jiskar, très clair encore une fois sur ce sujet. La justice des dieux prend l'ascendant sur la justice des hommes. Cependant, il ne pouvait pas déclencher un combat pour une inconnue et...

Que celui-là qui, par crainte, a toléré la malveillance, soit déclaré anathème en mon nom. Que celui-ci qui a fermé les yeux tandis que le crime se propageait soit châtié. Que celle-ci qui a prêché l'impunité soit mise à mort. Qu'un crochet ouvre leurs yeux aveugles et leur fasse réaliser leur crime, qu'un poignard perce leurs mains pour que jamais plus ils ne les referment sur les nécessiteux, qu'une lance perce leurs cœurs noirs et que jamais la lâcheté ne soit tolérée. Et que la fumée de leurs cadavres atteigne mes narines.
Bon, là, il n'avait vraiment pas d'excuses. D'autant qu'un répugnant salopard levait sa lance et lançait une quelconque réplique. Saykanel fendit la foule, poussant les humains et hajhiras et...

La lance venait de prendre feu et il l'avait lâchée. Le corps de la petite était parcouru de flammèches.
Si ce n'est pas un signe... Quatre gardes et une foule énervée. Un humain bien habillé, probablement riche, il suffit de briser la lance et enfoncer la première moitié dans la gorge du premier garde, enfoncer les griffes dans les entrailles du second, prendre l'enfant d'une main et le maître en otage dans l'autre.

Le troll bondit et arracha la lance des mains de l'homme, sachant pertinemment que quelques flammèches étaient sans danger pour lui. Il la brisa sur son genoux et enfonça la moitié de bois et d'échardes... Dans la gorge du pauvre homme qui eut le temps d'un râle.
Le deuxième garde bondit sur le dos de Saykanel, tentant d'amener son poignard à la gorge du troll. L'odeur de chair brûlée et de vêtements brûlés sembla donner la nausée aux autres. Cet idiot avait mis son corps en contact avec les cristaux.

Il attrapa l'enfant de son bras droit et, du gauche, attrapa l'homme riche au col pour lui mettre la pointe de la lance sous la gorge.
« Si tes bâtards ne reculent pas, ton sang va irriguer le sable. »


Tout s'était passé si vite. Les gardes avaient reculé, la foule aussi et Saykanel avançait prudemment vers la sortie avec un otage et une gamine secourue. Il lui suffirait d'avancer vers le désert suffisamment loin et de relâcher l'otage.
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Sysser'Han Issëa
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Lun 20 Fév - 10:49

La mort était sans rêves… C’était un long couloir d’obscurité parcourue d’étranges formes et visions que tu étais incapable de saisir. Mais au-delà de ça, la mort était sans rêves… La mort ? Oui, la mort. Pas Mort. Oh, Mort était toujours là mais comme un vautour rôdant, non comme une évidence.

De temps en temps  un frisson parcourait les limbes comme un vent frais. Tu n’avais aucune idée de sa provenance mais il faisait reculer Mort. A chaque fois.

Dans ton sommeil, Faim finit par reparaître. Soif aussi. Parfois, les obscurités étaient tranchées par un peu de lumière, Survie en reprenait des forces et Mort reculait encore un peu plus. Puis, tu retournais dans ta marche nocturne entre êtres magnifiques, visions terrifiantes et autres éléments que tu ne comprenais pas. Et tu replongeais, dans un combat acharnée de Vie contre Mort. Vie. Elle et elle seule. Pas Survie. Juste Vie.

******

Le médecin regardait l’enfant. Elle était arrivée deux jours auparavant, portée par un troll tel qu’il n’en avait jamais vu qui avait demandé à ce qu’on la soigne. Qu’on la soigne. A ce niveau là, c’était du sauvetage inespéré. Elle était à moitié morte, pour ne pas dire déjà perdue et c’était un miracle qu’elle ait tenue deux jours. Durant ce temps, on l’avait « réveillée » régulièrement pour lui faire manger un peu de nourriture prémâchée et boire de l’eau. On l’avait entièrement nettoyée, prenant le temps de débarrasser son épaule des croûtes qui s’y accumulait, découvrant alors un spectacle vomitif.
La chair saignante avait été attaquée par les vers. Ils avaient creusé leurs galerie quasiment jusqu’à l’os, lacérant ses muscles de sillons ignobles et il fallu des heures de soin pour tous les chasser. On versa de l’huile et du sel dans la plaie pour qu’ils remontent, tirant de gémissements plaintifs de douleurs à la patiente. Et on l’avait laissé dormir.

La nourrir avait été particulièrement difficile en raison de son absence de langue. La déglutition n’était pas naturelle et elle avait manqué de se noyer dans sa nourriture à plusieurs reprise. A dire vrai, si il n’y avait pas eu un immense Tog’wall pour insister on l’aurait abandonné à son sort depuis longtemps. Mais disons que Saykanel était assez dissuasif.

Le vieil homme qui la veillait se leva et s’prêtait à sortir lorsqu’elle s’agita. Il se retourna…

******

Devant toi se tenait un homme d’un certain âge. Il avait des yeux marron, presque noisettes. Tu le sais car tu venais de planter tes prunelles noires dans les siennes, gardant une immobilité quasi-totale. Tu sentais la moindre parcelle de ton corps enfermée dans une immobilité intenable. Tu avais l’énergie de respirer et ce n’était déjà pas si mal.

Ses yeux étaient profonds, que ce soit pour leur couleur ou les questions qu’ils renfermaient. Il semblait surpris de te voir.

Peur était perdue. Peur ne savait plus quoi penser, s’il fallait accepter ou se méfier de cet homme… Tes Maux revinrent. Douleur t’arrachait l’épaule et le diaphragme. Tu pinças tes lèvres entre tes dents, constatant qu’elles étaient moins gercées qu’auparavant.

Qui était-il, cet homme ? Pouvait-on lui faire confiance ? Etait-on encore à la merci des maîtres ? Devait-on fuir ? Devait-on laisser Reconnaissance s’exprimer ?

*****

La manière dont elle le regardait le dérangeait un peu. Elle semblait tout percevoir, comme un animal et surtout… Oui, voilà. Elle ne semblait pas humaine dans son attitude. Elle ne ressemblait pas à une personne. Elle ressemblait à un animal blessé qui ignore si la personne en face est son nouveau maître ou son ennemi. Il avait l’impression d’être scruté jusque dans les moindre détails, jusque dans ses émotions pourtant si personnelles. Il…

Elle venait de se tendre et de tenter de reculer un peu plus dans son lit. Ilris’arva, son assistante, venait de rentrer dans la pièce et avait manqué de lâcher le plateau qu’elle tenait. L’Hajira se ressaisit néanmoins, indiquant rapidement qu’elle allait chercher ‘’le troll’’, comme pour échapper à son regard, laissant de nouveau son aîné seul avec la bête.

*****

Tu n’aimais pas ça. Pas du tout. Trop d’allées et venues, trop de mouvement et toi qui étais incapable de bouger.

Panique t’assaillit, prenant possession de tes poumons, ton esprit et ton cœur. Tu tentas d’hurler. Un cri rauque, presque un grognement sortis de tes poumons à la place, glaçant la personne en face de toi. Il avait Peur, lui aussi, non ? Qu’allait-il faire ? T’attaquer ?


Tes yeux plantés dans les siens indiquaient Crainte. Ils la criaient au monde extérieur. Ils pleuraient des prières de Vie, des demandes de pitié. Tu ne pouvais pas bouger, tu…

*****

La tension retomba d’un coup. Elle s’était mise à regarder l’entrée avec attention, oubliant la présence du soignant.

Il respira.

*****

Il était là. Le Brasier. Le Feu qui était dans la foule, qui t’avais rendu une petite once d’énergie inespérée… Il était là. Il approchait.

Et lorsqu’il entra dans la cabane, ton regard croisa le siens avec une violence et un calme peu commun. Tu tentas de reculer, gardant tes prunelles farouches droites dans les siennes, appuyant ton dos contre le mur.

Plus jamais soumise. Même à un Brasier.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Lun 20 Fév - 11:47

L'oasis était vaste, quoiqu'isolé. Le sud-est d'Ermurag était la région la plus ignorée après tout, il n'était donc pas étonnant qu'un oasis aussi important soit si reculé. Apparemment il était issu d'une rivière souterraine qui venait d'une région fréquemment pluvieuse du sud de l'île, après quoi la pression faisait remonter cette rivière et créait un lac dans une zone plus basse que le reste de l'île, ce que l'un des villageois appelait une "dépression géologique". Il y avait tout un réseau de galeries souterraines creusées par la période où la rivière était bien plus violente, avant qu'elle ne soit partiellement détournée.

C'est donc ainsi que ce petit village d'agriculteur s'était développé, à l'ouest de ce grand lac. Saykanel était parvenu à sympathiser avec quelques villageois, malgré l'intimidation dont il avait dû faire preuve pour les convaincre de soigner l'esclave en fuite.

« Il y a quelques années, lui expliquait un vieil humain à la peau marron et à la barbe grise, on avait encore beaucoup de caravanes qui passaient. Avec le début des aéronefs, ça fait trois ans qu'on n'en a pas vus.
- Trois ans, c'est très long pour un humain. Vous survivez bien sans apport extérieur ?
- Au début c'était très tendu. On a dû faire des sacrifices mais on a pu augmenter le nombre d'arbres fruitiers et commencer un petit élevage de Birdo au cas où la récolte serait mauvaise. On se débrouille bien même si...
- Même si ?
- La population augmente. On pense que, quand les plus vieux d'entre nous seront morts, les jeunes devront partir. Gagner un oasis moins isolé. Moi, je serai enterré ici. Ou brûler si vous vous sentez l'envie.
- Je serai parti avant votre mort, vieil homme.
- Pourquoi faire ? On aurait besoin de gros bras comme vous ici. Les gens ont un peu peur mais ils s'habitueront. Vous pourriez déplacer les souches mortes, les brûler et fertiliser le sol, protéger des prédateurs. Ce serait quoi, de toutes façons ? Trois ans, pour un troll, ça ne représente rien. Et vous êtes jeune, non ?
- Comment pouvez-vous le savoir ?
- J'ai l’œil. Il y avait un tog'wall comme vous quand j'étais jeune, il m'a recueilli dans le désert. Il était vieux quand j'étais un foutu bébé. Il avait une troll avec lui. Sa fille.
- Il est... Largement possible que la petite fille de ce tog'wall en question en soit venue à épouser mon frère. Et que la fille du tog'wall soit devenue la pire belle-mère dont mon frère puisse cauchemarder. »

Le vieux eut un rire, autant pour la coïncidence que pour l'astuce grossière dont Saykanel avait usé pour éviter la question.

C'était assez désespérant de voir les vieilles traditions mourir ainsi. Saykanel resta en silence à contempler le lac en mangeant un fruit juteux. Il fut interrompu par un enfant courant vers lui.

« Maître Rokar, je...
- Si ce gamin m'appelle encore maître...
- La gamine est réveillée ! »

Sans attendre, il se releva et se dirigea vers la cabane où l'enfant avait été installée. Il passa la porte pour voir cette petite chose, miraculeusement survivante, lui tendre un regard étrange, comme de défi. Une façon étrange de traiter son sauveur.

« Ne panique pas. De quoi te souviens-tu ? »

Avant qu'elle ait eu le temps de réagir, le guérisseur se racla la gorge pour signaler sa présence au troll.

« Sa langue a été coupée, elle ne peut pas vraiment...
- Quel genre de malade coupe la langue d'une enfant ?
- C'est une esclave, si elle a tenté de fuir, c'est standard. Mon père était un esclave fuyard, ils lui ont tranché tous les doigts de la main droite et une phalange de chaque doigt de la main gauche la première fois. Cela dit, s'ils lui ont tranché la langue, il est possible qu'ils lui aient appris un langage des signes, j'y ai des bases. »
Le tog'wall retint sa colère. L'île était habitée par un peuple de malades.
« Bon, je suis Saykanel Rokar. De quoi te souviens-tu ? »
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Lun 20 Fév - 13:21

Elle n’avait jamais vu de Brasier semblable. Il prenait l’apparence d’un troll en combustion, embrasé par tous types de flammes. Il paraissait fort. Danger ? Ou Ami ? Son nom était mouvant dans la tête de la jeune fille.

-Ne panique pas. De quoi te souviens-tu ?

******

Sa voix était semblable à deux roches qui explosent l’une contre l’autre. Grave, puissante… Comme un troupeau mais incroyablement serein.

Elle déferla sur toi. Toutes tes émotions reculèrent et le son alla jusqu’à tirer Calme de tes entrailles. Tu le sentis remonter, brassant ton ventre entier dans un mouvement si lointain que tu avais oublié depuis longtemps. Tu allais lui répondre, rassemblant tes deux mains, mais le médecin te coupa en se raclant la gorge, te faisant sursauter.

-Sa langue a été coupée, elle ne peut pas vraiment...

- Quel genre de malade coupe la langue d'une enfant ?

- C'est une esclave, si elle a tenté de fuir, c'est standard. Mon père était un esclave fuyard, ils lui ont tranché tous les doigts de la main droite et une phalange de chaque doigt de la main gauche la première fois. Cela dit, s'ils lui ont tranché la langue, il est possible qu'ils lui aient appris un langage des signes, j'y ai des bases.

Le Brasier semblait en colère sans que tu n’en comprennes l’origine ce qui fit remonter Crainte un instant. Qu’allait-il faire ? Contre qui était-il énervé ?  

Son timbre fusa de nouveau, attirant toute son attention.

-Bon, je suis Saykanel Rokar. De quoi te souviens-tu ?

*****

Elle assembla ses mains et commença à parler.

C’est flou. Je me souviens du vellipad, de la traversée… Je me souviens de la Soif et de la Faim. De la fontaine aussi. Et de toi. Comment un Brasier peut –il marcher ?

Le médecin prit le temps de regarder ses gestes avant de reporter ce qu’il avait compris.

-Visiblement, elle ne souvient pas de grand-chose. Elle a été attaquée par un vellipad, elle parle d’une traversée…  D’une fontaine. Elle dit qu’elle se souvient de vous, et elle a épelé un nom que je n’ai pas bien compris… je…

Elle poussa un petit gémissement pour attirer de nouveau son attention, répétant sa question.

Comment un Brasier peut-il marcher ?

Le médecin copia ses gestes, se concentrant du mieux qu’il pu avant de s’illuminer puis de parâitre un peu plus confus.

-Elle pose une question. Comment un Brasier peut-il se déplacer mais elle n’a pas utilisé le mot générique. Elle l’a épelé, comme un prénom. Je crois qu’elle parle de vous, je… Heu…

*****

Ami. Il avait désormais un nom. Kanel Rokar, Ami et Brasier. Colère, la sienne, n’était pas armée contre toi mais contre les maîtres. Il était Ami.

Tu fis un mouvement timide, fragile pour te décoller du mur, te traînant doucement jusqu’au bord du lit. Tu pointas un fruit du menton, posant une main sur ta poitrine. Sysser’Han Issëa, celui qui mûri dans la Soifs et la rigueur.

Confiance était là, en alerte, prête à repartir au moindre écart mais suffisante pour entraîner un mouvement. Bras tendu. Vers le Brasier. Crainte faisait de furtives apparitions, rendant ton souffle rapide mais elle restait trop discrète pour appeler Fuite. Kanel Rokar. Ami. Brasier.

Sur tes lèvres gercées se dessina un sourire.

******

La gamine était toujours assise au bord du lit, elle n’aurait de toute façon pas la force de se lever, mais elle semblait vouloir faire un mouvement. Elle pointa un fruit du bout du menton.

-Tu veux un fruit ? Attends, je te l’amène.

Le rebouteux se leva et alla chercher les victuailles pour les lui amener. Il les posa à côté d’elle mais elle ne semblait pas faire attention à lui : le regard fixé sur le troll, elle souriait. Puis, sans prévenir, son sourire se déforma… et d’un coup…

********

Calme. Calme et Sécurité… Depuis si longtemps tu ne les avais pas ressentis jusque dans ta poitrine, dans ta chair… Oh, Sysser… Laisse-le t’envahir ce soulagement. Laisse le t’envahir comme une marrée trop puissante, monter jusqu’à ta tête et t’envahir les yeux avant de se déverser sur tes joues…

Recroqueville-toi doucement sous le poids des sanglots. Laisse-les couler ces larmes, tes larmes. Tu es en Vie, en Vie ! Pour la première fois depuis longtemps. Alors pleure ! Pleure Oroglion, pleure tes Frères, pleure tes Sœurs… Pleure ta Liberté retrouvée.
Pleure, n’hésite pas… Tu es couverte par le Brasier…
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Mer 22 Fév - 5:56

La gamine pleurait. On lui avait tranché la langue, on l'avait affamée, probablement fouettée et tenté de la tuer. Qui s'en étonnerait ?
« Je ne suis pas... Un brasier. »
Ses mains affichaient de légères brûlures. Une chamane des flammes qui venait de s'éveiller, ça encore, ce n'était pas étonnant.
Elle avait donc fui un maître cruel, puis avait failli mourir de soif. Difficile de dire ce qui passait dans la tête du grotesque tog'wall, du "brasier", à ce moment-là. Certains diront que la compassion le motivait mais Saykanel Rokar n'était pas une créature de compassion, c'était une créature de devoir. Il était chanceux qu'une partie du devoir dicté par les dieux dragons imposait de soulager les souffrances de son prochain. Saykanel ne croyait en vérité pas en la compassion, il pensait qu'elle pouvait être un dangereux frein à la justice. Mais parfois les deux s'accordaient.
Ainsi, il s'assit par terre, offrant un soutien silencieux et fermant les yeux. L'histoire révéla que le troll commençait à s'interroger sur la proposition du vieil homme, que Saykanel s'était rappelé les mots de son ami humain, un prêtre, que Saykanel ne reverrait jamais car le vieux Eeron était à ce moment précis en train de pousser ses derniers râles d'agonie et de commander son âme à Azdoth. Celui ci lui avait conseillé d'attendre de voir passer les cadavres des ennemis.
Le troll devait s'interroger sur le paradoxe. La justice pouvait être amenée à Marn Arkonen, pourquoi s'en empêcher ? Peut-être Eeron voulait-il ouvrir les yeux du troll au sujet d'une confusion entre justice et vengeance ?
Cette interrogation ne connût jamais de véritable réponse.
Toujours est-il que, par un raisonnement qui restera inconnu, l'énorme troll des flammes avait pris sa décision. Il quitterait l'oasis deux jours plus tard. Mais il se jura de passer les deux jours à assister au mieux le bon peuple, à aider la jeune fille.

Ainsi, au moment où le rebouteux revenait avec un fruit, peut-être un peu vert, le troll avait rouvert les yeux.
« Petite ? Tu sais lire ? Si non, je peux t'apprendre un début. »

Bien sûr, ce que Saykanel ne savait pas à ce moment-là, c'était qu'il regretterait amèrement sa décision de partir car du sang allait couler dans cet oasis.
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Sysser'Han Issëa
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Jeu 2 Mar - 14:21

Il te regardait, se penchant vers toi de toute sa masse. Il était grand, Ô qu’il était immense… Il brûlait d’un feu tel que tu n’en avais jamais vu… Alors pourquoi disait-il qu’il n’était pas un brasier ? Dans ta tête, son nom était Flamme. C’était acté, dit et inscrit jusque des les méandres de ta matière grise.

Il te demanda si tu savais lire et tu indiquas que non. Petite maître avait commencé à t’apprendre les bases, les lettres mais elle n’avait pas eu le temps d’aller plus loin… Peur avait ce jour là dicté un acte de rébellion qu’ils t’avaient fait payer cher.

Sa question avait distrait Soulagement et Pleurs, tu séchais donc tes larmes.

Il était grand, le Brasier. Et il brûlait d’un feu tel que tu n’en avait jamais vu.

*****

La scène était toujours aussi étrange, lui était toujours aussi immense à côté de la créature chétive de chair et de sang. Elle avait séché ses larmes, calmé son souffle… Ses yeux recommençaient à regarder de partout, analysant le moindre détail. Des train du médecin à sa tenue, de la colère encore latente du troll à sa volonté de protection.

Elle posa avec précaution sa main sur la poitrine du géant, faisant attention à ne pas se brûler, le regardant dans les yeux et lui souriant. Elle sentait son souffle. Elle resta un moment comme cela encore, à sentir sa respiration sous sa main. Puis, après un moment, elle décida qu’elle en avait assez. Elle décida de se lever.


*****

Tu cherchais Force dans ton estomac, faisant fonctionner tes muscles pour te lever. Tout ce que tu réussi à faire fut de te rapprocher de la position debout avant de tomber sur le Brasier. Frustration remonta et tu le repoussa de tes mains, prenant appuis sur lui pour te redresser et essayer encore.

Mais rien n’y faisait. Tes jambes restaient capricieuses, trop pour en retirer quoi que ce soit. Tu soufflais de rage.

Tu allais y arriver !
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Ven 3 Mar - 16:17

La petite chose tentait de se lever. Elle avait abondamment pleuré, elle commençait à peine à manger et avait été soignée de justesse, comment pouvait-elle espérer ?...
Evidemment, elle se ratait lamentablement. Saykanel eut un léger et sourire et souleva l'humaine, la plaçant au niveau de son épaule et sortit. Dehors trônait l'étendue d'eau du lac, les arbres s'élevant autour de lui et les champs que les locaux cultivaient. Saykanel Rokar, lorsqu'il lui arrivait des choses déplaisantes, aimait à se dire que la vie continuait. Que l'existence continuait. Alors il l'amena dans un coin du lac, près d'arbres fruitiers. Un endroit rendu obscur par la difficulté du soleil à passer la frontière de la canopée, dégageant une chaleur humide, une senteur de fruits et de plantes ainsi qu'un chant d'insectes. Gardant la petite sur son épaule, le troll se rappela les mots de son père.
« Tu pleures parce que tu es faible mais néanmoins, tu es plus forte que tu étais lorsque je t'ai trouvée, plus forte que ce matin. Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais les faits sont là. Et tu deviendras encore plus forte. »
Sur ces mots, le troll souleva la petite, la décrochant de son épaule, et la posa au sol.
« Suffisamment forte pour marcher seule. »
Et il espéra. Il espéra que ce serait suffisant pour qu'elle trouve en elle la force de porter son propre poids.
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Sysser'Han Issëa
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Dim 5 Mar - 14:06

Lorsque le troll la souleva, elle poussa un petit cri de gorge, aigu. Ses jambes bâtirent un instant dans le vide, sa respiration s’accélérant… Elle s’apprêtait à se défendre quand elle se retrouva sur son épaule, installée relativement confortablement.

Ses doigts se crispèrent sur la masse musculaire du troll alors qu’elle baissait la tête pour passer la porte. Elle plissa les yeux, portant sa main à son front pour se protéger de la lumière brute du jour. Autours d’elle, quelques enfants et adultes la regardaient. Elle rentra son cou dans ses épaules, comme pour se faire plus petite, se cacher de cette observation qui restait difficilement supportable.

Sous elle, le troll marchait d’un pas décidé. Le roulis de son allure la faisait dodeliner de tout le torse et elle regardait le sol avec crainte : c’était haut… Alors qu’elle se raccrochait encore un peu plus à son porteur, le soleil disparu sous des tâches d’obscurité. Au dessus d’eux, des arbres venaient former un dôme protecteur, étendant leur bras vers le ciel.

Sysser observait tout son entourage avec avidité d’information, cherchant à poser des images sur des sensations, des sensations sur des images, vérifié qu’elle était en sécurité…

-Tu pleures parce que tu es faible mais néanmoins, tu es plus forte que tu étais lorsque je t'ai trouvée, plus forte que ce matin. Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais les faits sont là. Et tu deviendras encore plus forte.

Elle avait ressentis la vibration du timbre sous elle, se figeant d’un coup. Elle avala de travers, écoutant, attendant la suite. Mais deux immenses mains vinrent la saisir pour la soulever. Elle s’arrêta de respirer, regardant le troll avec un air effrayé jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol. Alors elle expira, l’air toujours un peu méfiant.

-Suffisamment forte pour marcher seule.

*****

Il venait de te lâcher.

En un premier temps, tu manquas de tomber, te raccrochant à lui. Etrangement, Confiance ne fuyait plus, elle restait là, regardant le troll droit dans les yeux. Tu le repoussais, te maintenant sur tes jambes, tombant encore. Il te fallut un troisième essai pour enfin te tenir debout, regardant le Brasier en souriant, Reconnaissance s’échappait de tous tes pores.

Tu fis un pas, difficile, puis deux… Avant de t’asseoir par terre et de tracer des lettres dans le sable, plaçant ta main sur ton torse.

Syceranysea

C’était toi. Sysser’han Issëa.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Mer 8 Mar - 3:50

Le troll eut un léger sourire alors que la petite chose faisait des premiers pas maladroits sur le sable. Elle pouvait donc marcher. Pouvait-elle, avec le temps, devenir indépendante ?
Sa main était posée sur son torse et elle écrivait des lettres maladroites sur le sable.
« Syceranysea ? C'est un peu long. Cela te dérangerait si je me contentais de Sysser ? »
Il tourna la tête brusquement, croyant entendre un bruit dans les fourrés. Il ne vit rien. Probablement un animal ?
Le troll posa son dos sur un rocher, profitant des quelques rayons de soleils qui perçaient la canopée et ferma les yeux pour planter une griffe ardente à l'intérieur de sa pipe qui s'alluma presque immédiatement. Il la porta à sa bouche pour faire quelques ronds de fumée. La chaleur d'Ermurag avait un effet extrêmement apaisant sur le tog'wall du feu, plus qu'Aurikann. Il n'avait guère trop apprécié son séjour en Malaggar ni le bref temps entre sa transformation et son départ de Morrokoth. Peut-être était-ce qu'il était plus à l'aise dans les températures extrêmes ? Que ce soit le grand froid ou la chaleur du désert. Une pulsion semblait l'inciter à rester ici, avec l'enfant, avec ces villageois... De toutes manières, dix ans plus tard, tous leurs vieux seraient morts et les jeunes partiront. Dix années qui semblaient beaucoup pour un humain mais, pour les trolls qui vivaient deux fois plus et dont le corps ne faisait que gagner en vigueur avec l'âge, ce n'était que peu de choses.
Mais il ne pouvait pas tourner le dos à une responsabilité qu'il avait laissé en Morrokoth et ce n'était pas comme s'il avait des responsabilités en Ermurag. Il ouvrit un œil pour regarder la jeune fille muette dont le visage arborait un sourire bêta.
« Là d'où je viens, nous avons un dicton. Si tu as du soleil, à manger, à boire et à fumer, c'est l'heure de la sieste. Il y a des fruits, de l'eau, du vin et de la viande séchée dans mon sac, sers-toi. Et si tu veux essayer la pipe, n'hésite pas. Ce soir, nous mangerons et demain matin nous verrons si je peux t'apprendre à écrire un peu mieux. »
Le troll eut un bâillement sonore, la fatigue et l'angoisse l'avaient rongés ces derniers mois et, pour la première fois depuis son bref passage au domaine familial, il pouvait se reposer. Et il allait certainement en profiter. Il se laissa aller au sommeil avec la pensée que, le lendemain et le surlendemain, il éduquerait un peu l'enfant avant de devoir reprendre sa route.
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Dim 2 Avr - 17:40

Le Brasier n’était pas elyakie, tu en avais désormais la certitude. Trop calme. Trop… Il te proposa à manger, dans son sac. Faim gronda dans ton ventre mais Peur fit un tout petit retour aussi tu te contentas de regarder la besace avec envie. Tu attendis que le troll ne te regarde pas pour te rapprocher du sac, renifler l’air au-dessus de l’objet avant de l’ouvrir tout doucement comme une voleuse. Ton regard allait de droite à gauche, frénétiquement alors que tu attrapais un morceau de viande séchée pour te le fourrer dans la bouche. Puis tu mâchais, le nez en l’air, pour déglutir plus facilement malgré ton absence de langue.

La sensation d’avoir le droit à cette nourriture, le sentiment de sérénité qui t’enveloppait t’emplis les poumons. Et tu parvins à respirer normalement.

*******

La gamine c’était postée à côté du troll alors que ce dernier c'était endormi. Dès que quelqu’un s’en approchait elle lui grognait dessus , lèvres retroussées, jusqu’à ce qu’il s’en aille, comme un chien protégeant son maître. Puis, après un temps, elle se roula en boule, à côté de Saykanel, posant sa tête sur un des parties de son bras n’étant pas incandescente et elle s’endormit.
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Saykanel Rokar
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MessageSujet: Re: Et ainsi, Mort changea de cible (PV Saykanel)   Dim 2 Avr - 20:51

Le lendemain Saykanel Rokar donna des cours d'écritures à la jeune fille, se promena à travers l'oasis à midi, aida les locaux dans leur travail en portant de lourds objets généralement dans l'après-midi, alla se baigner dans le lac à la nuit tombée et partit dormir à la belle étoile une fois les étoiles visibles. Le surlendemain, il donna des cours d'écritures à la jeune fille le matin, se promena à travers l'oasis à midi, aida les locaux en faisant du travail manuel l'après-midi, se baigna à la nuit tombée et dormit à la belle étoile.
Et chaque fois, la petite le suivait. Sysser semblait en permanence collée au troll, restant toujours à portée de lui. Saykanel ne s'en alarmait guère, se disant qu'il avait probablement été parmi les premiers à faire preuve de décence envers l'ancienne esclave. C'était, après tout, une enfant maltraitée, elle avait peur en permanence et, allez savoir pourquoi, elle ne considérait pas Saykanel comme une menace.
Quand il discuta de ce sujet avec le vieil Elyakie quand l'enfant s'était endormie, deux jours plus tard, le vieux eut un rire dévoilant sa bouche édentée et déclara :
« C'est bien la seule personne à n'avoir pas peur de toi.
- Tu ne sembles pas avoir peur, vu comme tu te permets de rire.
- Moi je suis vieux. Bien sûr que j'ai peur que tu aies un faux mouvement et que tu m'arraches le crâne, mais je me dis qu'à mon âge, perdre la tête n'est pas bien grave.
- Je vois. Je ne saurais trop féliciter cette forme de courage. Et les autres, dans le village ?
- Pour eux un troll, bon, ils savent qu'il ne faut pas avoir peur. Un troll avec les cornes brûlantes comme un foutu incendie ? Tout de suite ça effraie un peu plus. Cette gamine doit être un peu tarée, en plus de sa langue.
- Je ne crois pas. Je pense que c'est une chamane du feu. Il est possible que, quelque part, inconsciemment, sa magie la pousse à être rassurée en ma présence. »
Ils étaient alors assis devant le lac, ce qui était devenu un rituel quotidien. Saykanel faisait sa routine, venait discuter avec le vieux une petite heure en regardant Olek'tar se coucher, puis le vieux rentrait chez lui et Saykanel se baignait. L'enfant s'endormait parfois à ce moment là, surtout depuis qu'elle commençait à être moins mal à l'aise en présence du vieux.
Un moment de silence s'ensuivit alors que Saykanel allumait sa pipe.
« Tu sais vieillard, il y a peu de temps, je croyais que la magie était dangereuse, je la craignais un peu.
- Et ça a changé ?
- J'ai fraternisé avec un nécromancien, un métamorphe et une draconicienne. Il a bien fallu revoir mes à priori. Les voyages forgent la jeunesse, comme on dit chez moi.
- Chez moi on dit "Heureux qui comme Hydras a fait un long voyage ou comme celui-là qui conquit le Cronos puis est retourné plein d'usage et raison vivre entre ses parents pour le reste de son âge". »
Saykanel ferma les yeux, prit une inspiration. Le sous-entendu du vieillard était évident.
« Je partirai demain avec le lever d'Olek'tar, je ferais mieux de partir tant que la petite est endormie. Occupez-vous d'elle, Gwydion. »
Il passa la patte dans le début de chevelure du crâne de l'enfant et vit le vieillard sourire et se lever pour retourner dans sa hutte. Seul avec l'enfant endormie, il tira une bouffée de fumée sur sa pipe et recracha vers le lac.
« Le jour où ma mère a décidé de quitter mon père, je m'étais caché pour observer. Mon frère s'occupait de ma soeur à ce moment. Je me souviens de ma mère lui faisant une liste de ses reproches, de ses raisons de partir. Et il regardait, sans rien dire, en restant aussi sobre que jamais. C'est ce qui la rendait le plus folle, elle lui demandait d'avoir une réaction... Lui, il a juste dit "Quelle réaction voudrais-tu que j'aie ?". Elle est immédiatement sortie. Quand je lui ai demandé pourquoi il n'avait rien dit, il m'a répondu "Parce que je l'aurais coupée dans sa parole. Elle avait quelque chose à dire et elle devait avoir le droit de s'exprimer sans influence, sans interruption. Une voix qui a quelque chose à exprimer ne sera jamais tue." La phrase m'a marqué. »
Le troll se leva et plongea dans le lac.

A quelques kilomètres de là, une femme se tenait en arrière d'un groupe. Son masque retiré, tous en habits civils, ils avaient presque l'air normaux, si ce n'est qu'ils avaient pris une maison abandonnée pour y attacher un homme à une chaise et que ce dernier crachait deux de ses dents dans une gerbe de sang.
Mal Sinta reprit la parole.
« Et ensuite ?
- Je vous assure que je vous ai tout dit ! Il a pris l'esclave et il est parti vers l'ouest, en plein milieu du désert, maintenant laissez moi partir, j'ai de l'argent et... »
Mal Sinta venait de faire un mouvement de la main et l'un des colosses qui l'accompagnait venait de remettre le bâillon autour de la bouche du noble.
Alors patronne, demanda la plus jeune recrue du groupe, que faisons-nous ?
- Il a dû trouver un refuge, surtout avec une enfant malade. Ce ne sera pas bien difficile à trouver. D'abord, il faut évaluer ce qu'il fait, où il va et ce qu'il est capable de faire. Un tog'wall n'est pas un adversaire anodin et il est hors de question que nous soyons surpris par des capacités que nous ignorions.
- Que faisons-nous du noble ?
- Je connais quelqu'un qui a faim... »
Le sourire carnassier de l'assassin fut accompagné par un claquement de doigts. Pénétra dans l'antre un immense animal à la gueule grande ouverte de laquelle des filets de bave sortaient pour confirmer l'affirmation de Mal Sinta. Il avait très faim.
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